Vendre l’Au-delà pour l’ici-bas en Islam

Sep 24, 2021 par

Chers frères et sœurs, lecteurs et lectrices, as Salam alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouhou,

Le sujet traité par ce numéro d’Islam Magazine revêt une très grande importance, car non seulement il nous met en garde contre la tentation de la vie présente tout en nous rappelant la promesse d’Allah concernant la récompense divine pour qui sait tenir compte de l’avertissement.

Pour la première partie de cet exposé, voyons ce que La Commission du Sermon de la Diyanet de Belgique a expliqué dans le sermon du Jemoua du 16 Octobre 2020 :

يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّ وَعْدَ اللَّهِ حَقٌّ فَلَا تَغُرَّنَّكُمُ الْحَيَاةُ الدُّنْيَا وَلَا يَغُرَّنَّكُم بِاللَّهِ الْغَرُورُ

« Ô hommes ! La promesse d’Allah est vérité. Ne laissez pas la vie présente vous tromper, et que le grand trompeur (Satan) ne vous trompe pas à propos d’Allah. » (Fâṭir (35), verset 5).

Abou Saïd al Khoudri (r.a) rapporte ceci :

« Un jour, le Prophète (pbsl) s’assit sur le minbar et nous prîmes place autour de lui. Il dit :

De ce que je redoute pour vous après ma mort, ce sont les délices de ce bas-monde et sa splendeur.”

Un homme lui demanda :

“ Ô Messager de Dieu ! Est-ce que le bien peut apporter du mal ?!”

Le Prophète (pbsl) garda le silence et les présents réprimandèrent l’homme :

“Qu’as-tu ?… Tu viens de parler au Prophète (pbsl) alors qu’il ne te parle pas !”

Mais nous eûmes ensuite l’impression que le Prophète (pbsl) était en train de recevoir la Révélation. En effet, il essuya la sueur puis il (pbsl) dit :

Où est celui qui vient d’interroger ?”

Son ton semblait inspirer de la considération, il (pbsl) répondit :

Le bien, reprit-il, ne peut apporter le mal… De ce qui pousse aux bords du ruisseau, il y a ce qui tue la bête et ce qui la laisse sur le point de mourir, exception faite de la bête qui mange les herbes vertes. Elle mange jusqu’à ce que ses flancs se gonflent, puis elle s’expose au soleil, fiente, urine et se remet à paître. Sachez que ces biens sont verdoyants et doux. Qu’il soit heureux le Musulman qui donne une partie de ces biens au pauvre, à l’orphelin et au fils du chemin !”

Puis le Prophète (pbsl) dit à peu près ceci :

Quant à celui qui prend de ces biens sans en avoir droit, il sera comparable à celui qui mange sans se rassasier; de plus, cela témoignera contre lui le Jour de la Résurrection.” » [1]

Très Chers Frères !

L’homme a été créé pour adorer son Seigneur et accomplir ses commandements. Il nous dit :

« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. » (Adh- Dhâriyât (51, verset 56).

La vie d’ici-bas est le lieu dans lequel l’homme accomplit le but de sa création et dans lequel il est éprouvé. Lorsque la vie déterminée de l’homme est achevée, il passera de la vie temporaire et mortelle à la vie de l’au-delà où il restera éternellement. La vie d’ici-bas et celle de l’au-delà sont deux vies qui se poursuivent. Pour cela, le musulman ne doit pas négliger la vie de l’au-delà pour la vie d’ici-bas et réciproquement la vie d’ici-bas pour l’au-delà. La vie d’ici-bas et la vie de l’au-delà ressemblent à une balance. Se pencher d’un côté de la balance provoquera son déséquilibre.

Très Chers Frères !

Dans le Saint Coran, notre Seigneur attire notre attention sur la vie d’ici-bas et affirme qu’elle n’est que tromperie et éphémère ; et que par rapport à la vie de l’au-delà, elle est moins favorable.

Notre Seigneur nous dit :

 « La présente vie n’est que jeu et amusement. La demeure dans l’au-delà sera meilleure pour ceux qui sont pieux. Eh bien, ne comprenez-vous pas ? » (Al An’âm (6), verset 32).

Ce que ce verset précise est que la vie d’ici-bas est temporaire et possède une fin et non pas que la vie d’ici-bas soit inutile et sans but.

Le verset nous rappelle également que la vie d’ici-bas n’est pas un but, mais un moyen et que l’homme rendra des comptes de ce qu’il aura commis.

Très Chers Frères !

Ceux qui s’attachent ardemment à la vie d’ici-bas, qui travaillent uniquement pour ce bas monde sans se soucier de l’au-delà, qui acquièrent des gains sans se préoccuper du halal (du licite) et du haram (de l’illicite) et qui suivent leurs désirs passionnels auront gaspillé leurs vies sur terre et ne rencontreront dans l’au-delà que le Feu de l’Enfer.

