Famille sereine et Société pieuse

Jan 31, 2021 par

Famille sereine et Société pieuse

Osman Nuri TOPBAŞ

L’héritage social

La vie sur Terre, constitue pour l’être humain une épreuve dont l’enjeu n’est autre que de gagner l’Au-delà. L’homme n’est pas soumis seul à ce test, mais toute l’humanité est concernée.

En effet, Allah ﷻ a réservé l’unicité (wahdaniyya) à Lui-même puis créé toute chose par paire et a fait que les individus soient dépendants les uns des autres. 

L’homme vit dans une société en famille, avec les proches, les amis, les voisins ainsi que les personnes dont il a établi une relation dans le monde professionnel. Par conséquent, il est dit :

« L’homme est civilisé par sa nature, qui l’appelle à vivre au sein d’une famille et d’une société. »

L’être humain possède intrinsèquement un fort échange d’influence avec les individus qu’il côtoie. Tout comme l’héritage qu’il reçoit de ses parents en raison de l’hérédité, il reçoit également un héritage social lié à son environnement. Si cette unité parvient à progresser dans l’affection et la relation amicale, cette influence augmentera. Qu’elle soit positive ou négative. Voici quelques maximes qui abondent dans ce sens :

« Le raisin s’assombrit en observant un autre raisin. »

« Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirais qui tu es ! »

« Choisis à ton voisin avant d’acquérir une maison ! »

Ce bas-monde représente pour le croyant  un moyen d’acquérir la vie de l’Au-delà. C’est pour cette raison que l’amitié qui vous tient est d’une grande importance.

Le Messager d’Allah ﷺ fut questionné de par ses compagnons qui se trouvaient dans une  situation confuse :

« Ô Messager d’Allah ! Aurons-nous l’opportunité de te voir au Paradis, dans l’Au-delà ? Avec qui serons-nous ». Le Messager d’Allah ﷺ répondit par cette réplique très significative et concise : 

« L’homme sera avec celui qu’il aime ! » (Al Boukhari, L’éthique, 96).

Car tout être humain se conforme avec la moralité de celui qu’il aime et qu’il suit. Il fait ce qu’il fait et mène une vie dans une conformité amicale, réelle et mentale. Relativement à la personnalité admirée, l’être humain concerte sa propre personnalité ainsi que sa vie. Quant à la vie dans l’Au-delà, il sera également soumis au même traitement de celui qu’il aime.

Tout comme le bon ami fait accéder l’individu aux sens spirituels, aux bonnes actions et au bon comportement, le mauvais ami et l’environnement impudique mènent irrémédiablement toute âme à l’égoïsme et à la rébellion contre Allah Y. Dans le Saint Coran, Allah ﷻ nous décrit la scène suivante :

« Puis les uns se tourneront vers les autres s’interrogeant mutuellement. L’un d’eux dira : “J’avais un compagnon qui disait : “Es-tu vraiment de ceux qui croient ? Est-ce que quand nous mourrons et serons poussière et ossements, nous aurons à rendre des comptes ?” Il dira : “Est-ce que vous voudriez regarder d’en haut.” Alors il regardera d’en haut et il le verra en plein dans la Fournaise, et dira : “Par Allah ! Tu as bien failli causer ma perte ! et sans le bienfait de mon Seigneur, j’aurais certainement été du nombre de ceux qu’on traîne [au supplice]”. » (As-Sâffât, 50-57).

Selon l’exégèse coranique, l’expression « le bienfait de mon Seigneur » est expliquée non seulement comme étant la grâce d’Allah en faveur de la foi et du droit chemin, mais aussi de l’aversion concernant la mauvaise compagnie. (Abû Hayyân, al-Bahru’l-Muhît, As-Sâffât, 57).

Les habitants du Paradis questionneront les habitants de l’Enfer, lors du Jugement Dernier :

« Qu’est-ce qui vous a acheminé à Saqar ? » (Al-Muddattir, 42).

Ils répondront en ces termes :

« Nous n’étions pas de ceux qui faisaient la Salat, et nous ne nourrissions pas le pauvre, et nous nous associions à ceux qui tenaient des conversations futiles, et nous traitions de mensonge le jour de la Rétribution, jusqu’à ce que nous vînt la vérité évidente [la mort]. » (Al-Muddattir, 43-47).

Cela signifie que l’une des choses qui traîne l’homme en Enfer est l’union entreprise avec les désobéissants (polythéistes, malfaiteurs, pécheurs avérés…)

De nos jours, certaines émissions télévisées, des images d’Internet, des émotions instillées par le monde de la mode et de la publicité font oublier l’Au-delà (et ses conséquences). Ces choses font de l’homme un esclave et un impuissant appartenant au monde d’ici-bas. Cela mine également la personnalité et le caractère du serviteur [d’Allah].

C’est pourquoi tout croyant récite au moins quarante fois par jour lors des prières : « Guide-nous dans le droit chemin, le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés. » (Al-Fatiha, 6-7).

De ce verset on peut conclure en fait qu’Allah U est notre abri et notre refuge. C’est de Lui que nous cherchons protection contre le mal des malfaiteurs, les séductions des diables humains et des génies et l’anéantissement et la fureur qui sont causés par les désobéissants. 

Le Saint Coran dit explicitement :

فَفِرُّوا اِلَى اللّٰهِ

« Fuyez donc vers Allah […]» (Ad-Dariyat, 50).

