La guidance islamique

Mar 3, 2024 par

İsmail Lütfi Çakan

Selon Abdullah ibn Mas’ud (t), le Messager d’Allah (r) a dit :

« Apprenez la connaissance (en principe et en pratique) et enseignez-la aux gens. Apprenez la science des Farâ’id (obligations). Apprenez le Coran, enseignez-le aux gens. Parce que je suis un être humain mortel. La science sera également éliminée, et des grands conflits surviendront. À tel point que deux musulmans en désaccord sur un jugement final obligatoire ne pourront pas trouver une seule personne pour régler leur cas. »[1]

Bien qu’il se trouve quelques critiques sur la narration, notre hadith[2] a été rapporté par divers Compagnons (y) avec quelques introductions. La majorité des savants spécialistes du Hadith l’ont évalué dans les sections Kitabu’l Farâ’id de nos livres de hadiths afin de souligner la nécessité de la science des Farâ’id (des obligations). Cependant, Dârimi a inclus notre hadith dans la section Farâ’id de son Sunan et l’a exposé sous le titre : « Suivre les savants » dans l’introduction. Ainsi, il a attiré l’attention sur le message général du hadith. Nous aimerions nous attarder sur cet aspect de la question qui concerne la communauté, et même l’ensemble de la société.

 TROIS VALEURS

La science exprime également les domaines de spécialisation dans le cadre général. De plus, compte tenu du sens historique du mot, nous pouvons la comprendre comme étant la Sunna du Messager d’Allah (r). Par conséquent, apprendre la science et l’enseigner aux gens, signifie “apprendre la Sunna et l’enseigner aux gens ”, ceci parce que la Sunna est le mode de vie, la pratique et l’exemple du Prophète de l’Islam (r). Selon ce sens, notre hadith donne son message : « Premièrement, il faut vivre la religion conformément à l’exemple de la Sunna parce que la pratique de la religion sera oubliée ou pervertie. »

Les Farâ’id (les obligations) font référence aux principes juridiques et économiques. Sans aucun doute, le droit des successions, le fait que les droits personnels et leurs mesures deviennent méconnus constituent un grave danger qui

surviendra en termes de droits et de système. Perdre les droits économiques et leurs dimensions signifie abandonner la société aux choses illicites (haram) et aux injustices et les accepter. Autrement dit, cela signifie que les équilibres économiques apportés par la révélation dans la société sont bouleversés.

En fait, aujourd’hui, les « Farâ’id » ont pratiquement disparu en tant que pratique ; et l’éducation et la formation ont malheureusement diminué considérablement et ont été abandonnées au secteur privé.

Le Coran est le fondement révélé de la religion, la source principale du système. Et notre hadith déclare qu’à la fin la connaissance et les lignes du Coran seront perdues dans la société.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Notre hadith exhorte à la généralisation de la connaissance et attire l’attention sur le danger de la propagation de l’ignorance. L’incapacité de trouver, ne serait-ce qu’une seule personne, pour s’interposer entre deux musulmans qui ne sont pas d’accord sur une question obligatoire définit l’impérative priorité d’accomplir ce travail.

Notre hadith détermine des périodes où l’éducation sera interrompue, en particulier l’éducation religieuse, et où il n’y aura plus d’érudits connaissant la religion. De telles périodes ont été observées à des époques et à des échelles différentes dans l’histoire de chaque nation. Il est évident que les nations musulmanes qui ont subi une vie de captivité ont compris le message de ce hadith plus que quiconque parce qu’ils ont vécu personnellement cette période. Ce qui les maintenait en vie, c’étaient les connaissances religieuses qu’ils ont apprises et vécues auparavant.

Il ne fait aucun doute que les livres d’enseignement religieux sont un des éléments qui maintient vivant le contact des gens avec la religion pendant les périodes où l’éducation et la formation religieuses sérieuses et officielles sont interdites. Ils ont aidé la société à rester autonome, quoique de manière infime.

Nous devons des remerciements à ces livres et à leurs auteurs, qui nous ont toujours rappelé les nécessités de la religion et n’ont pas permis l’ignorance, même dans le cadre des obligations.

Sans eux, il ne resterait plus personne pour laver le cadavre et diriger la prière funéraire. On comprendra mieux l’importance de ces travaux en considérant les régions et les jours où ceux qui savent lire la sourate Al-Fâtiḥa sont considérés comme de grands maîtres.

Toute nation qui regarde ses enfants alors que ceux-ci tentent d’apprendre leur religion, non pas avec envie, mais avec pitié, et même désapprobation, et qui les considère comme « pauvres », entraîne ces esprits exigus et purs, lorsqu’ils grandissent, dans la psychologie ainsi que dans la tension des « individus se situant en dehors de la société ». Ce faisant, ladite nation aura livré son propre avenir à l’ignorance totale.

