L’Internet et bien au-delà… Ne dépassons pas les limites

Avr 27, 2021 par

Nureddin Yildiz

De nos jours, l’Internet et tous les autres moyens de communication ont atteint un tel niveau extraordinaire que l’esprit humain a du mal à l’admettre. Où que nous soyons, nous bénéficions des services technologiques qui dénotent la compétence des génies en la matière. En effet, il ne serait point exagéré de surenchérir sur nos propos en soutenant qu’avec l’Internet les distances et les espaces sont réduits à zéro. Les réseaux et tous les appareils fonctionnant avec l’Internet sont aujourd’hui et seront toujours comptés au nombre de nos besoins matériels impératifs. Force est de constater que la technologie a envahi notre existence ; et quant à la technologie, elle est à son tour envahie par la télécommunication.

Pour les hommes de foi qui observent le monde avec l’œil de la religion, jouir des bienfaits de cette haute technologie, dans les limites sacrées, est une nécessité de la foi. Le croyant observe toujours les incommensurables bienfaits divins avec l’œil de la foi. Jouir de chaque grâce sans transcender les barrières divines, c’est faire preuve de reconnaissance vis-à-vis du Seigneur qui est le Pourvoyeur de ces grâces. Dans le cas contraire, si nous abusons de la générosité divine en s’abstenant de ces bienfaits conformément aux prescriptions religieuses, nous subirons inéluctablement le châtiment divin. Les membres de notre famille et tous les biens que l’on possède rentrent dans ce cadre sacré ; c’est-à-dire qu’ils ne doivent aucunement être la cause de notre désobéissance à Dieu.

Tous les moyens de communication et appareils électroniques qui sont en notre possession, depuis l’Internet jusqu’à nos téléphones mobiles, seront un moyen de salut aussi longtemps que nous ferons l’effort de les utiliser licitement ; à défaut, ils seront la cause de notre ruine dans la vie céleste si nous en abusons. Depuis le leader politique jusqu’au simple chef de famille, cette limite sacrée concerne tout croyant quel que soit son statut social. Aujourd’hui, à cause de l’Internet, nos bonnes mœurs sont confrontées à un danger imminent. L’Internet comporte à la fois autant de sujets relatifs aux bonnes mœurs que de titres en rapport avec l’obscénité. Nul ne pourrait nier cette affirmation. Pour tous ses utilisateurs, les appareils androïdes constituent une part de danger du point de vue éthique, et ce depuis les enfants jusqu’aux adultes. D’autre part, nous devons être en mesure de gérer les tâches que nous voulons entreprendre sur la Toile. Autrement dit, le pouvoir d’influence de l’Internet sur notre mode de vie doit être proportionné.

Premièrement : Nous devons prendre conscience qu’utiliser l’Internet relève d’un bienfait divin. En tant que musulmans, nous avons du mal à croire que l’utilisation de l’Internet puisse relever d’une quelconque grâce divine, sous prétexte que son utilisation mène à des fins illicites. Par exemple, si nous désirons mettre un frein à l’exhibitionnisme pratiqué sur les plages et que nous critiquions ainsi les adeptes de cette pratique : « On ne doit pas profiter ainsi du soleil », nous n’aurions pas suffisamment combattu cette ignominie, vu l’incommensurabilité de ce bienfait divin qu’est le soleil. En vérité, nous devons aller au-delà de cette simple condamnation verbale. Le monde doit strictement percevoir l’Internet comme l’un des immenses bienfaits divins appartenant à notre siècle et en jouir conformément aux lois divines. Nous avons la charge de promouvoir sans relâche ce slogan : “ L’Internet constitue une grâce divine.”

Deuxièmement : L’Internet est synonyme de grande vitesse, de réduction de coûts et de moyens de transport. Par contre, aujourd’hui, malgré notre dépendance à l’Internet, nous ne parvenons pas à perfectionner nos actes d’adoration et à accroître nos relations humaines. L’abus de l’Internet nous empêche de réserver du temps pour adorer notre Sublime Créateur et pour prier en communauté. Si les hommes qui vécurent jadis sans l’Internet sont parvenus à s’acquitter dignement de leurs responsabilités religieuses, comment alors expliquer que nous qui sommes si dépendants de la Toile, rencontrons des difficultés à aménager notre temps ? Qu’il est étrange de voir qu’à cause de l’Internet, les résidents d’un même foyer puissent passer toute une soirée et se séparer au matin sans même s’adresser la parole. Que cela soit notre deuxième slogan : “ L’Internet assujettit-il au point de compromettre les rapports sociaux ?”

Troisièmement : Il est malheureux de constater que jusque-là l’Internet n’a pas favorisé le rapprochement en matière de rapports sociaux, conformément à ce qui était escompté. Au contraire, l’Internet a poussé les individus à s’éloigner les uns des autres, à se contenter de s’écrire des messages sans chercher à se rencontrer, à entretenir des relations de plus en plus abstraites plutôt que concrètes. Nous sommes en proie à un système dans lequel les rapports humains sont de plus en plus entretenus à distance. Ne peut être considéré comme un bienfait tout ce qui est à même d’être à l’origine de la perte de l’humanité. Bref, il est de notre responsabilité de jouir de tout bien en notre possession au profit de l’humanité.

Quatrièmement : Abordons à présent le thème de la moralité. L’Internet est un outil susceptible de corrompre notre saine nature. D’autre part, il nous pousse à adopter toutes sortes de comportements contraires à notre éthique. Au fur et à mesure que notre moralité s’estompe, nous nous estompons aussi ; et lorsqu’elle sera réduite à néant, nous le serons nous aussi. Ce que nous souhaitons, c’est l’Internet en harmonie avec nos valeurs intrinsèques. À l’image de l’alcool, on assiste de nos jours à un mode de communication qui engendre la dislocation des familles et constitue un pont qui mène à bon nombre d’actes illicites. Si nous observons dans l’Internet un côté nocif qui l’assimilerait à l’alcool considéré comme la mère de tous les vices, cela signifie que nous savons ce qui nous reste à faire. Il s’agira de définir un mode d’emploi de l’Internet, de l’épurer sans limites de tous ces aspects compromettants et de le recadrer dans un champ limité afin que son utilisation soit bénéfique pour tous.

Nous avons attesté la foi [islamique] et sommes conscients que cette foi nous a établis des limites. Ne pas franchir ces limites est une nécessité de notre foi. Nous pouvons vivre sans l’Internet, mais non sans respecter les limites que la foi impose.

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