Autrement dit : Fuyez tous les péchés, toutes les mauvaises actions et toutes les rébellions contre Allah ; et courez donc vers Lui ! 

Notre Seigneur nous conseille en conséquence d’être en relation (constante) avec ceux qu’Il nous a confiés, mais aussi avec les justes et les véridiques, afin de montrer la voie du salut.

Voici donc les instructions d’Allah ﷻ :

يَٓا اَيُّهَا الَّذ۪ينَ اٰمَنُوا اتَّقُوا اللّٰهَ وَكُونُوا مَعَ الصَّادِق۪ينَ

« Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et soyez avec les véridiques. » (At-Tawbah, 119).

Ce verset comporte un autre enseignement: il ne nous est pas ordonné d’être véridique, mais plutôt de maintenir une relation avec eux afin de préserver la piété. Pour cette raison essentielle, se tourner affectueusement du côté des véridiques et demeurer en leur compagnie constitue le premier pas envers la loyauté. Le cœur étant un organe spirituel susceptible de perdre sa consistance selon l’environnement dans lequel il évolue, il est donc indispensable que le croyant demeure avec ces véridiques et reste à l’écart des impudiques pour maintenir le niveau de guidance (ou de bonne Direction), de piété et de véracité qu’il a acquis.

Allah U dit aussi :

« Quand tu vois ceux qui pataugent dans des discussions à propos de Nos versets, éloigne-toi d’eux jusqu’à ce qu’ils entament une autre discussion. Et si le Diable te fait oublier, alors, dès que tu te rappelles, ne reste pas avec les injustes. » (Al-Anam, 68).

D’autre part, dans un autre verset relatif au même sujet, l’avertissement suivant est émis à la suite de l’interdiction de demeurer avec les infidèles et hypocrites :

« […] Sinon, vous serez comme eux […] » (An-Nisâ, 140).

Le Messager d’Allah e éduqua ses Compagnons par le truchement de son cœur et de ses assises religieuses. Il leur apprit par exemple que le terme « compagnon » (صحبي) et le terme « assise religieuse » (صحبة) avaient la même racine, à savoir ص ح ب.

C’est dans la maison d’Al-Arqam (Dar Al-Arqam) à La Mecque, où les polythéistes étaient nombreux, qu’il e rassemblait les croyants et les instruisait. Après l’Hégire, la Mosquée du Prophète (Al-Masjid an-Nabawî) et la Suffa[1] devinrent les lieux où les croyants se rassemblaient pour profiter de la spiritualité de la Fierté de l’Univers e. Les Compagnons virent par ce biais la consistance de leurs cœurs s’intensifier grâce aux assises religieuses du Messager d’Allah e, aux cinq prières canoniques et dans d’autres occasions. 

Ceux qui se rendaient au marché ou aux champs, quant à eux, poursuivirent assidument leurs causeries religieuses avec leurs amis.

Les mères insistaient pour que leurs fils  participent avec assiduité des assises religieuses du Prophète e. Hudhayfa t donne un exemple probant :

« Un jour, ma mère me demanda :

Quand as-tu rencontré notre Prophète pour la dernière fois ?

Je ne l’ai pas vu depuis quelques jours, lui ai-je répondu.

Elle se mit alors en colère et me réprimanda sévèrement. Je lui répliquai :

Ma chère maman ! Je t’en prie, ne t’énerve pas ! Je vais aller tout de suite auprès du Messager d’Allah ﷺ pour prier avec lui, la prière du coucher du soleil (Al-Maghrib) et lui demander d’implorer le pardon pour toi ». (At Tirmidhî, La noble nature, 378 ; Ahmed, V, 391-2). 

De telles mères sont assurément dignes d’une vie de remerciements. Comme signifié dans le hadith célèbre, le Paradis se trouve sous les pieds de telles mères vertueuses (saliha). Si nous désirons des enfants vertueux, nous devons être des parents vertueux.

Les femmes pieuses (sahabi) s’empressèrent de demander à leurs époux :

« Enseignez-nous ce que vous avez appris aujourd’hui du Messager d’Allah ! »

De ce fait, nombre de gens qui, à l’Époque de l’ignorance (Jahiliyya), vivaient une vie semi-sauvage et contraire à la nature humaine sont devenus les personnes les plus vertueuses du monde à travers le comportement prophétique se réverbérant sur eux-mêmes, après qu’elles eurent été honorées par l’Islam et eurent rencontré et conversé avec la Fierté de l’Univers r. Le siècle le plus vertueux fut sans aucun doute celui de la béatitude dans lequel vécurent notre Prophète ﷺ et ses Compagnons. La vérité qui a entraîné ces êtres humains du fond de l’Océan Indien au sommet de l’Himalaya, c’est-à-dire de la plus profonde obscurité de l’ignorance au pinacle lumineux de la civilisation des vertus, était due aux assises religieuses et à la proximité qu’ils ont entretenus avec notre bien-aimé Prophète r. 

Ils l’écoutaient avec une grande attention comme s’ils avaient tous d’un oiseau sur leurs têtes, prêt à s’envoler.  Ils atteignirent une très grande maturité et la perfection en cherchant à accomplir tous ses désirs. Ils l’accompagnèrent dans toutes les batailles et le défendirent au prix de leur propre vie.

L’affection, la sincérité, l’effort et l’esprit de sacrifice dont ils faisaient preuve dans cette union sont également légendaires. Car afin d’être en compagnie du Messager d’Allah r, ils n’ont en aucun cas hésité de payer n’importe quel prix, et ce sur place ou en voyage.  

