Introduction a la Civilisation Musulmane (VI)

Mar 13, 2019 par

 

 

Pr. Mustayeen Ahmed Khan

 

 

 

[Mustayeen Ahmed Khan est né à Delhi (Inde). Il a commencé ses études à Karachi (Pakistan), puis au GovernmentCollege de Lahore, où il a obtenu le Master of Science en chimie en 1970. Plus tard, il a obtenu le grade de Doctorat de Spécialité Troisième Cycle, suivi du Doctorat d’État ès Sciences Physiques de l’Université Louis Pasteur à Strasbourg (France).

Il a commencé sa carrière professionnelle à la Pakistan State OilCompany à Karachi et a ensuite enseigné la chimie dans diverses universités algériennes. À partir de 1990, il a été maître de conférences à la Faculté de Pharmacie de l’Université d’Angers (France). Il est aujourd’hui à la retraite.

En plus de ses travaux en chimie, il est l’auteur de six ouvrages et d’une vingtaine d’articles consacrés à l’histoire et la théologie.]

 

 

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Omission dans l’article “Introduction à la Civilisation Musulmane V” (Islam Magazine n°27) :

 

 

Divers

 

  • En 1067, fondation à Baghdâd par le Grand Vizir Nizâm Al-Mulk, de la Madrasa Nizâmiya, un institut d’enseignement supérieur.
  • Yûsuf ibn Tashfin (m.1106), le Chef Berbère du Mouvement Almoravide, fonde la ville de Marrakech en 1061 et celle de Tlemcen en 1080.
  • Vers la fin du siècle, les navigateurs arabes utilisent la boussole, mentionnée pour la première fois vers 1090.

 

 

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XIIème siècle : première moitié

 

  1. En Afrique du Nord, sous le commandement d’Ibn Tumart (M.1130), début du mouvement des Muwahhidûn(les Almohades) contre la dynastie régnante des Almoravides.

 

  1. ‘AbdAl-Mu’min (m.1163), successeur d’Ibn Tumart, détruit la puissance Almoravide et se proclame Calife après les conquêtes de Fès en 1146 et de Marrakech en 1147. Plus tard, il unifie l’Afrique du Nord et l’Andalousie. Après 436 ans de domination musulmane, Lisbonne passe sous le contrôle d’Alphonse I (m. 1185) du Portugal.

 

1147-1269.  Règne de la Dynastie Almohade sur le Maghreb et l’Andalousie.

 

  1. Lors des Croisades, l’armée chrétienne est battue à Damas.

 

Les Acteurs

 

Théologie et jurisprudence

 

  • Le philosophe mystique Abû Hamîd Al-Ghazâlî, latinisé en Algazel (M.111). natif de Tûs dans le Khurâsân, il a beaucoup écrit sur les réformes religieuses, domaine dans lequel ses œuvres ont laissé une influence profonde. Parmi ses ouvrages bien connus, citons : Ihyâ’ Ulûm ad-Dîn (Renaissance de la Religion), Tahâfut al-Falâsifa (Incohérence des Philosophes), Kimiyâ’ as-Sa’âda (Alchimie du Bonheur), Mishkât al-Anwâr (Les Illuminations) et son autobiographie Al-Munqidh min ad-Dalâl (Erreur et Délivrance). Convaincu de la faiblesse des méthodes rationnelles dans la recherche de la vérité, il a montré quel genre de philosophie pouvait être compatible à la fois avec l’Islam et la raison. Le Grand Vizir Nizâm Al-Mulk lui confia en 1091 une chaire dans la célèbre Madrasa Nizâmiya.
  • Le théologien hanbalite Abû Al-Wafâ’ Ibn ‘Âqil Al-Baghdâdî (m.1119).
  • Abû Muhammad Al-Baghawî (m.1122) connu pour son livre Maçabih as-Sunna (Lumières de la Tradition).
  • Au début de ce siècle, Ibn Tumart (m.1130) traduit le Coran en langue berbère. C’est la première fois que l’on essaye de traduire la totalité du Coran en une autre langue. Il est le fondateur de la Dynastie Berbère Almohade (Al-Muwahhidûn) qui a gouverné le Maghreb et l’Espagne.
  • Le théologien et philologue Abû Al-QâsimMahmûd Ibn ‘Umar Az-Zamakhsharî du Khwarezm (m.1143). il est connu pour son Tafsîr al-Qur’ân (Interprétation du Coran) et son œuvre Mufaççal(Le Détaillé) qui est devenu un classique dans la philologie arabe.

