La Famille dans le Coran et la Sunna

Fév 24, 2017 par

La Famille dans le Coran et la Sunna

Mohamed ROUSSEL

بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمـَنِ الرَّحِيمِ

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا قُوا أَنفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَارًا وَقُودُهَا النَّاسُ وَالْحِجَارَةُ عَلَيْهَا مَلَائِكَةٌ غِلَاظٌ شِدَادٌ لَا يَعْصُونَ اللَّهَ مَا أَمَرَهُمْ وَيَفْعَلُونَ مَا يُؤْمَرُونَ

« Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles, d’un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres, surveillé par des Anges rudes, durs, ne désobéissant jamais à Allah en ce qu’Il leur commande, et faisant strictement ce qu’on leur ordonne[2] .»

Comme dans les communautés ayant précédé la révélation coranique, la famille est le noyau de la société. Si la famille vit dans un environnement de soumission (silm) envers son Créateur et Législateur, la société n’en sera que meilleure. Mais si c’est l’inverse, la société souffrira de maux tels que la violence, la perversion, le vol et autres faits nocifs à son bon état.

L’Islam, règle de vie et guide de conduite vers la belle éternité, comme le décrit si bien notre guide spirituel Cheikh Osman Nuri Topbaş Hoca Efendi : « le Saint Coran, la seule « carte routière » qui oriente vers la guidance et le bonheur »[3], place des règles et normes concernant la société et ses composantes. Pour résumer ces  règles et normes dans cet article, comme de nombreux écrits relatent la famille et ses devoirs dans un aspect général, nous allons suivre le processus de la fondation de la famille en partant de l’enfant et en rappelant les concepts coraniques et de la Sunna sur le sujet.

LA GROSSESSE

Le Prophète (pbsL) nous a enseigné la manière de nous comporter avec notre Seigneur Allah et au cours de ces étapes importantes de notre vie que sont la grossesse, la naissance, etc. :

Selon l’Imam al-Sadiq رَحْمَتَ الله عَلَيْهِ: Le Prophète (pbsL) a dit à Oumm Salamah :

« Ô Oumm Salamah ! Lorsque la femme tombe enceinte, elle obtient la rétribution spirituelle (ajr) de quelqu’un qui fait le jihad avec sa personne et ses biens pour la Cause d’Allah et lorsqu’elle accouche, on lui dira : « Allah t’a pardonné tes péchés ! Continue donc ton travail! ». Quand elle allaitera, elle obtiendra pour chaque tétée la rétribution spirituelle accordée à l’affranchissement de l’un des enfants d’Ismâ‘îl[4]. »

LES RAPPORTS CONJUGAUX

Mais avant la grossesse, il est bon de rappeler les recommandations prophétiques portant sur les rapports conjugaux.

Selon Ibn ‘Abbas (RA), le Prophète ( ) a dit : « Si l’un de vous disait avant d’avoir des rapports avec sa femme: « Au nom de Dieu, Seigneur Dieu ! Éloigne de nous le Diable. Éloigne le Diable de la progéniture que Tu nous as donnée», et si Dieu leur a prédestiné un enfant, le Diable n’aura pas d’emprise néfaste sur lui[5].»

Cette invocation précisée, il est bon de noter que le Saint Coran nous communique des invocations faites par les prophètes pour qu’ils aient une descendance pieuse et rappelées dans les versets suivants :

 Invocations prononcées par Zacharie :

« Et Zacharie quand il implora son Seigneur : Mon seigneur ne me laisse pas seul, tu es le meilleur des héritiers[6]. »

 « Seigneur accorde moi une descendance vertueuse, tu es celui qui exauce les prières[7]. »

 « Seigneur, dit-il, mes forces déclinent, ma chevelure s’illumine de blancheur. Et jamais, Seigneur, je n’ai été déçu en T’adressant mes prières Je crains mes héritiers, après ma mort, car ma femme est stérile. Accorde-moi, par un effet de Ta grâce, un successeur, Qui héritera de moi et de la famille de Jacob. Et fais, Seigneur, qu’il soit agréé de Toi[8] ! »

  • Invocation d’Ibrahim par laquelle Allah lui accorda Ismaïl :

 « Seigneur accorde moi une vertueuse postérité[9]. »

LORSQUE LA GROSSESSE COMMENCE.

L’Imam Al-Ghazali قدس سرّه et d’autres savants musulmans, des scientifiques et des médecins contemporains, s’accordent sur le fait que toutes les pensées de la future maman durant les premiers mois de sa grossesse ont un gros impact sur l’enfant qui se développe alors dans son ventre. Si elle se souvient d’Allah fréquemment, l’enfant sera pur, protégé, et éclairé par les lumières du rappel d’Allah ainsi que cette demande de protection auprès d’Allah.

Les savants recommandent aux femmes enceintes d’augmenter leur dhikr et leur récitation du Coran afin que ces derniers pénètrent profondément dans l’essence de l’enfant.

C’est ainsi qu’une fois encore le Saint Coran nous révèle des invocations faites par les ascendants des prophètes dont voici cet exemple :

  • Invocation de la femme d’Imran et mère de Maryam

 « Seigneur, je T’ai voué en toute exclusivité ce qui est dans mon ventre. Accepte-le donc, de moi. C’est Toi certes l’Audiant et l’Omniscient[10]. »

Enfin le Coran nous instruit sur l’invocation de tout être humain désirant une naissance :

 « C’est Lui qui vous a créés d’un seul être dont il a tiré son épouse, pour qu’il trouve de la tranquillité auprès d’elle; et lorsque celui-ci eut cohabité avec elle, elle conçut une légère grossesse, avec quoi elle se déplaçait (facilement). Puis lorsqu’elle se trouva alourdie, tous deux invoquèrent leur Seigneur : « Si Tu nous donnes un (enfant) sain, nous serons certainement du nombre des reconnaissants »[11]. »

Une fois cités, ces exemples coraniques qui soit-dit en passant justifient les recommandations des savants musulmans évoquée ci-dessus, il convient de se rapporter à la tradition prophétique (Sunnah).