Voici un exemple pour illustrer ceci :

Lors de la Bataille d’Uhud, certains Compagnons parmi les immigrés (Mouhajiroun) et les partisans de Médine (Ansar) se mirent à encercler le Messager d’Allah ﷺ qu’ils aimaient tant afin de tomber martyr devant lui et ont porté allégeances à Allah U en ces termes :

« Ô Messager d’Allah ! Mon visage est un bouclier devant ton visage, mon corps est sacrifié pour le tien ! Que la paix d’Allah soit toujours sur toi ! Jamais nous ne te quitterons[2] ! » (Ibn Sa‘d, II, 46 ; Wâqidî, I, 240). C’est ainsi qu’ils restèrent fidèles à leurs paroles jusqu’à la fin.

Quant au Messager d’Allah e, il préserva ses Compagnons de demeurer en compagnie des impies.

Même après des siècles !

Tels que :

Tandis qu’une forte chaleur et de soif régnait lors de la Bataille de Tabūk, le Messager d’Allah e ainsi que ses Compagnons ont passés un moment dans la zone nommée Al-Hijr, le site du peuple Thamûd.

Afin de satisfaire à leurs différents besoins, les Compagnons puisèrent de l’eau dans les puits afin de pétrir la pâte. Le Messager d’Allah e leur ordonna de verser l’eau qu’ils avaient prise, de nourrir ensuite les chameaux avec la pâte qu’ils avaient pétrie, puis de prendre l’eau de l’autre puits où la chamelle de Sâlih u était venue boire. (Boukhari, Prophètes, 17 ; Mouslim, Ascétisme, 40).   

Cette attitude s’explique par le fait que le Messager d’Allah e ne voulait pas que ses Compagnons restassent sous l’influence d’un lieu où la colère divine s’était manifestée, il ﷻ a des siècles.

Aussi, notre Prophète e avait traversé rapidement la vallée de Muhassir, située entre Mina et Muzdalifa, durant le Pèlerinage d’Adieu. À la grande stupéfaction des Compagnons, ils demandèrent : 

« Ô Messager d’Allah ! Pourquoi presses-tu ainsi ? ». Le Messager d’Allah répondit e :

« C’est à cet endroit que par le truchement des oiseaux d’Abâbil, Allah U anéantit l’armée d’Abraha composée d’éléphants. Je presse le pas pour m’assurer que personne ne reçoive une part de cette colère. » (An Nawawî, Sharhu Mouslim, XVIII, 111 ; Ibn Qasim, II, 255-256). 

Expliquons ainsi cet effet :

Lorsque l’atome se décompose, un rayonnement est émis. Selon la situation, ce rayonnement est bénéfique ou nocif. Il est invisible à l’œil, mais son effet est absolu. 

Dans certains lieux, des réverbérations des manifestations de miséricorde et de souffrance divines réalisées peuvent toujours êtres présentes, semblables aux rayonnements.

Ceux qui se rendent dans les lieux bénis tels que la Ka’ba, Ar-Rawda[3], ‘Arafat et Uhud, et ouvrent pleinement leurs cœurs, l’effet de l’abondance (Fayz[4]) et de la spiritualité se produit.

En revanche ; 

Des lieux affligés à l’anéantissement tels le Lac de Loth, Sodome, Gomorrhe et Pompéi, rendent les cœurs mornes et appesantis, à la suite des réverbérations de la colère divine.

Si ces réverbérations influencent même depuis l’endroit où le mal est commis, alors qu’en est-il de l’intensité de celle d’un malfaiteur ou impie personnellement !

Quelques élèves d’un cours coranique ont également démontré cette influence avec une expérience différente :

Ils prirent deux pots contenant une fleur appartenant à la même espèce et qu’ils plantèrent à la même date. Sur l’un des pots, ils inscrivirent des belles paroles, récitèrent le Coran et firent écouter des sons agréables qui conféraient la spiritualité et la sacralité. Et sur   l’autre pot, ils inscrivirent de mauvaises paroles et firent entendre de la musique rock et ces affreuses paroles. 

Il s’en suivit que de nouvelles fleurs épanouies poussèrent dans le pot où des voix agréables avaient été prononcées. En revanche, la fleur qui a subi la musique et les paroles affreuses fana et devint sèche.

Voici bien une image marquante de la réverbération qui est efficace aussi bien chez les plantes que chez l’homme !

Malheureusement, la société d’aujourd’hui, remplie par les zizanies prégurant la fin des temps, est semblable à la période de l’ignorance antérieure à l’Islam. Le monde est plein de corruption et devient de plus en plus pragmatique et très égoïste. La compassion semble perdue, la conscience se dessèche. La pudicité et la modestie sont piétinées. Dans certains endroits, le peuple de Loth ressurgit. Les écrans, l’Internet, la mode et la publicité se répandent, propagent et infectent partout l’iniquité, le mal et l’égoïsme d’une manière rapide par rapport au passé. Même les sociétés musulmanes imprévoyantes sont sous l’influence de la civilisation occidentale misérable.