 

 

Science et technologie

 

  • ‘Umar Khayyâm de Nishapur en Perse (m. entre 1122 et 1132), dont le nom complet est Ghiyâsuddîn Abû Al-Fath Ibn Ibrâhîm Al-Khayyâm. Bien qu’il soit mondialement connu en tant que philosophe et poète grâce à ses Rubâ’iyyât (Quatrains), il fut également grand mathématicien et astronome. Il a écrit un commentaire sur les travaux d’Euclide, a classé les équations du second et troisième degrés selon le nombre de termes, a donné des solutions géométriques aux équations du troisième degré et a résolu le problème général de détermination des racines. Il a joué un rôle majeur dans la réforme du calendrier, dont on dit qu’elle fut plus précise que la réforme grégorienne. Dans ce domaine, ses travaux importants restent Mushkilât al-Hisâb (Les Difficultés de l’Arithmétique) et Muçâdirât (Les Postulats).
  • L’astronome andalou Ibn Mas’ûd de Séville, auteur d’un traité sur la trigonométrie.
  • Le mathématicien et astronome andalou Jâbir Ibn Aflah de Séville (m.1160), qui s’est distingué en trigonométrie. Son œuvre « Le Livre d’Astronomie » est aussi connue sous le nom de « Islâh al-Majistî » (Correction de l’Almageste). Son nom en latin est également Geber, mais il ne doit pas être confondu avec le Geber original, Jâbir Ibn Hayyân, l’alchimiste du VIIIème siècle.
  • L’astronome et historien Abû Hamîd Al-Andalûsî, né à Grenade et décédé en 1169 à Damas à l’âge de 90 ans. Il est l’auteur d’un livre sur la cosmographie, Tuhfat al-Albâb (Don des Intellects), et d’un intéressant récit sur ses voyages en Europe et en Asie.
  • L’astronome et physicien Abû Al-fath Al-Khâzînî (m.1121). originellement esclave grec, son maître lui donna une éducation scientifique à Merv. Il est l’auteur du KitâbMizân al-Hikma (Le Livre de la Mesure) dans lequel il traite de mécanique, d’hydrostatique, de la densité et de la masse volumique de certains corps, de la théorie de la gravité, du levier, de la balance et des méthodes pour mesurer le temps.
  • Le mathématicien et géographe Abû Bakr Al-Kharaqî (m.1138).
  • Le grand géographe andalou Abû ‘AbdAllâh Muhammad Al-Idrîsî de Ceuta (m.1166) qui a développé la cartographie mathématique. La carte du monde qu’il dessina est considérée comme une merveille pour son époque. Sur une carte, il a montré que les lacs de Centre Afrique constituaient la source du Nil, ce qui ne fut découvert par les Européens qu’au XIXème siècle ! Cela prouve également que la connaissance des Arabes sur l’Afrique était beaucoup plus avancée qu’on ne le prétend.
  • L’ingénieur mécanicien Badî’ Az-ZamânAsturlâbî. On lui donna ces surnom car il était réputé pour la fabrication des astrolabes, tout comme ‘Alî Ibn ‘Isâ au IXème siècle. Il a également construit des automates pour les rois Seldjoukides.
  • Le zoologiste SharafAz-ZamânTâhirMarwazî (m.1120), auteur d’un excellent traité Tabâ’i’ al-Hayawân (De la Nature des Animaux). Son livre ne fut découvert qu’en 1937 par le professeur A. Arberry à l’India Office Library de Londres.
  • Le philosophe, physicien, mathématicien, astronome et musicien Abû Bakr Muhammad Ibn Yahyâ Ibn Bâjja, latinisé en Avempace (m.1138). Né à Saragosse, il est le plus ancien philosophe arabe d’Espagne. Ses commentaires sur Aristote ont préparé la voie au plus grand philosophe du monde musulman, Ibn Rushd (Averroès). Ce dernier a exercé une influence plus étendue qu’Ibn Bâjja et fut donc plus étudié ; cependant Ibn Rushd s’est lui-même référé aux travaux d’Ibn Bâjja et les a commentés. Ses ouvrages les plus célèbres sont Tadbîr al-Mutawahhid (Effort Uni),Risâlât al-Widâ’ (Épitres d’Adieu) et « Régime du Solitaire ». il a également écrit beaucoup de traités de philosophie et de médecine, commentant les œuvres d’Aristote, d’Al-Farabî, de Galien et de d’Ar-Râzî.
  • Le philosophe et médecin Abû Al-Barakât dont l’œuvre principale est Kitâbal-Mu’tabar (Le Livre des Réflexions Personnelles). Il fut médecin du Calife Al-Mustanjid (m.1170).
  • Le médecin Abû Ja’farHârûn d’Andalousie, qui était un des maîtres d’Ibn Rushd.
  • Le philosophe et médecin Ibn Zuhr, latinisé en Avenzoar. L’illustre famille Avenzoar a donné sur trois générations des médecins hautement réputés qui ne doivent pas être confondus les uns avec les autres. Le premier, le médecin Abû MarwânZuhr est décédé en 1077. Son fils Abû Al-Alâ’ Zuhr, qui était aussi le vizir de Yûsuf ibn Tashfin, d’où son nom matin Alguazir(al-wazîr), est l’auteur d’un fameux traité de médecine, Tadhkirat(Mémorandum). Son fils Abû Marwân Ibn Zuhr, décédé en 1162 à Séville, est celui à qui est donné le nom d’Avenzoar. Son œuvre principale Taysîr (La Méthode) a été écrite vers 1140. Ce livre comprend des notions thérapeutiques originales pour l’époque, comme par exemple l’alimentation artificielle, ou encore l’alimentation par sonde et la nosologie du péricarde, mentionnées pour la première fois. C’est lui qui a anticipé la séparation actuelle entre médecine et chirurgie. Il donne également la première description de l’ « acarus scabiei » qui, cinq siècles et demi plus tard, en 1687, sera reconnu comme étant la cause de la gale. Il a également rédigé un traité sur la relation entre le physique et la psyché, ce que l’on appelle aujourd’hui la psychosomatique. Ibn Zuhr est considéré comme le plus grand clinicien d’Andalousie, le deuxième dans le monde musulman après Ar-Râzî. Il fut un des maîtres d’Ibn Rushd.
  • L’agronome Ibn Bassâl, jardinier du Sultân de Tolède.

