Progéniture et Responsabilité attachée

Fév 24, 2017 par

Progéniture et Responsabilité attachée

Osman Nûri Topbaş

 Le monde d’ici-bas est un univers rempli d’épreuves, de bienfaits, d’espoir et d’illusions. Les bienfaits de ce bas-monde tels que la richesse et les enfants sont en fait des épreuves qui nous sont soumises afin de nous permettre d’acquérir un capital pour l’au-delà. Par conséquent, il est nécessaire de considérer les potentialités existantes dans ce monde afin qu’elles deviennent un moyen de gagner le bonheur dans la vie d’après. Un verset coranique dit clairement à ce propos :

« La richesse et les enfants sont des ornements du monde. Cependant, les bonnes œuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance[1]. »

 La richesse et les enfants sont considérés comme des ornements sur la voie d’Allah. Cependant, lorsque l’homme utilise ces deux éléments de manière inconsciente et avec un désir excessif, ceux-ci deviennent pour lui source de problèmes.

Les plus proches héritiers du musulman, ce sont ses enfants. Et le véritable héritage que celui-ci peut leur léguer, c’est la richesse éternelle. C’est ainsi que nous devons léguer à nos enfants un héritage sublime, imputrescible, inépuisable et éternel afin de les éloigner des plaisirs et des autres richesses éphémères. Cet héritage est celui que notre Prophète (pbsL) a laissé à sa communauté, comme le Saint Coran et la Sunna. Le transfert de cet héritage sacré à nos enfants constitue une belle et grande sadaqa jariyah (aumône permanente) pour les parents. Quant à ceux qui le négligent, c’est un grand désastre pour eux dans l’au-delà. Le verset coranique suivant en est une illustration probante :

«  Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles, d’un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres, surveillé par des Anges rudes, durs, ne désobéissant jamais à Allah en ce qu’Il leur commande, et faisant strictement ce qu’on leur ordonne[2]. »

 Le Messager d’Allah (pbsL) a déclaré que les parents ont une responsabilité commune concernant l’éducation des enfants :

« Vous êtes tous des bergers et vous êtes tous responsables de ceux qui sont sous votre garde… L’homme est le berger de sa famille et le responsable de son troupeau. La femme est la bergère de son foyer et la responsable de son troupeau[3]. »

 Il est aussi stipulé dans un autre hadith : « Prenez bien soin de vos enfants et éduquez-les bien[4] ! »

 Notons que dans certains hadiths du Prophète (pbsL), l’éducation est considérée comme l’un des actes les plus vertueux de notre religion au même titre que le jihâd. Lorsque certains compagnons (sahaba-s) qui s’apprêtaient à partir faire le jihâd se rendirent compte qu’ils n’avaient laissé personne pour s’occuper des enfants et des vieillards, certains d’entre eux furent renvoyés pour assumer cette tâche : « Rentrez auprès d’eux car le meilleur jihâd est auprès d’eux.[5] »

Un jour, un jeune homme fort, intrépide et en bonne santé se rendit auprès du Prophète (pbsL). Cela attira l’attention des compagnons et certains parmi eux dirent sans se retenir :

« Ô Messager d’Allah ! Si seulement ce jeune homme pouvait faire le jihâd sur la voie d’Allah ! »

La réponse du Prophète (pbsL) fut la suivante :

« Si ce jeune homme travaille pour ses vieux parents, il est sur la voie d’Allah. S’il travaille pour protéger son honneur et sa dignité, il est sur la voie d’Allah. S’il est sorti travailler pour garantir la nafaqa de sa famille (pour bien élever ses enfants), il est sur la voie d’Allah. Mais, s’il est sorti pour se vanter, il est sur la voie de Satan[6]. »

 Le Messager d’Allah (pbsL) a parlé de l’éducation des enfants en ces termes :

« Un père ne peut rien offrir de mieux qu’une bonne moralité à son enfant[7]. » 

 « Une bonne éducation et le choix d’un nom convenable font partie des droits de l’enfant face à son père[8]. »