L’arrogance et la rébellion du peuple de ‘Âd et de celui de Thamûd, la cruauté du peuple de Nemrod et des Pharaons, l’immoralité du peuple de Loth, la tricherie commerciale de Madyan et d’Al-Aïka, et d’autres méfaits similaires ont été la cause d’anéantissement de ces peuples, plus précisément leurs péchés ainsi que leurs rébellions. Bien que tout cela soit plus intense de nos jours, Allah Y, notre Seigneur n’est pas enclin à détruire l’humanité d’une manière collective

La raison :

Une invocation parmi les trois que notre bien-aimé Prophète e a formulée en faveur de sa communauté, à savoir qu’elle ne soit pas anéantie collectivement ni affligée à la colère divine. (Cf. Mouslim, Tentations, 20). Du fait que cette invocation fut agréée par Allah ﷻ et en l’honneur de cette demande de notre Prophète e, l’anéantissement collectif n’aura pas lieu.

A une telle époque, un seul remède :

Être en compagnie des véridiques

Aujourd’hui tout croyant doit se questionner à tout moment :

Avec qui es-tu ? 

Quel sont tes mondes affectif, sentimental, d’opinion, de moralité, de comportement et tous autres états ? Avec qui les partages-tu ?

Avec qui partages-tu ta vie ?

Avec qui es-tu dans non pas seulement à la mosquée ou sur le tapis de prière mais aussi dans ton milieu professionnel ? En quelle compagnie es-tu devant Internet ou la télévision ?

Si nous ne procédons à une profonde révision de nos procédés, il ne peut ﷻ avoir en conséquence de protection contre les effets de l’insouciance et de l’égarement à l’instar des rayonnements qui attaquent de tous côtés. 

Cet effet œuvre si durement dans les cœurs imprévoyants que l’individu emprisonné dans les courants d’air de la mode perd même le sens le plus naturel du plaisir et de l’esthétique et se transforme en un robot télécommandé. Un tel individu développe alors une tendance à la paresse, à la brutalité et à la malhonnêteté, en pensant qu’ils représentent la mode. De plus, il piétine sa personnalité et devient par conséquent l’imprudent esclave de ceux qui le commandent.

Et notamment les enfants de nos frères expatriés vivant dans des sociétés athées et chrétiennes, dominées et peuplées par toutes sortes de criminels, sont eux aussi bouleversés. Nous devons prendre soin d’eux en particulier avant qu’ils ne deviennent des sujets de perversion et consécutivement perdus. C’est pour cela qu’il est obligatoire de prendre des mesures avant que cela ne se produise.

Il ne faut pas oublier :

Un musulman ne pouvant construire un environnement vertueux pour ses enfants, doit quitter le lieu où il habite. La famille, l’éducation et la vie professionnelle doivent également être organisées de manière à respecter la devise “ensemble, en compagnie des vertueux”.

Parce que :

Se plaindre constamment de la corruption de la société, d’exhiber son insuffisance et dire : « qu’il n’y a rien à faire », Cela n’est pas digne d’un croyant.

Allah U souhaite que nous nous sentions responsables des tous événements. Il nous ordonne de réformer tout d’abord nous-mêmes, puis notre famille, notre environnement et notre société au détriment d’ordonner le bien et d’interdire le mal. Allah souhaite également que nous soyons le leader en matière de piété. Il nous exhorte à prier à l’instar des fidèles serviteurs d’Allah : 

رَبَّنَا هَبْ لَنَا مِنْ اَزْوَاجِنَا وَذُرِّيَّاتِنَا قُرَّةَ اَعْيُنٍ وَاجْعَلْنَا لِلْمُتَّق۪ينَ اِمَامًا…

« Seigneur, donne-nous, en nos épouses et nos descendants, la joie des yeux, et fais de nous un guide pour les pieux. » (Al-Furqan, 74).

La société est composée de familles. La famille est composée d’individus. Si les individus sont justes et pieux, alors le peuple sera juste et pieux. Et une belle génération a besoin de mères pieuses pour évoluer.

Les parents désirent bâtir les deux mondes – ici-bas et l’Au-delà – de leurs enfants en raison de leur tendresse innée et filiale. Mais un parent pieux pense d’abord à l’Au-delà de son enfant car ce monde d’ici-bas est éphémère alors que la vraie vie se situe dans l’Au-delà. Et s’il réussit à faire vivre l’Au-delà, ce bas-monde en sera de même. Ainsi, il vivra une existence paisible.

Le vizir du Calife Omar Ibn Abdulaziz rh.a. dit :

« Ô Calife, il semblerait que les allocations que vous prenez du compte de l’état ne soient pas suffisantes. Que penseriez-vous de réclamer plus que d’habitude pour économiser une certaine somme par précaution, afin que vos enfants et petits-enfants puissent subvenir à leurs besoins essentiels après votre décès ? ».

Quant à Omar Ibn Abdulaziz g, il donna cette réponse significative :

«    Si mes enfants sont parmi les justes, je ne craindrais pas qu’ils puissent souffrir car Allah U déclare en effet : « […] C’est Lui qui se charge (de la protection) des vertueux. » (Al-A’râf, 196).  Allah I le Très-Haut et le Tout-Puissant est assurément leur Tuteur et leur Protecteur. Et à ce titre, je ne me soucie pas de ce qu’ils rencontreront dans l’avenir. Et s’ils ne sont pas justes, c’est une vie dissolue qui les attend. « Et ne confiez pas aux incapables vos biens […] » (An-Nisâ, 5). est un commandement. Nonobstant cette révélation divine, vais-je rassembler des biens pour mes enfants qui deviendront misérables ?!  (Abu’l-Ula Mardin, Huzur Ders, Istanbul 1966, II-III, 769-770). 

