Une page du Mathnawî

Nov 9, 2013 par

Une page du Mathnawî

(Histoire du Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) venant en aide à une caravane d’Arabes qui étaient tombés dans de grandes difficultés à cause de la soif et du manque d’eau et envisageaient la mort ; les chameaux et les hommes tiraient la langue d’épuisement)

 Dans ce désert, il y avait une compagnie d’Arabes : leurs outres étaient devenues sèches par manque de pluie.

Une caravane au sein du désert dans la pire détresse – ils se préparaient à la mort.

Soudain, celui qui secourt les deux mondes, Mustafâ (Mohammad), apparut dans le chemin pour les aider.

Il vit là une très grande caravane sur le sable brûlant, partie pour un voyage dur et terrible.

Les chameaux à la langue pendante, les hommes gisant partout sur le sable.

Il eut pitié d’eux et dit : « Écoutez, que quelques-uns de vos camarades s’en aillent aussitôt et courent vers ces dunes là-bas,

« Car un Noir à dos de chameau va venir avec une outre d’eau qu’il apporte en toute hâte à son maître.

« Amenez-moi ce chamelier noir avec le chameau, par force, s’il le faut. »

Ces émissaires s’approchèrent des dunes ; au bout de peu de temps, ils virent qu’il en était bien ainsi :

Un esclave noir venait avec un chameau, l’outre pleine d’eau, comme un porteur de présents.

Alors, ils lui dirent : « L’orgueil de l’humanité, la meilleure des créatures, t’invite à te rendre dans cette direction. »

Il dit : « Je ne le connais pas : qui est-il ? » On lui dit : « C’est cet homme si doux, dont le visage est comme la lune. »

Ils lui décrivant les diverses qualités existant chez le Prophète ; il dit : Il semble que ce soit ce poète (sorcier)

« Qui a soumis des multitudes par sa magie : je ne ferai pas une demi-coudée vers lui. »

En le tirant le long du chemin, ils l’amenèrent là-bas : il poussa un cri de fureur et des injures.

Lorsqu’ils l’eurent conduit devant cet homme vénérable, le Prophète dit : « Buvez l’eau et emportez-en. »

Il satisfit la soif de tous avec cette outre ; les chameaux et chaque personne burent de cette eau.

À partir de l’eau du Noir, il remplit grandes et petites outres : de jalousie, les nuages dans le ciel étaient troublés.

Vit-on jamais une telle chose : que l’ardeur brûlante de tant d’Enfers (de soif) soit rafraîchie par une seule outre ?

Vit-on jamais que toutes ces outres puissent être remplies par une seule outre, sans difficulté ?

L’outre elle-même était un voile, et en réalité, à l’ordre du Prophète, les vagues de la générosité divine leur arrivaient de la Mer originelle.

« L’eau, en bouillant, est transformée en air ; et cet air, par le froid, devient de l’eau. »

Non ; sans cause et au-delà de ces maximes de science (naturelle), l’acte (divin) d’amener à l’existence produisit l’eau à partir de la non-existence.

Étant donné que tu as observé les causes secondes depuis ton enfance, par ignorance, tu t’es borné à cette cause.

Attaché aux causes, tu oublies le Causateur : c’est pourquoi tu t’inclines vers ces voiles.

Quand toutes les causes (secondes) auront disparu, tu te frapperas la tête en criant : « Ô notre Seigneur ! Ô notre Seigneur ! »

Le Seigneur dira : « Occupe-toi de la cause (seconde) ! T’es-tu souvenu de Mon œuvre ? Oh ! merveille ! »

Lui (qui croyait aux causes secondes) dit : « Désormais, je Te contemplerai totalement ; je ne considérerai pas la cause et cette erreur. »

Dieu lui répondra : « Ton cas est décrit dans le verset S’ils étaient ramenés sur la terre, ils reviendraient (à ce qui leur était interdit). » ô toi qui es faible dans le repentir et la vassalité.

Mais je ne ferai pas attention à cela, Je te témoignerai de la miséricorde : Ma miséricorde est abondante, Je la continuerai.

Je ne considérerai pas ton manque de fidélité, par bienveillance, Je t’octroierai le présent à cet instant même, puisque Tu m’implores.

Les gens de la caravane étaient stupéfaits de l’action du Prophète.

Ils s’écriaient : « Ô Mohammad, ô toi qui as la nature de la Mer, qu’est cela ?

« Tu as fait d’une petite outre un voile : tu as complètement désaltéré les Arabes… »

(Djalal-ud-Dîn Rumî, Mathnawî, Livre troisième, 3130-3160, Trad. Eva de Vitray-Meyerovitch)

 

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