La Limite du “HALAL” et la Protection Contre le “HARAM”

Jan 27, 2021 par

La Limite du “HALAL” et la Protection Contre le “HARAM”

Doç. Dr. Soner Duman

L’un des plus importants éléments de l’épreuve terrestre des êtres humains est le « gain licite ». La poursuite de notre existence dans cette vie mondaine dépend du profit et de l’utilisation des bénédictions qu’Allah ﷻ a créées pour nous. Mais cependant, en guise d’épreuve, notre Seigneur a rendu l’utilisation, la consommation et l’acquisition de certaines subsistances illicite, tandis que d’autres sont licites et autorisées.

Allah ﷻ nous a ordonné de rester éloigner des choses illicites à travers ce verset coranique :

« Mangez de ce qu’Allah vous a accordé de licite et bon, et craignez Allah en qui vous croyez ! » [Al-Ma’ïdah (La Table Servie), 88].

Dans un autre verset Allah nous ordonne de ne pas recourir aux moyens entraînant des gains illicites :

« Ne vous spoliez pas les uns les autres par des moyens injustes, n’employez pas la corruption des autorités dans le but de dépouiller sciemment les gens d’une partie de leurs biens en recourant à des procédés illégaux ». [Al-Baqarah, 2 : 188] 

Le gain licite ou illicite affecte directement la relation de l’homme avec Allah ﷻ.

Le Prophète (pbsl), en se référant à une personne qui voyage beaucoup et dont les cheveux sont ébouriffés et couverts de poussière, dit :

« S’il lève ses mains vers le ciel et fait cette invocation : Ô Seigneur, Ô Seigneur. Mais cependant, sa consommation alimentaire et sa tenue vestimentaire sont illicites. Comment sa supplication pourrait-elle être acceptée ? » [Muslim, Zakât, 65].

Les types de gains illicites

Les actes illicites, (Haram), sont les actes qu’Allah ﷻ a strictement interdits.

Pour affirmer qu’une chose est prohibée, il faut s’appuyer sur des preuves évidentes, précises et authentiques présentes dans la religion. C’est pour cela que celui qui renie volontairement une chose que la religion a prohibé ne sera plus considéré comme croyant.Dans nos livres de jurisprudences et de droits musulmans, il est précisé que l’illicite est de divisé en deux catégories.

La première consiste à ce qui est rendu illicite dès leur origine car c’est mauvais en soi.

A titre d’exemple, tuer une personne, consommer de l’alcool et du porc sont rendus illicites du fait que ce sont des actes mauvais en soi. Cette catégorie d’illicite est appelée Haram « Li Aynihi ou Li Zâtihi », ce qui signifie, illicite en soi ou illicite de par sa nature.

Quant à la deuxième catégorie elle concerne des agissements qui sont à la base licites, mais que d’autres facteurs rendent illicites.

Ils sont appelés Haram « Li Gayrihî », ce qui signifie qu’il sont rendus illicites par d’autres facteurs, et non pas de par leur nature propre. 

Par exemple le Saint-Coran interdit à une personne de faire du commerce à l’heure de la prière du vendredi. L’illicite ici n’est pas dans le commerce en soi, mais plutôt en lien avec le temps dans lequel il se pratique.

Il en est de même pour le pèlerinage ; celui qui porte l’ihram n’a pas le droit de chasser les animaux terrestres, ni de les consommer. Cet acte illicite n’est pas en relation directe avec la chasse, mais plutôt avec une situation propre à cette tenue vestimentaire.

Après la considération de ces deux catégories distinctes, on peut alors parler de trois types de gains illicites :

1. Les gains obtenus injustement et illicitement sans conventions juridiques

Ces gains sont obtenus à travers différents actes que la religion a directement interdits comme le cambriolage, le banditisme ou l’usurpation.

Celui qui a obtenu un gain à travers ces actes illicites n’a pas tenu compte du consentement de l’autre et il a ainsi violé les droits et biens de la partie adverse.

L’Islam ne s’est pas simplement contenté d’interdire ces actes, mais il a sanctionné lourdement certains d’entre eux. Les sanctions sont fixées de manière explicite par la religion. Quant aux autres actes, leurs sanctions sont déterminées par les pouvoirs publics ou prononcées par le juge. 