Les enfants élevés par des pères justes et vertueux qui leur prodiguent de la nourriture licite (halal) et leur enseignent les bonnes manières et par des mères justes et vertueuses qui, grâce à leurs prières, leur enseignent la bonne doctrine afin qu’ils ne causent aucune corruption ou anarchie dans la société. À la faveur des efforts déployés sur le terrain, comme les fidèles, les vertueux (salih) et les vertueuses (saliha) croissent au sein de la société ; une société qui acquiert le bonheur et la paix.

Voici ce qui transparaît lorsque nous considérons l’histoire.

Réformer la société par le biais d’individus vertueux…

Ont vécus sur Terre des personnes comme Omar Ibn Abdulaziz g, issus de la descendance d’Omar t, dont ils possédèrent tous la sensibilité de la fille vertueuse qui répondait à sa mère : « Même si le calife Omar ne voit pas nos actes, Allah, ne les voit-il pas ? », lorsqu’il lui fut fait l’injonction suivante : « Mélange le lait avec de l’eau, comment le calife le saura-t-il ? ». La société avait acquis une telle consistance, faire des dons avait atteint une telle saveur que les gouverneurs avaient formuler une demande auprès du centre comme suite :

« Il n’y a plus de pauvres dans notre ville pour leur donner l’aumône légale. Que fait-on des sommes en notre possession ? ».

Par la suite, cet argent fut dédié aux esclaves.

Après avoir répondu à la première demande d’un client, en réponse à une deuxième demande, le vendeur dit :

« J’ai effectué ma première vente de la journée. Il sera préférable que vous achetiez ceci chez mon voisin, afin qu’il puisse débuter également sa journée ! »

Alors que des flammes se dirigeaient en direction des remparts les combattants (de l’Islam) à qui on avait accordé la conquête d’Istanbul et la satisfaction d’Allah s’exclamèrent:

« Quel bonheur ! C’est à notre tour de tomber martyrs ! » 

Une société constituée par de tels commerçants et de tel soldats fut l’objet de l’honneur de l’admiration du Messager d’Allah e et la cause de la conquête d’Istanbul. 

Lorsqu’une mère vertueuse fut questionnée sur la raison pour laquelle elle teinta les cheveux de son fils au Henné[5] avant son départ sur le front militaire, elle répondit :

« Chez nous, nos sacrifices sont teints aux Henné ! ».

Ainsi, c’est grâce à la présence de ces mères vertueuses que la ville de Çanakkale n’a pas pu être conquise.

Si on compare le passé et le présent on voit que les troubles psychologiques relatifs à la vie individuelle et les incompatibilités familiales ont tendance à augmenter sévèrement.

Ce constat ne peut que devenir une raison suffisante pour se mettre en quête des principes d’unité qui nous lient avec les vertueux et nous inciter à rester à l’écart des injustes.

Jafar ibn Suleyman g, un grand savant, décrit ainsi la joie qu’à ressenti son cœur lorsqu’il s’est mit à côtoyer les vertueux :

« Quand je sentais mon cœur se raidir je me rendais immédiatement auprès de Muhammad ibn Wâsî (l’un des plus éminents érudits de la génération des Suivants) afin de me joindre à son assise et de contempler son visage. C’est ainsi que toute rigidité dans mon cœur disparaissait et la joie de l’adoration apparaissait en moi. Ainsi, l’indolence décroissait et j’accomplissais mes actes d’adoration pendant une semaine avec cette joie. »

Relativement à notre passé glorieux :

Les personnes en détresse – hommes ou femmes – accouraient dans les dargah[6]. Là, chacun recevait de la part des enseignants compétents non seulement des conseils et suggestions liés à la patience et la joie, à l’affection et à la miséricorde, à la confiance et à la tolérance, mais également l’adoucissement du cœur par le biais des assises religieuses et des invocations. Puis chacun rentrait chez lui, apaisé. 

Même les Sultans sentaient le besoin de côtoyer les vertueux et c’est ainsi qu’ils donnèrent une grande importance aux enseignements de la lignée du Sheikh Edebali. Comme nous le pouvons constater à la travers les tandems Orhan Gazî-Geyikli Baba, Yıldırım Bâyezid-Emir Buhârî, II. Murad-Hacı Bayrâm-ı Velî, Fatih-Akşemseddin, Kanunî-Yahya Efendi, Yavuz-Hasan Can, I. Ahmed-Aziz Mahmud Hüdâyî, Abdülhamid Han-Şeyh Zâfir Efendi, pratiquement tous les Sultans se sont protégés de tout lien avec la mondanité que facilitaient le pouvoir et la richesse (matérielle) et maintenaient l’excitation spirituelle et la fraîcheur d’œuvrer pleinement dans le sentier d’Allah. 

À titre d’exemple ;

Le Sultan Yavuz Sultan Selim Khân rh.a. (1470/1 – 1520) dit :

Être le conseiller spirituel du Sultan n’est rien d’autre qu’un combat inutile ; Rien ne vaut que de devenir un esclave d’un saint !

De retour d’une expédition en Égypte et rassasié de conquêtes matérielles et spirituelles et craignant l’influence négative de l’autorité et des applaudissements éphémères, il décida d’entrer discrètement dans la ville après que les gens eussent regagner leurs demeures, au lieu de la journée.

Les sociétés peuvent non seulement trouver le bon chemin ainsi que la guidance à travers les personnes vertueuses et véridiques, mais elles peuvent également se décomposer sous l’influence des pécheurs et des impies. 