 Les parents doivent être des modèles pour leurs enfants du point de vue de l’adoration, du (bon) traitement et de la bonne moralité. Ils doivent également accorder une attention particulière à leur éducation dès le plus jeune âge. Le récit suivant en est une illustration :

Lorsque ‘Adbullah ibn ‘Abbâs (r.a) était encore un enfant, il vit le Prophète (pbsL) en train d’accomplir la prière nocturne et se mit à l’imiter. Il raconta ce beau souvenir en ces termes :

« J’avais passé la nuit chez ma tante Maymouna qui était l’une des épouses du Prophète. Pendant cette nuit, le Prophète était en sa compagnie. Il dirigeait la prière du ‘icha. Il revint ensuite à la maison, fit une prière surérogatoire de quatre ra’kat, puis s’endormit un certain temps. Après cela, il se leva et je l’entendis dire à propos de moi : “le bambin s’est endormi”. Je me réveillai pour me joindre à lui pendant la prière et me positionnai à sa gauche. Il me fit passer à sa droite et nous accomplîmes une prière de cinq ra’kat. Ensuite, il fit encore une prière de deux ra’kat[9] »

 

Alors qu’il était enfant, Ibn ‘Abbâs participa aux prières de fête et aux prières mortuaires en compagnie du Prophète (pbsL). Il apprit beaucoup de sa passion pour les actes adoratifs[10].

Le Messager d’Allah (pbsL) avait l’habitude de manger en compagnie des enfants, de les observer et de corriger leurs erreurs en mettant en mouvement leur spiritualité et leur intelligence. Pour cela, il utilisait une approche vivante. ‘Umar ibn Abi (r.a) raconte l’une des observations à ce sujet :

« J’étais un enfant qui avait grandi sous le contrôle et la surveillance du Messager d’Allah (pbsL). Chaque fois que je mangeais, je promenais mes mains autour du plat. Un jour, le Messager d’Allah (pbsL) me dit :

―  Fiston ! Récite la basmala et mange ce qui est devant toi en te servant de ta main droite !

Depuis ce jour, cela devint une habitude pour moi[11]. »

Dans un autre hadith, il est rapporté que le Prophète (pbsL) avait enseigné affectueusement et gentiment à cet enfant la bienséance islamique liée à la consommation des repas en lui disant : « Viens près de la table, fiston…[12] »

Au bout du compte, les parents qui veulent avoir des enfants bien éduqués et vertueux doivent s’efforcer d’être eux-mêmes exemplaires. Le Prophète (pbsL) a dit :

« Comportez-vous intègrement avec les femmes étrangères (namahram) afin que vos femmes soient intègres. Faites du bien à vos parents afin que vos enfants vous fassent du bien. Lorsqu’une personne présente des excuses à tort ou à raison, son interlocuteur doit l’accepter. Dans le cas contraire, le contrevenant ne peut pas venir auprès de moi à la rivière de Kawthar qui traverse le Paradis[13]. »

 D’autre part, il est toujours nécessaire de toujours bien s’exprimer face aux enfants et d’éviter les imprécations coléreuses. L’exemple suivant est source de leçon :

Un jour, un homme vint auprès d’Abdullah ibn Mûbarak (r.a) pour se plaindre de la désobéissance de son enfant.

―  As-tu maudit ton enfant ? lui demanda Abdullah ibn Mûbarak

― Oui, répondit l’homme.

― C’est toi qui es la source de la désobéissance de ton fils, lui dit alors Abdullah ibn Mûbarak.

Il est également important pour les parents de ne jamais tromper leurs enfants et de toujours les habituer à la probité. Abdullah ibn Amir (r.a) raconte :

Un jour, ma mère m’avait appelé. Le Messager d’Allah (pbsL) était chez nous à ce moment-là. Ma mère me dit :

― Viens, je vais t’offrir quelque chose.

― Que veux-tu lui offrir ? demanda le Messager d’Allah (pbsL)

― Je veux lui offrir une datte.

― Sache que si tu avais l’intention de ne rien lui offrir, cela aurait été pour toi source de péchés, lui dit alors le Messager d’Allah (pbsL)[14].