2. Les gains illicites obtenus à travers une convention juridique

Ces gains illicites, selon leurs préceptes, se divisent en deux catégories : La première concerne une convention entre les parties portant sur un acte ou un bien interdit par l’Islam et la deuxième quand les conditions de la convention portant sur un acte ou un bien licite n’ont pas été correctement respectées.

2.1. Les gains obtenus à la suite d’une convention juridique illicite

Faire un prêt avec intérêt, jouer aux jeux de hasards, vendre des produits illicites tels l’alcool, acquérir des gains à travers la prostitution ou la voyance et autres actes semblables à tout cela représentent un exemple pour cette catégorie. Dans toutes ces situations, bien que le consentement mutuel entre les deux parties soit présent, les gains obtenus à travers cela sont illicites, car ces actes susmentionnés sont illégitimes.

L’Islam considère ces conventions juridiques invalides et qualifie d’illicites les gains obtenus. Ainsi, il expose ceux qui agissent de la sorte à un grand châtiment dans l’au-delà. 

2.2. Les gains obtenus suite au non-respect des conditions d’une convention juridique licite.

La tricherie dans le commerce, les achats effectués à l’aide de billets falsifiés, le non-respect du droit mérité par les salariés, la trahison d’un dépôt, la violation du droit et des biens d’un orphelin placé sous sa garde, la participation à un héritage déloyal et d’autres situations similaires sont des exemples pour cette catégorie. 

L’Islam ordonne de respecter et de protéger les dépôts, de rester fidèle et d’obéir aux conventions juridiques et de se tenir éloigné de toute tricherie et de tout mensonge. Ceux qui ne respectent pas ces conditions auront obtenu des gains illicites et se verront affliger un lourd châtiment.

Sur quels points être attentif pour que les gains licites ne deviennent pas illicites ?

Voici donc les points essentiels sur lesquels il faut prêter attention afin que nos gains ne deviennent pas illicites :

Avoir une bonne intention :

La motivation d’avoir un gain ou une action ne doit pas être mue par le gaspillage, le luxe, une démonstration au sein de la société ou un amoncellement de biens.

Au contraire, l’homme doit faire des efforts avec une intention conforme pour répondre à ses propres besoins et à ceux des personnes à sa charge pour ne pas dépendre des autres. Il doit aussi accomplir les ordres de l’Islam tels que l’aumône légale, le sacrifice ou le pèlerinage.

Avoir une connaissance de la jurisprudence islamique concernant le commerce :

Afin que l’illicite ne s’entremêle à nos gains, il est nécessaire de bien connaître les différents préceptes religieux concernant le commerce et les relations entre l’employeur et l’employé. Car bien que l’intention soit bonne, si la personne ne connaît pas les lignes rouges de la religion ni les différents moyens d’acquisition des gains illicites, elle pourra à tout moment se retrouver dans une situation non conforme, c’est-à-dire dans l’illicite.

C’est pour cela qu’il est du devoir de tout musulman d’obtenir les informations nécessaires afin d’être sensible sur ce sujet et de se préserver de toutes les choses illicites.  

Respecter les droits des autres:

L’être humain souhaitant avoir son gain doit cependant garder ses distances face au non-respect des droits d’autrui tels que l’usurpation, le vol, la tricherie, les intérêts, la concurrence déloyale, la fraude en ce qui concerne le commerce.

Prêter attention au facteur de sécurité :

L’être humain doit s’abstenir de tout préjudice contre soi-même et contre les autres. Car parfois, dans le but d’obtenir beaucoup plus de bénéfices, certaines personnes osent abimer leur corps ou même ceux des employés se trouvant sous leur supervision et prennent des risques qui menacent leur propre sécurité et celle des autres. Tandis que dans l’Islam, il est strictement interdit de se nuire à soi-même et de nuire aux autres. Mais cependant, il est plutôt demandé à la personne de rester à l’écart des facteurs pouvant mettre en danger sa vie ou sa santé ainsi que celle d’autrui.

Par conséquent, les employeurs doivent assurer un environnement sûr et sécurisé tout en éliminant les différents facteurs pouvant menacer la santé et la sécurité des employés. 