L’Anatolie – où nous assistons toujours de nos jours à la conscience de la religion, de la patrie et du martyre chez le peuple – fut fermentée il ﷻ a des siècles par la conscience de la foi, de l’Islam et de la science tels les Saltûq, Taptuk et Yûnus, représentants chacun un homme spirituel (derviches) d’Ahmed Yesevî. Les Anatoliens furent élevés dans des foyers familiaux paisibles établis par des individus justes et vertueux, sous la direction de maîtres tels que Jâlal-ud Din Rumî, ‘Abd Al-Qâdir Al-Jîlânî ou Shah Naqshband. 

Après la réforme des Tanzimat[7], et plusieurs périodes d’obscurité, d’aliénation et d’autres tourbillons dues notamment à des courants étrangers, le peuple (des fidèles) eut l’opportunité de revenir à la foi par le truchement des Amis d’Allah.

Mahmud Sâmi Ramazanoğlu ç fut l’un de ces personnages bénis. Dans toute l’Anatolie, de ville en ville, de village en village, il guida nombre de gens sur le chemin de la piété et de la sincérité. À une époque où il était politiquement interdit d’évoquer les questions islamiques, il guida également ceux en sa présence à travers son langage silencieux.

Il a toujours veillé à ce que toutes choses soient licites. Bien qu’il fût diplômé avec mention de la faculté de droit, à l’université Dârulfünun (Istanbul), il décida de subvenir à ses besoins hors de ce domaine, craignant de la responsabilité auprès d’Allah U. Bien qu’il fût issu d’une famille aisée, il ne s’est point basé sur ses biens. Il assura ainsi sa subsistance en tenant un livre de comptabilité. Ainsi, il apprit la vertu de la sueur du front ainsi que l’absence d’attendre un intérêt de qui que ce soit.

Il représenta également une personnalité parfaite en matière de miséricorde, de compassion, de tendresse, de politesse, de loyauté, de générosité, de délicatesse, de simplicité, de réflexion, de persévérance, de ferveur religieuse, de zèle, du sens de l’administration et tout ce qui concerne la satisfaction, c’est-à-dire d’accepter les événements tels qu’ils sont. 

Et notamment en matière de modestie et d’humilité… Lorsque mon père Musa Efendi et moi rendions visite aux lieux Saints de Sâmi Efendi, il se trouvait dans le désir en faisant preuve d’une extrême modestie, de servir lui-même à manger et de tenir personnellement la serviette [pour les autres] après l’ablution.

Il prenait soin de rester à l’écart des choses qu’Allah a interdites et de leur préjudice spirituel. Il soutenait même l’opinion qu’il fallait éviter de passer par des rues où se pratiquaient l’intérêt usuraire et/ou se trouvaient la vente ou la consommation de boissons alcoolisées. Si tel devait être le cas, il recommanda alors de les traverser le plus rapidement possible. 

Dans ses assises religieuses, Sâmi Efendi enseignait que le véritable savoir était l’éducation relative à la connaissance d’Allah (marifafullah) et rappelait en toute occasion l’honneur de la posséder.

La vraie éducation

Un jour, un visiteur voulut recueillir les invocations de Sâmi Efendi en sa faveur et, par la même occasion, lui présenter ses neveux. En présence de Sâmi Efendi, il embrassa sa main [par respect] et les présenta en ces termes :

« Maître ! Ces jeunes ont étudié aux Etats-Unis et sont devenus ingénieurs. Nous sollicitons de votre part des invocations ! ».

Sâmi Efendi ç leur adressa alors un sourire significatif et répondit :

« Ce pauvre (Sâmi Efendi) est diplômé de l’université Dârulfünun. Mais cependant, la vraie science est celle de la connaissance divine ! (En d’autres termes, hormis cette science divine, les autres sciences n’ont presque aucune valeur). (Cf. Mustafa ERİŞ, Souvenirs de Mahmud Sâmi Efendi, I, 20-21).

Les autres sciences (profanes) sont aussi précieuses en soi dans la mesure où elles peuvent servir de tremplin à la véritable science. En d’autres termes, si elles sont aptes à conduire l’œuvre à son agissant, la raison à son détenteur et l’art à l’artiste, alors dans ces cas seulement ces sciences se montrent utiles. Dans le cas contraire, elles demeurent inutiles, voire deviennet un fardeau, et augmentent le sentiment de frustration et d’irre sponsabilités.

L’élément le plus important faisant qu’une société soit affectionnée ou déshonorée est la pertinence ou l’indifférence que portent les membres de cette société à l’égard du Saint-Coran.

Samî Efendi ç tenait un grand respect envers les gens du Coran, qui agissaient selon leurs sciences et atteignaient la perfection à travers leurs vertus. Son désir était que les Hafiz[8], récitant le Saint-Coran, se situassent dans un niveau plus haut que les autres. Par ailleurs il leur rendait ainsi qu’aux savants habituellement visite.

Aujourd’hui, le remède salutaire contre le mal des rues et des écrans se rencontre dans l’importance à donner au Coran. 

Dans l’expectative d’une société pieuse, il est impératif que les enfants soient éduqués d’une manière juste et conforme au Coran et à la Sunna.  Sâmi Efendi a toujours montré sa détermination à vivre et à maintenir la religion d’Allah en visitant les villages, un par un, dans des véhicules tirés par des chevaux, à une époque où les efforts accomplis dans cette direction étaient considérés comme un crime.  