Le Messager d’Allah (pbsL) a dit dans un autre hadith :

« Aidez vos enfants à faire du bien. Quiconque le souhaite peut aider son enfant à ôter de son cœur tout sentiment de rébellion[15]. »

 Il s’avère nécessaire en matière d’éducation des enfants de joindre les invocations aux efforts physiques, car l’union de ces deux éléments est indispensable. Ibn ‘Abbâs (r.a) raconte :

« Le Messager d’Allah (pbsL) me serra contre lui et fit une invocation, disant : “Ô Allah, enseigne à cet enfant la sagesse[16].” Grâce à la bénédiction attachée à cette invocation du Prophète (pbsL), Ibn ‘Abbâs devint plus tard « un savant (ouléma) interprète du Saint Coran. »

Les recommandations subséquentes formulées par les premiers grands savants qui ont suivi la génération des compagnons (sahaba) sont emplies de sagesse et de leçons à tirer.

Abû Zakaria al-Anbarî a dit :

« La science sans la morale est comme un feu sans bois ; la morale sans la science est comme un esprit sans corps. »

Le testament légué par ‘Alî (r.a) à son fils est d’une grande leçon pour nous :

« Mon fils ! Avant toute chose, crains Allah ! Obéis à tous Ses ordres ! Revitalise ton cœur en L’invoquant ! Embrasse fermement la corde d’Allah (le Saint Coran) ! Si le lien qui existe entre toi et ton Seigneur est solide, quel autre lien peut-être plus puissant que cela ?

Revitalise ton cœur en méditant sérieusement sur la mort ! Sache que toute chose est éphémère et convaincs ton cœur à ce sujet !

Écoute et comprends bien mes conseils ! Sache qu’Allah le Très-Haut détient aussi bien la vie que la mort. C’est Lui Qui donne la vie aux créatures et c’est également Lui Qui la reprend. C’est Lui Qui appauvrit les riches et c’est encore Lui Qui enrichit les pauvres. C’est de lui que provient tout désastre et toute maladie et c’est toujours Lui Qui fournit le remède et la guérison.

Quel que soit ton degré d’évolution en matière de science, tu ignoreras toujours beaucoup de choses, car il existe plusieurs réalités qui sont au-delà de la vision, de l’entendement et de la méditation humaines. Si tu acquiers un savoir, si Allah te permets d’obtenir la sagesse et de franchir certains secrets, prends garde à ne pas penser que tu les as obtenus grâce à ton propre pouvoir. Au contraire, réfugie-toi auprès d’Allah pour cela !

Que ton adoration, ta crainte et ton amour soient orientées vers Allah.

Bref, les bienfaits du monde sont (en réalité) peu (nombreux), son harmonie est succincte, son sourire est ostentatoire, le détournement de son visage est catastrophique, sa saveur et ses bienfaits sont éphémères, ses péchés et leurs conséquences sont perpétuels…. N’oublie pas qu’au seuil de toute affliction se trouvent l’amour des biens, la cupidité et l’avidité. Que ces mauvaises qualités ne trouvent pas refuge dans ton cœur ! Sois pieux et parmi les jeûneurs. Utilise au minimum les bienfaits de ce bas monde et n’en soit pas dépendant. Donne la zakat au nom d’Allah ! »

Les conseils prodigués par Cheikh Edebali à Osman Gazi qu’il considère comme son fils sont les suivants :

« Sois franc ! Ne monopolise pas la parole ! Ne dis pas (que) tu as vu ; ne dis pas (que) tu as su ! Ne fais pas régulièrement les allers-retours là où tu es aimé ; cela peut empoisonner ton affection et ta dignité…

Aie pitié de trois sortes de personnes : le savant qui se trouve parmi les ignorants, le riche qui s’appauvrit, le noble qui perd sa dignité. N’oublie pas que ceux qui occupent une position élevée ne sont pas autant en sécurité que ceux d’en bas…

La plus grande victoire consiste à se connaître soi-même. Celui qui ne se connaît pas soi-même est son propre ennemi. L’ami est celui qui se connaît. »

Similairement, Osman Gazi, dont la vie a toujours été orientée par les précieux conseils spirituels, a fait les recommandations suivantes à son fils Orhan Gazi :

« Mon fils ! Accorde la priorité à tes affaires religieuses, car l’accomplissement d’un acte d’adoration obligatoire est source de renforcement pour la religion et le pays. Pour cela, n’agis pas à tort au sujet de la liberté et de la dignité des oulémas.

