Quel rôle jouons-nous dans les Médias Sociaux ?

Avr 27, 2021 par

Ahmet TAŞGETİREN

Lorsque nous abordons le thème de la relation de l’homme avec les réseaux sociaux, il est question ici de la place qu’occupe le premier au

sein des seconds. De nos jours, les rapports de l’homme avec les médias sont aussi importants que les autres domaines de la vie. Par exemple, la question de savoir qui nous sommes en tant que père, mère, fils, fille, fonctionnaire, homme d’État, écrivain, conducteur, etc. Quel que soit notre statut, soit nous nous acquittons dignement de nos responsabilités conformément à l’Agrément Divin, ou soit nous les bafouons ignoblement en suivant les traces du démon. Tout au long de notre existence, soit nous sommes des individus bons qui propagent le bien autour d’eux, ou soit nous incarnons la malfaisance et encourageons le péché. [Autrement dit] ou nous obéissons aux principes religieux, ou nous les transgressons. C’est pour ce motif que la problématique fondamentale qui se pose lorsqu’on aborde le sujet des médias est la suivante : “Quel rôle jouons-nous dans les médias sociaux ?”

Bien avant que nous étayions ce thème, il est nécessaire que nous observions les médias d’un point de vue général. Le caractère bon ou mauvais des médias est un sujet d’actualité qui suscite incessamment des discussions houleuses, car les médias ont atteint aujourd’hui une dimension mondiale. Par conséquent, ceux-ci constituent autant de moyens pour répandre le bien ou le mal à l’échelle universelle. Le niveau jusqu’auquel nous sommes influencés par le bien ou le mal est proportionnel au niveau jusqu’auquel les médias ont progressé ; c’est aussi à ce même niveau que sont parvenus les débats sur le thème des médias.

Tous les problèmes que nous traversons aujourd’hui et qui sont à même de compromettre le bien-être de l’humanité ont forcément un lien avec les médias. L’humanité se retrouve face à un danger imminent, vu la grande part de responsabilité des médias dans la dépravation des mœurs et la propagation du vice et de la perversité.

Eu égard au progrès et à l’expansion de la technologie communicative, tous les individus appartenant à la tranche d’âge 7–70 ans sont devenus des “consommateurs de réseaux sociaux”. Par conséquent, les médias détiennent le monopole et représentent plus qu’un monde de communication. Pourtant, malheureusement, notre époque subit des conséquences fâcheuses dues à la minimisation des responsabilités individuelles liées à la production et à la consommation des médias ; peut-être que cela est dû aussi à la restriction des mesures de surveillance sur les réseaux sociaux.

Sans aucun doute, le développement des moyens de communication n’est pas un incident qui ferait vivre aux individus des ennuis de tout genre. Au contraire, l’humanité existe par la communication : les communautés ne peuvent s’en passer parce que c’est à travers la communication que celles-ci existent et assurent leur progrès. Les prophètes sont les annonciateurs de nouvelles, des informateurs ; et c’est par le truchement des moyens de communication qu’ils ont délivré le message divin à leurs communautés respectives. C’est pour cette raison que nous pouvons dire que les individus et les médias sont deux entités indissociables : ils existent l’un avec l’autre. On ne saurait en conséquence admettre un point de vue catégoriquement opposé aux médias. Il est même inacceptable qu’un musulman puisse adopter une position carrément opposée aux médias. Toutefois, nous admettons le fait qu’en matière de diffusion des informations et de partage des données, les médias créent un certain nombre de troubles étant donné leur capacité à influencer la société. À titre d’exemple :

  • La propagande,
  • La calomnie,
  • La désinformation,
  • Les propos injurieux,
  • La divulgation de la vie privée d’une personnalité,
  • La révélation de secrets compromettants,
  • Les services secrets,
  • L’impudicité,
  • Le partage des données dégradant la conscience humaine.

Tous ces éléments constituent quelques domaines dans lesquels l’Islam a établi des limites à l’information. Dans le Saint Coran se trouve la sourate “La Plume” qui commente ainsi : « Noun. Par la plume et ce qu’ils écrivent[1]. » Le serment prêté ici avertir l’être humain qu’un jour viendra où la plume et les écrits témoigneront de ce qu’il aura accompli. Ils témoigneront tout comme les mains et les pieds de l’homme au jour où sa langue sera nouée.

En principe, le musulman utilise les médias comme canal pour diffuser les nobles messages de l’Islam vers tous les horizons, afin que même les cœurs se trouvant dans les contrées les plus reculées du monde puissent recevoir le message divin. Pareillement à ce que fit le Messager d’Allah (Erreur ! Nom du fichier non spécifié.) lorsqu’il adressa une lettre contenant le message “Embrasse l’Islam et accède au salut” aux souverains de Byzance, de l’Égypte et de Perse, le musulman doit pouvoir aussi envoyer une lettre électronique portant de même message à Barak Obama[2], Vladimir Poutine… C’est ce qu’on appelle profiter des réseaux sociaux dans le sens propre du thème.

De même, toujours dans le cadre de l’utilisation optimale des canaux de communication, nous pouvons suivre à domicile notre formation universitaire ou dispenser les cours de l’université à des personnes se trouvant à des distances considérables. Que l’on soit locuteur ou interlocuteur, toute possibilité existe aujourd’hui de se partager des informations bénéfiques par le biais des réseaux, et ce quelle que soit notre emplacement géographique. Relativement au degré de ses rapports avec les médias, si le musulman ne profite pas de ceux-ci pour répandre le bien, il sera bel et bien responsable de l’utilisation qu’il en a faite. Si l’opportunité s’offre à nous de faire entendre par le biais des réseaux sociaux la voix d’appel à la prière de Bilal al-Habashî[3] aux esquimaux, ne manquons pas de le faire.