Bien que de nos jours il existe de nombreuses possibilités, quel peut-être en conséquence notre niveau d’intérêt ?

Posons-nous également la question suivante :

Avec qui nos enfants sont-ils en contact ?

Si nos enfants sont en contact avec le Saint Coran, s’ils le sont avec l’éminente Sunna (Sunna al-Saniyya), alors heureux sont-ils !

Si nos fils sont en relation avec des enseignants, des camarades et des frères véridiques et vertueux ; si nos filles sont en relation avec des enseignantes, des camarades et des sœurs véridiques et vertueuses, en conséquence ils seront une miséricorde pour leurs parents à la fois dans ce monde d’ici-bas et dans la vie dans l’Au-delà. De tels enfants sont pour les parents une aumône perpétuelle (sadaqa jariya), une occasion de recevoir également des récompenses ainsi que des Hassanates[9] après leur mort…

Cependant, si les enfants ne sont pas élevés dans la consistance de la véracité et de la vertu, s’ils sont ignorés et négligés, ils deviendront autant de fléaux dans ce monde et dans l’Au-delà… Les enfants dont l’environnement est marqué par l’impiété, l’hypocrisie, la discorde et les péchés seront en revanche pour leur parent un péché perpétuel. Autrement dit, même après la mort de ces derniers, les œuvres impies et les péchés seront écrites dans le livre des actes !

Il est donc impératif de prendre soin de nos enfants et de leur environnement. Il est également important de faire attention à leurs fréquentations et il est primordial de mettre de l’ordre dans nos relations avec eux ainsi que dans notre propre vie.

L’Imam Ghazalî ç dit dans un de ses conseils :

« « Mon fils ! S’il ﷻ a une chose de la plus grande importance et à laquelle tu dois faire très attention, c’est à qui tu as affaire. Saches qu’un panier rempli de pommes peut contenir une pomme pourrie sans que personne ne s’en aperçoive. En revanche, une seule pomme peut les pourrir toutes (et cela se voit). C’est pour cela que tu dois demeurer en compagnie des justes et des vertueux ! » 

La science qu’apporte l’union avec les vertueux ainsi que l’ignorance qu’engendre l’union avec les impies sont des cas visibles à l’œil nu, et non spécifiques aux autres. C’est pour cette raison d’ailleurs que beaucoup d’erreur sont commises quant à la compréhension de la réalité. Cependant, comme en toute chose, plusieurs manifestations qu’aucune personne ne peut discerner, sont ressenties lorsque la sensibilité du cœur augmente, ce qui entraîne une diminution des dimensions, en présence des vertueux et l’évitement des impies. Le récit suivant donne de cette dimension un exemple probant :

L’effet de la férocité

Seyfi Baba un de ceux qui aimaient Sâmi Efendi, était une personne ouverte d’esprit. Il vivait à Topkapi (à Istanbul). Un jour, il vint à Erenköy[10] pour rendre visite à Sâmi Efendi. Mais au moment de pénétrer chez ce dernier, il tomba et s’évanouit. La personne qui était chargée de l’accueillir et de l’accompagner vers Sâmi Efendi, versa de l’eau sur Seyfi Baba, et dit en espérant qu’il reprenne ses esprits :

« Appelons tout de suite un médecin ! ».

Seyfi Baba s’interposa alors :

« Non, mon fils ! N’appelle pas de médecin, mon état n’a aucun rapport avec une quelconque maladie physique !  Je suis venu depuis Topkapi jusqu’à Erenköy, mais les émeutes dont j’ai été le témoin en chemin et la morosité des lieux de la rébellion ont fait que lorsque j’ai pénétré par cette porte immaculée, soudainement la spiritualité résidant au fond de mon cœur n’a pu supporter toute cette charge. Grâce aux bénédictions attachées au climat spirituel qui règne en ce lieu et le secours de Sâmi Efendi, le Sultan des Gnostiques (‘Urafâ), je vais me relever.»

Telle fut la situation à Istanbul il ﷻ a 60-70 ans. Comparons donc par rapport à nos jours !

Le Messager d’Allah e a souligné d’une belle manière l’importance de côtoyer les pieux et d’éviter la compagnie des impies en ces termes :

« L’image de l’homme de bonne compagnie et celle de mauvaise compagnie est semblable à l’image du porteur de musc et celle du forgeron. Le porteur de musc t’offre de son parfum ou tu en achètes. Tandis que le forgeron, soit il brûle tes vêtements, soit la mauvaise odeur de son métier se répand sur toi. » (Boukhari, Vente, 38).

Dans son ouvrage intitulé « Le Jardin de Roses (Gulistan) », Sâdî Shîrazî ç raconte comme suite : 

« Un homme se rend au hammam. Un de ses amis lui donne une argile parfumée pour se laver.  De cette argile, un parfum exquis s’exhale, caressant l’âme. L’homme demande à l’argile :

« Ô le béni ! Je suis extasié par ton odeur. Allez avoue-moi, est-tu du musc ou de l’ambre ? ».

Et l’argile répond :

« Je ne suis ni argile ni ambre ! Je ne suis qu’une terre vile. Mais cependant, je demeurais sous un rosier où m’arroser chaque jour, l’humidité s’écoulant de ces rosiers. Voici donc cette odeur qui réconforte les cœurs appartient à ces roses. »

La rose est le symbole de la Fierté de l’Univers, notre bien-aimé Prophète r. Autrement dit, Muhammad ﷺ est le Maître des roses.