 

 

Lettres et culture

 

  • Le philosophe et poète Ibn As-Sîd Al-Batalyûsî, de Badajoz (m.1127). Il est le premier philosophe andalou à tenter de réconcilier les philosophies grecque et islamique dans son livre Kitâb al-Hadâ’iq.
  • Abû Muhammad Al-Qâsim ibn ‘AlîAl-Harîrî, considéré comme le maître inégalé de la prose et de la poésie arabes. Il a perfectionné le style inventé par Al-Hamadânî au Xème siècle, a écrit un long poème de grammaire et un livre sur les erreurs d’expression en arabe. Son chef-d’œuvre est Maqâmât (Les Stations), publié en anglais sous le titre The Assemblies of Al-Harîrî. Il a fini ses jours comme enseignant à Baçra, où il est mort en 1122.
  • Le poète mystique Sana’î de Ghazna (m.1131 ou 41), auteur de Hadîqat al-HaqîqawaSharî’at at-Tarîqa (Le Jardin de la Vérité et La Loi de L’Exercice) et de Qunût al-Rumûz (Trésors des Secrets). Sa poésie est considérée comme l’un des joyaux de la littérature persane.
  • Le poète andalou Ibn Khafajah (m.1139), fameux pour ses poèmes élégants.

 

 

Divers

 

  • Construction en 1135 de la Grande Mosquée de Tlemcen en Algérie par le souverain Almoravide ‘Alî ibn Yûsuf.

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