L’éducation du Prophète dans notre vie

Jan 30, 2013 par

L’éducation du Prophète dans notre vie

La Sunna, c’est le Coran vivant, c’est l’islam tel que l’a vécu le Prophète (). C’est le cadre de vie exemplaire du musulman.

 

La première génération musulmane avait eu des difficultés du fait qu’elle était appelée à croire en une nouvelle religion au sein d’une structure sociale démodée. Naturellement, dans une telle situation, il lui était devenu nécessaire de résister à toutes les réactions. Ce fut même un temps où la relation père-mère était particulièrement dégradée.

 

Cependant, ladite génération avait un avantage, le précepteur de la nouvelle religion était encore vivant, elle pouvait le voir et même lui toucher la main, ce qui voulait dire pour elle la possibilité de refonder une nouvelle nature à travers son éducation. Quand Abdullah ibn ‘Omar racontait la sensibilité de la vie imbriquée à la révélation, il disait ceci : « De peur qu’un nouveau verset ne fût révélé à notre sujet, nous évitions de nous disputer avec nos épouses. »

 

La révélation était toute brûlante.

 

Le Messager de Dieu () était au milieu d’eux en tant que précepteur désireux de sauver les gens de sa génération en les éloignant du chemin qui mène au Feu, tremblant pour eux et fournissant tous les efforts possibles pour les empêcher de s’y placer.

 

La difficulté des générations futures, après que le Messager de Dieu eût effectué son voyage dans l’au-delà, c’est le fait qu’ils ne peuvent pas vivre avec un tel « bel exemple», si ce n’est dans les livres.

 

Cette difficulté, il l’a si bien sentie qu’il a adressé des compliments particuliers à «  ceux qui sans l’avoir vu croient en lui et emboîtent ses pas ». Il les appelle « mes frères » et leur donne la bonne nouvelle « qu’il les attendra devant la piscine de Kawthar ».

 

Tout comme dans l’exemple de Hanzala (que Dieu soit satisfait de lui), et même à cette époque, être relié de cœur avec le Messager de Dieu () met en évidence la différence de consistance d’un cœur placé dans des endroits différents. Lorsque  Hanzala lui-même déclara à Abû Bakr (que Dieu l’agrée) qu’il croisa un jour en chemin : « Hanzala est devenu munafiq (hypocrite) »… et suite au pourquoi exprimée par Abû Bakr : « Parce que, répondit Hanzala, je suis différent quand je suis avec le Prophète, et aussi différent quand je m’en sépare. »

 

Cela  s’avère être en effet une différence bien marquée.

 

Pour ce fait la difficulté de la génération qui a suivi se résume au point suivant : « Être avec lui en dépit de son absence. »

 

Dans le soufisme, cette situation donne la possibilité d’une concomitance dans l’inconnu. C’est la première « montée » dont se nourrissent les amis de Dieu à travers leur chaîne initiatique (rabita), accueillie comme l’effort pour parvenir jusqu’à Dieu, le Messager de Dieu () devenant l’un des éléments majeurs d’éducation dans le soufisme.

 

Dans ce cas précis, agir pour « être avec lui en dépit de son absence », dans un sens ou autre du point de vue spirituel, serait loin d’être illusoire si toutefois l’on puisse rêver de se placer sous le parapluie de son éducation.

 

Tout en commençant par : « Il nous dit que… » nous pouvons saisir de lui des soleils pour notre vie.

 

C’est à partir de ce moment-là qu’il est à même de construire notre personnalité avec le Coran, en vertu des paroles sacrées issues de la vraie nature du « tafsir » du Coran.

 

Alors, par analogie, commençons notre agir en disant : « Il nous dit que » :

 

Il nous dit que :

 

L’islam est fondé sur cinq fondements : L’attestation de foi, la prière, l’aumône, le jeûne et le pèlerinage…

 

Il nous dit que :

 

Les principes de la croyance sont au nombre de six : La croyance en Dieu, en Ses anges, en Ses livres sacrés, en Ses prophètes, la croyance en l’au-delà, au destin et croire que le mal et le bien viennent de Dieu.