Si nous parvenons à être en présence de cette Rose, avec nos coeurs, nos états, nos mœurs et nos comportements, alors son odeur bénie se répandra sur nous.

Que nous sommes heureux d’être une précipitation d’eau résultant de la liquéfaction de cette rose !

D’autre part l’autre point important à noter en matière de proximité avec les vertueux est que cette unité n’est autre que l’union des cœurs.

L’union du cœur est indispensable

En comparant l’union du cœur et du corps, Sâdî Shîrazî ç s’exprime en montrant l’exemple de l’histoire des Compagnons de la Caverne, présente dans la sourate Al-Kahf :

« Le chien des Compagnons de la Caverne gagna un grand honneur par sa présence avec les vertueux, et son nom fut mentionné dans le Saint-Coran et inscrit dans l’histoire. Quant aux épouses de Nûh (Noé) et de Lût (Loth), elles furent l’objet de l’incrédulité à la suite de leur union avec les impies. » (Cf. At-Tahrim, 10).

Ces épouses de Nûh et de Lût, des prophètes vertueux, en question, étaient en apparence en leur compagnie. Mais cependant, leurs cœurs étaient attachés à celles des incrédules et des rebelles. C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’elles ont été jugées selon leurs unions cordiales et la sentence à leur encontre fut sans équivoque : « Allez en Enfer ! ».

Quant à notre mère Assiya, elle était la femme de Pharaon. Mais sa grande piété la sauva de la férocité de son mari. Son cœur était en présence de Mûsa (Moïse) u et des croyants.

Il ﷻ a donc ici un message pour nous :

Il est nécessaire de veiller à ce que notre union, seul, en famille ou en communauté, avec les vertueux soit cordial.

Pour que l’amour d’Allah ﷻ et l’amour du Prophète ﷺ puissent s’installer dans le cœur de nos enfants, nous devons mettre en œuvre des activités qui soient attachantes, agréables et évocatrices.

L’Imam Mâlik rh.a. dit :

« Durant mon enfance, à chaque fois que je mémorisais un Hadith, mon père m’offrait un cadeau. Vint une époque où même si mon père ne m’offrait pas de cadeau, le fait de mémoriser un Hadith m’apportait une saveur indescriptible.

Ainsi, l’effet du Messager d’Allah ﷺ m’affecta tant que je continuai à progresser dans la science en faisant preuve d’une grande excitation spirituelle. ».

L’Imam Mâlik rh.a. qui grandit à travers une telle éducation ainsi que l’affection que lui avait inoculée son père, devint non seulement le fameux initiateur de l’école juridique malikite, mais aussi, il compila l’œuvre intitulée « Al-Muwatta », qui est un recueil de Hadiths authentiques, reconnu et honorés par la communauté musulmane. Ainsi, il laissa cette œuvre comme héritage à cette communauté, qui représente également une aumône perpétuelle qui durera jusqu’à la fin des temps. 

Abdallāh Ibn al-Mubārak g, un savant très pieux épris du Messager d’Allah e, s’adressa à la congrégation en ces termes après la prière de l’après-midi (Al-’Asr) :

« Je m’en vais à présent m’entretenir avec le Messager d’Allah. »

Cela voulait dire que le simple fait de lire un hadith ou bien d’enseigner la science du Hadith à ses élèves était synonyme d’entretien avec notre Maître bien-aimé r.

Ce qui signifie aussi :

Qu’il est nécessaire de lire et d’étudier la vie et l’œuvre du Prophète avec rigueur et sensibilité et profondeur de cœur. 

Il est aussi impératif de lire et de méditer sur les nobles paroles du Messager d’Allah r, et ce avec une telle cohérence de cœur pour qu’Allah I nous fasse bénéficier d’une petite parcelle de tête-à tête avec lui.

Ô Seigneur ! Guide-nous vers le chemin de ceux que Tu as favorisés. Avec les prophètes, les fidèles, les martyrs et les vertueux, dirige-nous – ainsi que notre descendance – dans nos cœurs, dans notre moralité et dans nos actes !

Adjoins-nous le Jour de la Résurrection sous l’Étendard de la Louange (Liwa’ al Hamd), en compagnie du Messager d’Allah et des bienheureux qui jouiront de la présence d’Allah !

Amin !


[1].          En référence à as-Suffa – la Banquette – et par extension aux Gens de la Banquette – Ahl as-Suffa.

[2].          Litt. « Jamais nous n’abandonnerons ton camp. »

[3].          Ce terme désigne la tombe du Prophète Muhammad e se trouvant à Médine, sous le dôme vert.

[4].          L’émanation des choses créées par Allah.

[5].          Le henné est un colorant d’origine végétale obtenu à partir des feuilles séchées d’une plante odoriférante.

[6].          Un dargah (en turc : dergah) est un sanctuaire soufi bâti sur la tombe d’un personnage vénéré pour sa piété. Ce terme est utilisé dans le sous-continent indien, mais aussi en Iran et en Turquie. Il est l’équivalent du khanqah au Moyen-Orient et de la zaouia au Maghreb.

[7].          Les Tanzimat (ou réorganisation en turc ottoman) furent une ère de réformes dans l’Empire ottoman. Commencée en 1839, cette réorganisation s’acheva en 1876.

[8].          Un hâfiz est une personne qui connaît le Coran par cœur

[9].          Cela représente la comptabilisation dans l’islam des bonnes actions que l’on fait.

[10].         Un quartier d’Istanbul sur la rive droite du Bosphore.

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