Mon fils ! Dans ma dynastie, que tous ceux qui se détournent de la justice soient privés de la clémence du Messager d’Allah (pbsL).

Prends garde que ton armée et ta richesse ne deviennent source d’orgueil pour toi ! Que ma situation actuelle soit source de leçon pour toi, (moi) je suis aussi faible qu’une fourmi. Sans toutefois le mériter, j’ai bénéficié de l’honneur et des bienfaits d’Allah.

Suis mon chemin ! Protège les droits d’Allah et de Ses fidèles ! Que la génération qui te suivra puisse s’inspirer de ton modèle ! Réfugie-toi auprès d’Allah dans tout ce que tu fais. Implore Son aide et Sa protection ! «

Orhan Gazi, qui avait reçu ces conseils remplis de sagesse de la part de son père, fit les recommandations suivantes à son fils Murat Han :

« Mon fils ! Ne t’enorgueillis pas à cause de la somptuosité du sultanat ! N’oublie pas que même Suleyman (a.s) n’a pas pu demeurer dans ce monde. Son trône a été détruit par le truchement d’un sort. Tout sultanat dans ce bas monde est éphémère. La vie est une grande opportunité pour tout le monde. Profite au maximum de cette opportunité en rendant service au nom d’Allah afin de mériter la compassion du Prophète (pbsL).

Si tu regardes ce bas monde en fonction de l’au-delà, tu constateras qu’il est nécessaire de sacrifier le bonheur éternel de l’au-delà… »

L’Imam Ghazalî avait également prodigué les conseils suivants à son fils :

Ô mon fils ! Une action sans science est aussi inutile qu’une science sans action. Sache que la science qui ne t’éloigne pas des péchés et qui ne t’approche pas de l’adoration dans ce bas monde ne t’éloignera pas du feu dans l’au-delà. »

Après le règne du calife Rachid, le cinquième calife ‘Umar ibn ‘Abdulaziz, qui était un grand savant religieux et dont le règne de deux années et demie a été l’un des meilleurs, avait dès le début de son règne changé sa façon de traiter ses enfants.

Le jour où il devint calife, alors que le peuple lui faisait allégeance, le vêtement de son fils Abdul Malik se déchira à cause de la promiscuité. Voyant cela, il dit à son fils :

« Mon fils, va faire coudre ton vêtement, car à partir d’aujourd’hui tu n’auras pas d’autres vêtements et de celui-ci tu en auras besoin. »

Chaque nuit, ‘Umar ibn ‘Abdulaziz avait l’habitude de rendre visite à ses filles. Ensuite, il allait se coucher après s’être enquis de leur situation.

Un jour qu’il se rendit auprès d’elles, ces dernières se couvrirent la bouche avant d’ouvrir la porte. Lorsque ‘Umar demanda à leur gouvernante la raison de ce comportement, celle-ci répondit qu’elles avaient mangé des graines de lentilles et d’oignons. L’odeur de l’oignon ayant pu indisposer leur père, c’est la raison pour laquelle elles se couvrirent la bouche.

Devant cette attitude emprunte de dévotion, devant cette sensibilité et ces bonnes mœurs, ‘Umar ibn ‘Abdulaziz fondit en larmes et dit à ses filles :

« Mes enfants ! Votre dépendance aux bienfaits de ce bas monde, comme les diverses variétés d’aliments savoureux, aurait pu engendrer en direction de votre père des conséquences dans l’au-delà. »

Un autre jour, ‘Umar ibn ‘Abdulaziz tomba malade. Ses proches lui dirent :

―  Laisse des biens en guide d’héritage pour tes enfants !