Notre Seigneur nous dit à ce propos :

« Quiconque désire [la vie] immédiate, Nous nous hâtons de donner ce que Nous voulons, à qui Nous voulons. Puis, Nous lui assignons l’Enfer où il brûlera méprisé et repoussé. » (Al-Isrâ, (17), verset 18).

Alors Très Chers Frères !

Nous devons être conscients que la vie de ce bas monde est une épreuve et opportunité à saisir. Il faut garder en équilibre la vie de ce bas monde et de l’au-delà sans se diriger vers les extrêmes. Prêtons attention au message que nous donne notre Prophète (pbsl) qui nous dit ceci :

« Sois dans ce monde comme si tu étais un étranger ou quelqu’un de passage. »

Nous devons bâtir nos vies en vue de l’approbation et la satisfaction d’Allah U.

Laissons à ce stade le Sermon du Diyanet de Belgique pour approfondir cette dernière injonction prophétique.

Le hadith complet rapporté par Ibn ‘Omar (r.a) qui a dit :

« L’Envoyé d’Allah (pbsl) me saisit par mes deux épaules et me dit :

« Sois dans ce bas-monde comme un étranger ou comme quelqu’un de passage ».[2]

Ibn ‘Omar (r.a) disait : « Quand tu es au soir, n’attends pas le matin et quand tu es au matin n’attends pas le soir. Prends de ta santé pour ta maladie et de ta vie pour ta mort ».

Commentaire :

Le Prophète (pbsl) saisit Ibn ‘Omar (r.a) par les deux épaules pour attirer son attention sur ce qu’il allait lui dire :

« Sois dans ce bas-monde, comme un étranger ou comme quelqu’un de passage ».

En effet, l’étranger et celui de passage ne prennent pas un pays comme lieu d’établissement et de séjour permanent. Cette exhortation eut beaucoup d’impact sur le cœur d’Ibn ‘Omar (r.a) qui l’a traduite par cette maxime : « Quand tu es au soir, n’attends pas le matin et quand tu es au matin n’attends pas le soir… »

Cela signifie que l’homme ne doit pas se dire, quand il est au soir qu’il vivra jusqu’au matin, car combien de personnes étaient là le soir et le lendemain, elles sont passées dans l’au-delà.

Il en va de même de ses paroles : « Quand tu es au matin, n’attends pas le soir ».

Ce qui vise Ibn ‘Omar (r.a) en ce sens, c’est que l’homme doit profiter de l’occasion pour multiplier les œuvres salutaires, et que le temps qui lui reste à vivre ne passe pas vainement.

Il (pbsl) a dit : « Prends de ta santé pour ta maladie ».

À l’homme de profiter de ce monde tant qu’il est encore vivant, car s’il meurt, son œuvre s’arrête comme l’affirmé le Prophète (pbsl) :

« Quand l’homme meurt, son œuvre s’arrête sauf dans trois choses ; un bien qu’il a légué en aumône continue, une œuvre scientifique dont il tire profit et un enfant vertueux qui prie pour lui ».[3]

De ce Hadith, on peut tirer l’enseignement que l’homme ne doit pas faire de ce bas-monde un lieu d’établissement permanent comme s’il allait y vivre éternellement.

Au contraire, il doit se conformer à ce conseil :

« Sois dans ce bas-monde comme un étranger ou quelqu’un de passage »

À ce sujet, il est bon de rappeler le hadith suivant rapporté par Abou Hourayra (r.a) :

«‏ بَدَأَ الإِسْلاَمُ غَرِيبًا وَسَيَعُودُ كَمَا
بَدَأَ غَرِيبًا فَطُوبَى لِلْغُرَبَاءِ ‏»

« Certes, l’Islam a commencé étrange et il redeviendra étrange comme il a commencé. Et annonce la bonne nouvelle aux étrangers. » (Sahih Muslim, Livre de la Foi (1), Hadith 145).

Ainsi donc, tout homme sensé sait qu’il doit, tant qu’il est vivant et jouit d’une bonne santé, tâcher d’œuvrer salutairement avant de mourir et voir ses œuvres s’arrêter, car n’oublions pas que nous récolterons dans l’au-delà ce que nous avons semé ici-bas.

J’aimerais terminer mon article par cette invocation tirée du verset 201 de la sourate Al-Baqara qui exprime parfaitement l’équilibre auquel nous devons aspirer entre la vie d’ici-bas et celle de l’au-delà :

« Seigneur ! Accorde nous belle part ici-bas, et belle part aussi dans l’au-delà ; et protège-nous du châtiment du Feu ! ».


[1].          Sahih Al Boukhârî, Livre de la Zakat (24],Rubrique 47, Hadith 1465.

[2].          Sahih Al Boukhârî, Kitab al Riqaq (81), Rubrique 3, Hadith n°6416.

[3].          Sahih Muslim, Livre des Testaments (25), Chapitre 3, Hadith n°1631.

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