Une société « orpheline de savants » saura, bien évidemment, toujours répondre à ses besoins. Mais elle le fera probablement selon ses propres valeurs, avec des principes et règles étrangères, des lois et des systèmes importés… C’est en fait choisir une voie insoluble.

Qui pourra prétendre ou argumenter qu’une solution obtenue au détriment de ses valeurs fondamentales, de la liberté mentale, intellectuelle, voire administrative et politique, est appropriée et académique ?

TROIS POINTS

Il est utile de rappeler une fois de plus que la religion ne peut être protégée qu’en respectant les trois points suivants :

  • La science (le vécu).
  • La création et l’installation d’institutions et d’organisations.
  • L’enseignement et la formation d’éducateurs et d’enseignants.

Nous pensons que la « liberté de religion et de conscience » ne peut exister qu’avec la liberté et la non-intervention sur ces trois points.

De ce point de vue, les recommandations « d’apprendre et d’enseigner au public », répétées trois fois dans notre hadith, révèlent pleinement la sensibilité du sujet et le degré de prédominance de l’action.

Il est clair qu’un système qui n’est pas basé sur le Coran, qui ne respecte pas les droits et qui ne dispose pas de personnel formé dans des domaines spécifiques ne peut pas survivre longtemps ; et même s’il le fait, il ne peut pas être lui-même.

Notre hadith, qui révèle le résultat final de l’ignorance et de l’incompréhension, présente avec insistance la connaissance et l’information sur ces trois points comme une recette de préservation et de salut. Pour cette raison, tout travail qui a été fait ou qui sera fait pour rendre la société informée, même au niveau minimum, c’est-à-dire au niveau des grands principes, est sacré et bénéfique.

Selon notre avis, les livres d’enseignement religieux sont des outils d’éducation et de formation qui trouvent ici leur sens fonctionnel.

La recommandation fondamentale de notre hadith est de poursuivre cette activité avec persévérance et par tous les moyens dans chaque lieu et région où il existe une possibilité d’enseigner la religion, la connaissance religieuse, les obligations religieuses (Farâ’id) et le Coran. Parce qu’une nation et une Oumma dépourvues de savants sont vouées à disparaître dans les ténèbres de l’ignorance et de la méconnaissance.

Il ne faut pas oublier que la guidance islamique ne s’étendra à l’univers que dans la mesure où la connaissance du Coran sera largement répandue.

LES MESURES DÉSINTÉRESSÉES DE LA SUNNA

Le désintéressement ou le fait de ne rien attendre en retour de quelqu’un d’autre qu’Allah est le critère de qualité et de cohérence recherché dans tout le travail d’un musulman. Le désintéressement, c’est le renoncement au négoce. C’est accomplir sa mission de façon claire et simple sans contrepartie.

« C’est pour le visage d’Allah que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. » (Sourate Al–Insân, verset 9).

L’idéale et fondamentale réponse se trouve probablement à ce stade.

Lisons ensemble le hadith suivant :

Selon une narration d’Abû Hurayra (t), le Prophète (r) a déclaré :

« Celui qui soulage, en ce bas monde, un croyant d’une calamité, Allah le soulagera d’une calamité au Jour de la Résurrection. Celui qui accorde une facilité de remboursement à une personne en difficulté, Allah lui accordera une facilité en ce bas monde et dans l’au-delà. Celui qui couvre les défauts d’un musulman, Allah le couvrira en ce bas monde et dans l’au-delà. Et Allah vient en aide au serviteur tant que celui-ci vient en aide à son frère. Celui qui emprunte une voie à la recherche d’un savoir, Allah lui facilitera grâce à cela une voie vers le Paradis. Il n’est pas de groupe de gens qui se réunissent dans l’une des demeures d’Allah afin d’y réciter le Livre d’Allah et de l’étudier ensemble sans que la sérénité ne descende sur eux, que la miséricorde ne les couvre, que les Anges ne les entourent et qu’Allah ne les mentionne à ceux qui sont auprès de Lui. Quant à celui qui est ralenti par ses œuvres, ce n’est pas sa lignée qui le fera avancer plus vite. » (Muslim, Dhikr, 38, 2699).

La beauté musulmane se manifestera de façon différente en fonction du degré de bénévolat qu’atteindra le musulman.

La Sunna invite et encourage les musulmans à atteindre ce niveau.

L’invitation, l’encouragement et la bonne nouvelle sont pour nous…


[1] Dârimî, Mukaddima 24, Farâ’id 1; At-Tirmidhî, Farâ’id, 2; Ibn Mâja, Farâ’id 1; Al- Dâraqutnî, Sunan, IV, 67, 81-82.

[2] Voir Al-Dâraqutnî, Sunan IV, 81-82 (Notes de bas de page).

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