― Mes enfants seront soit pieux soit égarés, répondit-il. S’ils sont pieux, ils n’auront nul besoin d’une telle chose. Dans les deux cas, je n’y vois aucune nécessité.

Mu’adh ibn Jabal (r.a) avait prodigué les conseils suivants à son fils :

« Mon fils ! Chaque fois que tu accomplis une prière, fais-le comme si c’était la dernière prière ! Ne garde pas espoir de vivre jusqu’à l’heure de la prochaine prière.

Mon fils ! Un croyant musulman doit faire du bien et la mort doit le trouver entre deux biens. Lorsqu’un croyant musulman accomplit un acte de bonté, il doit déjà avoir l’intention d’en accomplir davantage et ne doit pas y mêler les actes déraisonnables et mauvais. »

Tous ces avertissements et conseils sont des principes généraux de la vie qui orientent aussi bien les parents que leurs enfants sur la voie divine. Conformément à ces principes, nous devons abandonner les désirs charnels ainsi que les caprices de ce bas monde et nous préparer à rendre compte le Jour du Jugement Dernier. C’est pour cela que nous sommes obligés de méditer sur plusieurs questions telles que : sur quoi utilisons-nous notre esprit ? D’où proviennent nos biens et comment les dépensons-nous ? Qu’avons-nous fait pour nos enfants ? Sommes-nous (réellement) un moyen pour les amener au Paradis ? Bref, nous devons contribuer positivement dans toutes nos actions et tous nos mouvements. Un verset coranique dit clairement à ce propos :

« Et sachez que vos biens et vos enfants ne sont qu’une épreuve et qu’auprès d’Allah il y a une énorme récompense[17]. »

 Un enfant doit se préparer pour l’au-delà en apprenant la religion et la Sunna du Messager d’Allah (pbsL). Il doit être de bonne moralité, car cela procure le bonheur dans ce monde d’ici-bas et dans l’au-delà. D’après les dires du Messager d’Allah (pbsL) :

Après la mort d’un croyant, ses récompenses ne cessèrent pas d’augmenter. Celui-ci demanda :

―  Ô Mon Seigneur ! D’où viennent ces récompenses ?

― L’enfant pieux et bienfaiteur que tu as laissé a fait l’istighfar (la demande de pardon) et la dou’a (l’invocation) en ta faveur[18]. »

Ibn ‘Abbâs (r.a) rapporte que le Messager d’Allah (pbsL) a dit :

« L mort qui est dans la tombe est comparable à une personne qui est en train de se noyer dans la mer et qui a besoin d’aide. Il a besoin des invocations de son père, de sa mère, de son frère, de sa sœur et de ses vrais amis. Lorsqu’on fait une invocation (dou’a) en sa faveur, elle devient une aide précieuse de la part des vivants. Certes, Allah récompense à sa juste mesure les morts pour qui on fait des invocations. Le plus beau cadeau que les vivants puissent offrir aux morts consiste à faire l’istighfar (la demande de pardon) en leur faveur et à donner la sadaqa (l’aumône) en leurs noms[19]. »

 Ce qui va nous sauver dans cette situation est la sadaqa jariyah (l’aumône perpétuelle) que nous aurons laissée dans ce bas monde. Elle constitue même notre salut dans l’au-delà. L’une de ces sadaqa jariyah les plus importantes est un fils pieux. Achik pacha, l’auteur d’une œuvre soufie intitulée Garibname pense que l’espèce humaine se perpétue de quatre manières :

  1. La perpétuité de la progéniture : il s’agit des enfants d’une personne. Leur perpétuité est liée au destin, car cela peut s’arrêter un jour et nul ne sait si cette descendance sera vertueuse.
  2. La perpétuité matérielle : il s’agit des actes de bienfaisance qu’une personne a accomplis en faisant usage de ses biens. Aussi longtemps que les œuvres de cette bienfaisance continueront à être utilisées, leurs auteurs recevront des récompenses pour cela.
  3. La perpétuité à travers la guidance (irchad) : il s’agit des personnes formées par un croyant ou d’un enfant pieux laissé par un parent. Cela continue aussi longtemps que les personnes formées utilisent les connaissances acquises pour former d’autres personnes.
  4. La perpétuité de la science et du savoir : il s’agit des œuvres qui nourrissent les cœurs et les esprits sur la voie d’Allah. Ce sont les œuvres les plus fructueuses et les plus permanentes. Ce sont des œuvres adressées aux interlocuteurs inconnus et qui se perpétueront jusqu’au Jour du Jugement Dernier.