 

Et il nous dit :

 

De vivre en toute excellence dans la bienfaisance. En d’autres termes, de même que  tu  perçois Dieu, de même crée un milieu convenable dans lequel tu es certain qu’Il te voit même si toi tu ne Le vois pas.

 

Ensuite, avec l’islam, la foi et la bienfaisance, notre personnalité musulmane se tisse progressivement. Car tant que chacun n’enrichit pas son propre fond intérieur, il est impossible de parvenir à la stature consistante du vrai musulman.

 

Un verset du Coran nous rappelle ceci :

« Dire « nous avons cru en lui » ne suffit pas, cela exprime seulement l’entrée dans la famille de l’islam.  Donc, à ce stade, la foi n’a pas encore imprégné les cœurs. » La fin de l’œuvre, c’est de parvenir à « la maturité qui fait que le serviteur réagit comme s’il voyait Dieu ».

 

Pour ce fait, « la prière est le pilier de la religion » disait-il, et s’il apparaît que la prière a été accomplie de façon désordonnée, « cette prière que tu as faite n’est pas valide, refais-la. » disait–il encore. « Tu fais ta prière, mais il ne reste qu’un dixième de celle-ci dans ta main », s’adressait-il ainsi aux gens. C’est de cette manière et avec ce souci qu’il incitait les gens à refaire leurs prières. Si nos prières et nos jeûnes ne sont pas à même de nettoyer voire de purifier notre personnalité, s’ils ne nous détournent pas non plus des péchés, autrement dit si ces actes ne sont pas capables de nous amener à plus de consistance, alors « Dieu n’a que faire de nos prosternations, de nos redressements et de nos jeûnes » disait-il encore en guise de conseil. « Accomplis chaque prière comme quelqu’un qui fait ses adieux, comme si c’était ta dernière prière » disait-il aussi. À chaque prière est professée la perception de la présence divine.

 

Nous comprenons par ces paroles que le jeûne est l’éducation menant à la sujétion la plus totale. Il demande à ce que l’on tienne « la main du jeûne » de façon à pouvoir marcher jusqu’au paradis. Tout comme le fait de se laver sous une cascade d’eau pendant tout un mois, il désire que nous nous lavions continuellement, abrités sous le climat du jeûne.

 

Quand nous nous séparons d’une partie de nos biens en versant l’aumône ou autre sadaqa, s’il remarque que nous sommes retenus par notre avarice, il nous rappelle cette recommandation du Coran : « Rendez service à ceux que vous aimez juste par plaisir. »

De même il nous transmet ce cri d’appel du Coran : « N’offrez à personne à titre de sadaqa des choses dont vous-mêmes ne voulez pas ». Il nous conseille selon la prescription coranique «  d’offrir des sadaqas comme si on les remettait dans la main de Dieu. »… « Ne laisse pas tes biens dans l’impureté », disait-il aussi. Purifie-les par l’intermédiaire d’un pauvre en lui offrant l’aumône ! »

 

Accomplir un acte charitable puis par la suite un acte blâmable en matière de comportement ou de parole ne réjouit pas son cœur. Son cœur sublime n’est pas satisfait lorsque le cœur du pauvre subit une quelconque vexation.

 

Le pèlerinage, cette rencontre communautaire, vit et présente dans un état de congrès universel le message non moins universel de l’islam envoyé à l’humanité.

 

Il est le Prophète par excellence (), un homme sans péché, qui se levait les nuits et se mettait en audience dans la présence de Dieu jusqu’à ce que ses pieds enflent.