Ne pas perturber ni négliger les actes d’adorations :

La principale raison de l’existence de l’homme sur Terre est d’être le serviteur d’Allah ﷻ. Par conséquent, l’homme à la recherche de son gain, ne doit pas négliger les actes d’adoration, car cette négligence serait en contradiction avec le but principal susmentionné.

De plus, les employeurs doivent établir un environnement de travail dans lequel les employés pourront accomplir les adorations obligatoires en toute tranquillité. 

Être conscient que les gains proviennent d’Allah :

La principale cause de la licéité des gains est d’avoir la conscience totale que ces gains ne proviennent pas de la personne lui-même, mais qu’ils sont plutôt une bénédiction d’Allah ﷻ.

Se préserver des gains illicites dans le commerce

L’Islam traite des relations entre l’employeur et l’employé sont traitées conformément aux principes de « justice et d’équité ». De plus, des solutions et des dispositions religieuses ont été appliquées qui ne nuisent pas à la paix sociale et veillent aux intérêts des deux parties. Par ailleurs, concernant les relations entre l’employeur et l’employé, certains nombres de responsabilités incombent aux deux parties.

1. Les responsabilités de l’employé (Les droits de l’employeur)

a) Accomplir les tâches demandées

L’employé doit accomplir avec soin et à temps les tâches telles qu’elles sont décrites dans le contrat de travail. Cette situation doit être perçue comme un dépôt. A cet égard, les traditions doivent être prises en considération. L’employé se comportant à l’encontre du contrat de travail, est tenu de réparer les différents dommages subis par l’entreprise. 

b) Obligation d’agir conformément aux instructions de l’employeur et au contrat de travail

L’employé doit agir et travailler conformément aux clauses de son contrat de travail. Il doit aussi suivre les ordres légitimes de son employeur.Mais l’employeur ne peut pas diriger le salarié vers un travail plus lourd, fatiguant et requérant plus de temps de travail que celui convenu dans le contrat. L’employé ne doit en aucun cas se conformer aux ordres de son employeur nécessitant une infraction ou un acte illégal tel que la tricherie ou le mensonge. 

2. Les responsabilités de l’employeur (Les droits de l’employé)

a) Payer le salaire

Le salaire doit être versé selon la règle  précisée dans le contrat, qui est l’obtention d’un bienfait. c’est-à-dire que si les devoirs cités dans le contrat de travail sont accomplis, l’employeur doit verser le salaire convenu. Mais si un autre accord existe, les clauses de cet autre accord doivent être respectées. 

b) Des salaires justes et suffisants

De nombreux facteurs doivent être pris en compte dans la détermination du salaire juste tel l’effort de l’employé, sa capacité, sa connaissance et son expérience ainsi que la durée et le contenu des travaux. Le salaire qui ne répond pas aux besoins obligatoires de l’employé tels que son alimentation, sa tenue vestimentaire et son logement ne peut être perçu comme un salaire juste. L’employé a le droit de demander une revalorisation de son salaire selon la progression de son expérience, de ses compétences et capacités.

c) Conditions de sécurité de travail

Les employeurs ne sont pas autorisés à forcer leurs employés à effectuer des travaux surpassant leurs efforts ainsi que ceux qui ne sont pas adaptés aux critères de l’âge et de l’aptitude physique. Ces deux parties, l’employeur et l’employé, doivent se considérer mutuellement frères et aménager leurs relations selon cette fraternité. Il doit y avoir un équilibre raisonnable entre eux en ce qui concerne les besoins primaires, l’alimentation et la tenue vestimentaire. De plus, les horaires de travail et les conditions ne doivent pas excéder les forces et capacités de l’employé. Si c’est le cas, une aide et un soutien adéquats doivent être fournis.

d) Protection des droits fondamentaux de l’employé

Au sommet de ces droits se trouve le droit à la personnalité. Le statut du salarié ne signifie pas qu’il se situe dans une classe inférieure par rapport à son employeur. Certaines différences telles que la nationalité, la couleur de peau, la langue parlée ou les biens financiers ne doivent pas être des moyens de discrimination en ce qui concerne l’emploi du personnel. L’employeur doit respecter la liberté de foi et de culte de ses employés et doit défendre leurs droits.

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