Par conséquent, les parents doivent se conformer aux éléments suivants quant à l’éducation de leurs enfants :

Il est nécessaire d’être équitable envers tous les enfants afin d’éviter de faire d’eux des envieux. Il est également nécessaire de les aider à se marier au moment opportun. Les qualités recherchées chez les mariés et mariées potentiels ne doivent pas être basées sur les valeurs mondaines, mais sur la croyance et la bonne moralité. Tout mariage qui n’est pas fondé sur les principes religieux et moraux aboutit souvent au divorce ou entraîne des afflictions qui durent toute la vie. Nous devons éloigner nos enfants des futilités, des promenades inutiles, du retour tardif à la maison et des mauvaises fréquentations. Nous devons bien les éduquer afin qu’ils puissent bien accomplir leurs devoirs envers les enseignants, les personnes âgées, les membres de la famille, les voisins, les démunis et les personnes vulnérables. Nous devons également prier pour eux. Nous devons les encourager à rendre visite aux malades et à leur faire goûter le plaisir spirituel que l’on ressent quand on fait la sadaqa. Outre l’augmentation de l’enthousiasme spirituel, nous devons leur enseigner la compassion, la bravoure, le sacrifice et même le droit public contenus dans les pages de l’histoire.

Les enfants qui prennent garde à ces éléments sont d’une grande importance pour la religion, la citoyenneté et la nation. Les conquérants et les combattants sont pour ainsi dire leurs fruits.

Combien est heureuse la mère dont le Paradis est sous ses pieds ! Combien est heureux le père dont les invocations ressemblent à celles que faisait le Prophète (pbsL) à l’endroit de sa communauté ! Combien sont heureux les parents qui ont si bien éduqués leurs enfants que ces derniers constituent (pour eux) une sadaqa jariya !

Veuille Allah le Très-Haut accorder l’Islam, l’esprit citoyen et l’amour du pays à nos enfants ! Qu’Il les protège du trouble et du malheur afin qu’eux-mêmes deviennent des sadaqa jariyah !

Amin !

[1] Al-kahf, 18 : 46.

[2] At-Tahrîm, 66 : 6.

[3] Al-Bukhârî, Wassaya, 9.

[4] Ibn Maja, Adab, 3.

[5] Voir Al- Bukhârî, Jihâd, 138, Adhân, 17, Adâb, 3; Muslim, Birr, 5; Abû Dâwûd, Jihâd, 31;

At-Tirmidhî, Jihâd, 2; An-Nasaî, Jihâd, 5.

[6] Al-Haythamî, VIII, 144; Ali Al-Muttaqî, 12/9252.

[7]At-Tirmidhî, Birr, 33/1952.

[8] Al-Bayhaqî, Shuabu’l-Iman, VI, 401-402.

[9] Al-Bukhârî, ‘Ilm, 41.

[10] Al-Bukhârî, Janaiz, 60 ; Idayn, 16.

[11] Al-Bukhârî, 2 ; Muslim, Achriba, 108.

[12] Ibn Hajar, Al-Isaba, II, 519.

[13] Al-Hakim, IV, 170/258.

[14] Abû Dâwûd, Adab, 80 ; Ahmed, III, 447.

[15] Al-Haythamî, VIII ; 146.

[16] Al-Bukhärî, Ashabu’n Nabi, 24.

[17] Al-Anfâl, 8 : 28.

[18] Ibn Maja, Adab, I ; Ahmad, II, 509.

[19] Ad-Daylamî, Musnad, IV, 103/6323 ; Ali al-Muttaqî, XV, 694 /42783 ; XV, 749/42971.

 

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