Entre deux amitiés…

Mar 13, 2019 par

Mustafa Eriş

Dans toute société, l’amour d’un père et d’une mère est quelque chose d’absolument sacré. Tous les savants ont conseillé de leur accorder des sentiments de respect et d’obéissance ; l’islam ayant à cet effet élevé leur honneur jusqu’aux nues. Après l’obéissance due à Dieu et à Son Messager(pbsl), c’est l’obéissance envers les père et mère qui s’avère être la plus importante : « Nous avons commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et mère ; sa mère l’a porté [subissant pour lui] peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans. Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est la destination. » (Coran, Luqman, 31 : 14)

La société islamique est une société d’amour. Et les hommes de cette société mènent leur vie sous les ailes de l’affection et de la commisération. Dans une telle société, nulle persécution ; le droit d’autrui n’est pas bafouillé et la justice est le fondement de toute chose ; une vie préservée du mensonge, de l’hypocrisie et de la fraude y est menée.

L’homme vit par l’entremise de la perle lumineuse qui se trouve au fond de son cœur. C’est avec elle qu’il s’ouvre à toutes les beautés. Ceux qui élargissent cette lumière et la font briller au fond du cœur sont les héros favorisant l’éclosion des graines d’amour et de compassion et recueillant les fruits de la fidélité, de la renonciation et de la justice. Ils sont ceux qui répriment les révoltes en vertu de cette lumière ; quant à ceux qui corrompent et empoisonnent, ils retournent de plain-pied dans la plus noire obscurité. Pour employer un langage métaphorique, nous dirions qu’ils ressemblent aux arbres secs dépourvus de leur feuillage et dont les fruits sont invisibles, voire même semblables à des roches dures ayant un caractère réfractaire à toute bénédiction.

Quand la lumière de l’islam commença à éclairer notre monde, la perle lumineuse présente au fond des cœurs se ralluma ; dans ses cœurs, l’amour de Dieu et du Messager (pbsl)demeurait au-dessus de tout autre objet d’amour et notre bien-aimé Prophète (pbsl)en était le centre. Cette empreinte se poursuivra jusqu’au Jour de la Résurrection. S’abandonner à lui était la première condition pour être heureux dans la vie. Ceux qui le croisaient parvenaient à la source du bonheur ; ils parvenaient à lui sacrifier leurs précieuses existences. Sa’d ibn abi Waqqas (que Dieu l’agrée) était aussi l’un des partisans du Prophète(pbsl).

Il fut le premier à tirer une flèche pour la cause de Dieu et aussi parce que le Prophète (pbsl)lui a dit des paroles qu’il n’avait pas l’habitude de dire à aucun autre : « Tire Sa’d ! Que soient sacrifiés pour toi mon père et ma mère ! »

Il fut l’un des premiers à embrasser l’islam. En effet, il devint musulman à l’âge de 17 ans et son inclination vers l’islam eut tôt fait de réjouir notre Prophète. Il était héritier d’une lignée de jeunes gens de La Mecque et sa famille était composée de notables mecquois. Il est né parmi les Banu Zuhrah[], un clan des Qurayshites et fut l’un des cousins d’Amina bint Wahb, la mère du Prophète. Il entreprit des services importants dans le cadre de l’expansion de l’islam. Quand le Prophète le vit juste après sa conversion à l’islam, il lui exprima son amour en ces termes :

« C’est mon oncle. Y a-t-il un oncle pareil ? »

Il y a beaucoup de leçons à tirer de sa conversion à l’islam. En particulier le fait qu’il découvrît l’islam encore jeune constitue un bel exemple. Écoutons-le la raconter lui-même :

« Trois jours avant mon entrée en islam, je me vis lors d’un rêve dans un endroit tout noir. Je ne pouvais rien voir quand soudainement la lune apparut. Puis je me mis à suivre la voix qui se manifestait sous la lumière. Je vis qu’il y avait de gens qui avaient avant moi suivi cette lumière. Zayd ibn Haritha, Ali ibn Abi Talib et Abû Bakr faisaient partie de ces gens. Je m’adressai à eux en ces termes : « Quand êtes-vous venus ici ? » – « A l’instant » répondirent-ils.

J’appris qu’à chaque fois qu’il faisait jour, le Prophète (pbsl)appelait à l’islam de façon discrète. Je compris que Dieu voulait mon bien et que par son intermédiaire il désirait me mener des ténèbres vers la lumière. Je me rendis en courant chez le Messager de Dieu (pbsl)et le trouvai à Jiyad dans son quartier. À mon arrivée, il était en train de faire la prière. « Qui donc implores-tu ? demandai-je. Il me répondit en ces termes :

« Tu sais qu’il n’existe pas d’autre divinité en dehors de Dieu et que je suis Son Messager. » Sur ces entrefaites je récitai l’attestation de foi (chahada) et devins musulman. Hormis ceux que j’ai vus dans le rêve, nul n’est devenu musulman avant moi.

Lorsque ma mère apprit que j’avais embrassé l’islam, elle tomba des nues et dit : « Sa’d ! Qu’est-ce que cette religion ? On t’a détourné de la religion de tes parents. Tu vas abandonner sur-le-champ cette nouvelle religion sinon je jure que je ne mangerai ni ne boirai jusqu’à ce que je sois morte. Et dans ce cas je crois que tu vas regretter beaucoup ce que tu as fait. Et les gens vont te dénigrer éternellement. »

À cela je lui répondis : « Chère mère, ne fais pas cela ! Mais je ne peux abandonner ma nouvelle religion. » Pourtant, elle s’arrêta de boire et de manger et tout naturellement elle devint toute maigre.

Afin qu’elle mangeât et bût autant qu’il eût été nécessaire pour sa survie, je venais régulièrement chez elle. Mais sa fermeté allait en s’accélérant : « Je ne mangerai pas tant que tu ne renonces pas à ta religion », disait-elle. Devant sa réaction, je m’approchais d’elle et lui dit :

« Chère mère ! J’aime Dieu et Son Messager plus que toi. Par Dieu, même si tu avais mille existences et que tu les rendrais une par une, je ne renoncerais pas à ma religion… » Bientôt, ces paroles l’influencèrent grandement. Lorsqu’elle sentit vraiment que j’étais déterminé à suivre cette religion, elle commença enfin à manger. »

C’est ce type de réaction qu’a dû affronter Sa’d lorsqu’il est devenu musulman. Notre Seigneur, en effet, le réconforta par ce verset :

« Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas ; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi, ensuite, est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez. » (Coran, Luqman, 31 : 14)

Sa’d ibn Abi Waqqas fut enseveli au cimetière al-Baqî à Médine. Nous implorons de Dieu son intercession.

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