 

Il n’avait qu’un seul vœu : « Être un serviteur reconnaissant ! »

 

Nous touchons ici à la perception de l’existence, la perception de la sujétion, la perception des grâces divines ainsi qu’au sentiment de remerciement de ce qui est à l’origine de tout cela… la particularité de ce prophète suscite un interrogatoire de responsabilité quant à notre utilisation de cette multitude de grâces et vis-à-vis de  notre ego qui ne connaît aucune limite.

 

Ajoutons à cela « l’éducation du Prophète amenant à implorer le pardon de Dieu cent fois par jour ». Si même nous purifions mille fois nos mains et notre cœur, cela peut-il équivaloir une seule fois à la demande de pardon de ce prophète ? N’a-t-on pas le souci de cela ? La flamme dans l’univers de cœur des Compagnons qui commettaient de grands péchés et qui se présentaient chez le Messager de Dieu () en lui disant : « Purifie-moi ô Messager de Dieu ! » pour nos mondes d’imperfections, cela ne porte-t-il pas le moindre caractère ? À côté du Messager de Dieu (), être couvert d’impuretés et se présenter devant lui avec un cœur noirci ! Quel incident malaisé !

 

Entre l’intérêt et déclarer la guerre à Dieu, il place devant nous une relation établie du Coran, s’il fait entendre qu’il a enterré l’intérêt sous ses pieds, dans notre monde là où celui-ci remonte jusqu’à notre  cou, comment cela allait-il être ressenti ! Comment notre cœur allait-il ressentir cet avertissement originel du Coran : « Ceux qui utilisent les revenus issus des taux d’intérêts se lèveront de leurs tombes de la même manière que Satan les a heurtés…

 

De même, si la vengeance qu’il avait enfouie lors de son Pèlerinage d’Adieu est toujours accomplie traditionnellement sous forme de sacrifice, ne nous demandons-nous pas : « Ce cœur qui est au plus profond de moi, à qui appartient-il ?

 

Écouter directement des appels tels que : « Donnez-vous à Dieu, courez vers Dieu » provenant du Coran ; de la bouche du Prophète () apportera à notre cœur une émotion sans pareille.

 

Lui qui apporte ce cri divin : «Invoquez-moi et Je vous exaucerai ! » et cette information mystérieuse : « Il est avec vous où que vous soyez »…, en même temps que cette bonne nouvelle : « Il est plus proche de vous que votre veine jugulaire… et cette injonction : « Ne soyez pas des imprudents…. Ah ! Si nous pouvions avoir le cœur alourdi  par ces recommandations divines issues directement du Prophète ().

 

Qui sait à quel point cela demeure étonnant. Ces rappels : « Lis le livre », « le détenteur du jour de la religion », « likaullah », toutes ces recommandations du Coran que notre cher Prophète () nous rappelle à travers ces versets, à des moments où l’on se donne trop au monde et que l’on pense y rester éternellement !

 

Percevoir de nouveau le Coran dans le langage dans lequel le Messager de Dieu () l’a exprimé avec « Houdan lil mouttaqin », quelle belle émotion cela ferait-il naître si nous le portions au fond de nous, de concert avec les attributs de Rahim (le Tout-Miséricordieux) et de Raouf (le Très-Bienveillant) qui proviennent d’un échelon élevé, du ciel du monde de la prophétie de Muhammad Mustafa () !

Imaginons que nous nous mettions en route pour bâtir la civilisation islamique, que le danger de la vie nous serait aussi proche qu’une araignée à ses pieds et si pendant cet instant critique une gratitude nous parvenait de Lui : « Ne te fais pas de souci, Dieu est avec nous », comment en conséquence notre cœur reprendrait-il son souffle !

 

Si nous blâmons notre frère en religion à cause de sa race, de sa couleur ou de sa langue, si nous lui disons par exemple : « Fils de femme noire » en imaginant que nous ayons un nom semblable à celui d’Abû Dharr, ami du Prophète (), tâchons de saisir la teneur de la colère qui se répercuterait sur son visage béni,  sur sa parole et sur ses yeux, combien nous le regretterions.