Mais où se situe le danger dans l’utilisation des médias ? Quelle est la cause pour laquelle lorsqu’on parle de médias, on imagine déjà l’ampleur des troubles qu’ils pourraient constituer pour la société ?

Pour information : L’Union européenne a établi des limites dans l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants de moins de 16 ans.

Quel en est le motif ?

Nous sommes face à cette réalité selon laquelle les prouesses de la technologie communicative assurent à chaque individu, 7 à 70 ans, un moyen de communication vocal et visuel. Admettons que vous possédez un téléphone androïde, la possibilité s’offre alors à vous d’être un caméraman, un photographe, un spécialiste en montage et même un spécialiste des médias, que vous soyez dans la tranche d’âge précité ou peut-être même en deçà. Ceci dit, tout dépend à présent de la nature de l’individu qui profite de ces canaux. Si l’utilisateur est vicieux et de nature corrompue, il s’en servira conformément à cela ; et si ce dernier est de caractère noble, il en jouira selon le sens des principes de son Seigneur.

Quelles précautions devons-nous prendre ?

Lorsque nous jouissons des bienfaits de médias, il ne faut pas laisser au démon l’opportunité de se servir de notre intellect et de notre cœur pour répandre le mal. Bien au contraire, il faut que nous soyons habités par la pleine conscience de cet avertissement coranique : « L’homme ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’inscrire[4]. » L’expression “une parole” employée dans ce verset peut être commentée ainsi : “L’homme ne visualise d’image, n’écrit, n’envoie et n’échange de propos sans avoir auprès de lui un Ange prêt à l’inscrire.”

Étant donné que sur les réseaux sociaux la possibilité s’offre à l’utilisateur de camoufler sa personnalité derrière un pseudonyme, cet espace constitue en conséquence une grande base à partir de laquelle le démon lance ses missiles de perversité et d’égarement. C’est le change où Satan plante plus de décors et réussit aisément à balader les gens avec ses rênes.

Qu’est-ce qui se passe exactement dans ce cadre ?

  • Par exemple, une personne étrangère, avec une identité bien définie ou anonyme, porte atteinte à notre vie privée.
  • Il y a la possibilité de s’immiscer dans la vie privée d’autrui sans aucune autorisation. En outre, publier aussi volontairement les photos des autres sans permission de leur part est considéré comme une violation du droit d’autrui. Notamment, s’il arrive que la personne concernée ne souhaite pas être vue par autrui, cela pourrait engendrer de lourdes conséquences.
  • Les réseaux sociaux donnent cours à des relations illicites entre personnes de sexe opposé ; ce fléau a attenu un tel niveau qu’il est à l’origine de scènes dramatiques au sein de certaines familles.
  • De même, les réseaux sociaux participent à la propagation de la pornographie et matérialisent objectivement les pièges de Satan.
  • Il est absolument indispensable que les publications diffusées sur les réseaux sociaux soient de nature positive. Tout comme Satan se sert des mauvaises informations comme autant de pièges dans la vie quotidienne des individus, il agit similairement avec les publications de nature négative diffusées sur les réseaux sociaux. Le mensonge, la calomnie, la médisance, le colportage rentèrent dans le même cadre.
  • Un certain nombre de règlements ont été établis au sein des médias et la violation de ceux-ci entraîne des sanctions bien définies. Malgré ces mesures, Satan s’efforce par tous les moyens de nous enseigner les possibilités d’abuser des autres sur les réseaux sociaux, sans laisser de traces, afin qu’on ne subisse pas de sanctions. Compte tenu donc de l’ampleur des abus de droits auxquels nous assistons incessamment, les autorités ont commencé à définir des limites sur les réseaux et à établir des sanctions en cas de transgression de ces limites. Il est donc impossible de se soustraire à ces restrictions. Même si aucune règle n’est imposée par les autorités, et alors qu’il se retrouve sur les réseaux sociaux, l’être humain doit être habité par cette conscience : “Dieu [Allah] est avec moi en toute circonstance” ; “Dieu [Allah] sait tout ce que je fais dans les moindres détails” ; “Même si l’homme ne peut voir son Seigneur, Lui le voit et entend tout” ; “Tous les procédés par lesquels les êtres humains s’expriment (paroles, gestes, écrits…) seront divulgués à Dieu [Allah]”.

 En résumé, il n’y a aucun domaine dans la vie de l’individu qui ne soit concerné par les principes religieux. Même l’intention avec laquelle nous faisons un simple clin d’œil sera soumise à un jugement.

Bienheureux soit celui qui ne laisse pas berner par les jouissances trompeuses et par le mal que Satan lui a enjolivé dans l’espoir de le voir sombrer dans les gouffres du péché !


[1] Sourate La Plume [Al-Qalam], 68 : 1.

[2] Donald Trump si nous voulons actualiser le propos. [Note du rédacteur].

[3] Qu’Allah soit satisfait de lui. Bilal al-Habashî fut le premier muezzin désigné par le Messager d’Allah (Erreur ! Nom du fichier non spécifié.). [Note du rédacteur].

[4] Sourate Qaf, 50 : 18.

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