 

Qu’est-ce qu’une fraternité islamique égale comme les dents d’un peigne ? Que signifie ce rang sublime aux yeux de Dieu ? Que signifie la qualité de la taqwa ? Quelle est cette crainte de Dieu ? Si nous discernons tout cela dans les mesures prescrites par le Coran qui reflète son langage, notre personnalité ne serait–elle pas alors pétrie différemment ?

 

En regardant nos dispersions qui nous écartent très loin les uns des autres… s’il se rend des comptes à lui-même : « Tant que vous n’aurez pas la foi, vous n’irez pas au paradis ; tant que vous ne vous aimerez pas mutuellement, vous ne serez pas de ceux qui ont vraiment cru  » en regardant nos dispersions qui nous écartent très loin les uns des autres… qu’aurions-nous fait ? S’il place un testament dans notre cœur pour que nous soyons comme les dents d’un peigne, et même s’il nous éduque pour ne jamais développer de haine entre nous et faire des dou’as pour se protéger le cœur de la haine… s’il nous dit d’être des frères et de rattacher nos mains entre elles….

 

Quand nous confondons nos amitiés avec des individus semblables au Taghout, quand nous perdons le chemin menant à la véritable amitié en tissant des relations avec les ennemis de Dieu, comment resterions-nous agités alors qu’il nous éveille aux recommandations du Coran !

 

Celui qui a dit : « Je suis le fils d’une femme qui mange de la viande séchée » malgré le fait qu’il soit le prophète d’une immense communauté, un Chef Sacré qui a accepté de coucher sur une natte qui laissait des traces sur son dos, comme nos richesses et nos apparats semblent risibles !

 

Un prophète qui cousait ses propres vêtements à la maison ! Où est même sa soi-disant attitude violente envers ses épouses ? Un chef de famille qui ne les dérangeait aucunement, même pas verbalement, voici donc ce qu’il fut… qu’en est–il de nous dans un monde où la raison s’envole lorsque la colère s’installe ? Ne pas négliger sa responsabilité familiale même quand on est chargé d’un devoir aussi important que la prophétie, comment cela pourrait-il donner une nouvelle orientation à notre égarement entre notre famille, notre travail et notre cause ?

 

Tendre.

 

Digne.

 

Humble.

 

Sympathique.

 

Raouf.

 

Rahim.

 

Un caractère exceptionnel doté de toutes les beautés de la morale.

 

Si nous entendons cet appel : « Si vous aimez vraiment Dieu, suivez-moi, Allah vous aimera  alors et vous pardonnera vos péchés », restons voir comment nous allons nous précipiter avec force pour nous jeter dans cet océan d’amour…

 

*****

« Contentez-vous de ce qu’il vous donne, préservez-vous aussi de ce qu’il interdit » dit en substance le Seigneur de l’univers dans le Coran.

De par sa vie, il () est le pourvoyeur de toutes les beautés.

Et même après qu’il eût vécu, il demeure avec ces beautés.

Il a vécu avec le Coran.

Il a vécu le Coran de la façon la plus exemplaire.

La génération au sein de laquelle il a vécu l’a tant aimé qu’elle a tout sacrifié pour lui ; elle l’a bien compris et a vécu dans l’effort de s’unifier…

Cela est devenu la moralité de toute une communauté.

Cela a été pour toutes les générations le dépôt de l’éducation d’une communauté.

« Se rattacher à sa communauté », c’est de fait se servir de cette éducation.

C’est porter sa lumière dans notre cœur.

C’est éclairer notre chemin par sa lumière.

Quel bonheur pour ceux qui achèvent leur voyage dans ce monde en se référant à lui.

Quel bonheur pour ceux qui ont achevé leur voyage dans ce monde sous la bannière de liwa’ al-hamd (l’étendard de la louange).

Veuille notre Seigneur nous accorder l’opportunité de boire l’eau qui coule de ses doigts, puisé dans le fleuve qui traverse le paradis.

Ahmet Taşgetiren

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