Et comment ne pas évoquer l’attitude du Prophète (pbsL), modèle de comportement :

Fatima-Zahra (c), la fille du Prophète (pbsL) rapporte ceci : « À l’approche de son accouchement, le Prophète a ordonné à Umm Salamah et Zaynab Bint Jahsh  de se rendre au chevet de sa fille Fatima  et de réciter sur elle Âyatul-Kursî, le verset 3 de la sourate Yûnus ainsi que les versets des deux dernières sourates du Coran. »  (Ce hadîth est recensé par Ibn al-Sunni[12]).

Ainsi donc se trouvent évoquées les périodes qui précèdent la mise au monde du nouveau-né.

L’ENFANTEMENT ET LA NAISSANCE DU NOUVEAU-NÉ

Lire l’appel à la prière (adhan) dans l’oreille du nouveau-né :

Cette pratique, bien que réfutée par certains savants salafistes, est basée sur plusieurs récits considérés authentiques tels que :

‘Ubayd Allah ibn Abi Râfi’ a rapporté de son père : « J’ai vu le Messager d’Allah faire l’appel à la prière dans l’oreille d’al-Hasan ibn ‘Ali  lorsque Fatima le mit au monde[13]. »

Le Tahnikh (placer une datte mâchée, du miel dans la bouche du bébé) :

Il est souhaitable de prier pour l’enfant et de lui mettre des dattes dans la bouche.

Selon Abû Mûsâ (RA) : « J’ai eu un enfant, et je l’ai amené au Prophète qui lui a donné le nom d’Ibrahim, lui a mis des dattes et a prié pour lui et me l’a redonné[14]. »

Donner un nom à l’enfant au 1er ou au 7ème jour de sa naissance :

On a rapporté d’après Anas ibn Malik t que le Prophète (pbsL) a dit : «J’ai eu un enfant et je lui ai donné le nom de mon père[15]. »

Aïcha © a dit : « Le Prophète a baptisé Hassan et al Husayn au septième jour (de leur naissance) et il leur a donné un nom[16]. »

Le baptême, le rasage de la tête du nouveau-né :

Selon Salman Ibn ‘Amer (RA) le Prophète (pbsL) a dit : « L’enfant a droit au baptême ; faites couler du sang et enlevez-lui les impuretés[17]. »

Selon Samoura ibn Joundoub (RA): Le Prophète (pbsL) a dit : « Tout enfant est un gage avant son baptême, on immole pour lui au septième jour, on lui donne un nom et lui rase la tête[18]

La circoncision :

Elle est nécessaire pour purifier l’enfant et lui donner une condition pour pouvoir faire une prière correcte.

Selon Abû Hurayra : « Cinq (actes) font partie de la religion : circoncire, faire le deuil, épiler l’aisselle, tailler les ongles et couper les moustaches[19]. »

L’ATTENTION ET L’ÉDUCATION MORALE, SPIRITUELLE ET PHYSIQUE

Avoir des enfants est une bénédiction d’Allah et les parents doivent prendre soin d’eux, car c’est une responsabilité qu’Allah leur a confiée comme ce hadîth l’illustre à la perfection :

Selon Ibn ‘Omar (RA), le Prophète (pbsL) a dit : «Vous êtes tous des bergers et vous êtes tous responsables de l’objet de votre garde. Le chef est un berger, l’homme est le berger de sa propre famille, la femme est la bergère de la maison de son mari et de ses enfants. Vous êtes tous bergers et vous êtes tous responsables de l’objet de votre garde». (Unanimement reconnu authentique).

Ce récit vient en totale confirmation et explication du verset 6 de la sourate At Tahrîm (66) déjà citée ci-dessus.

Venons- en donc à ce devoir d’éducation. Le devoir d’éducation commence par une bonne hygiène alimentaire de l’enfant, et tout d’abord par l’allaitement du bébé par sa mère ; ce que l’Islam préconise.

L’allaitement :

Dieu, le Très-Haut, dit : « Et les mères, qui veulent donner à leurs bébés un allaitement complet, l’allaiteront pendant deux années complètes[20]. »

Ibn Kathir رَحْمَتَ الله عَلَيْهِ écrit à ce sujet :  » C’est là une directive de Dieu pour les femmes afin qu’elles allaitent leurs bébés deux ans durant, c’est-à-dire la durée d’un  allaitement complet. »

C’est au cours de cette  période, en effet, que l’enfant a le plus besoin du lait de sa maman  et nécessaire à son développement physique et psychique. Il faut signaler que les ulémas sont divisés sur la question, certains jugeant que c’est une obligation (wajib) pour la mère et d’autres une forte recommandation (mandûb).

Quoi qu’il en soit, la mère est responsable de son enfant. Des études scientifiques effectuées à travers le monde ont montré l’importance de l’allaitement maternel durant les deux premières années de l’enfant et sa contribution à son  épanouissement.

Au-delà de ce fait, il faut indiquer que l’enfant a besoin, dès son premier jour d’existence,  de tendresse,  d’affection et de compassion, à plus forte  raison de la part de sa mère.

La tendresse et l’affection :

L’enfant en a besoin autant que de la nourriture et l’eau. La femme naturellement tendre pour son enfant, lui apporte toute son affection et sa compassion jumelée à celle du père, car comme le Prophète (pbsL) l’a dit : « Celui qui n’est pas compatissant, Dieu ne sera pas compatissant à  son égard. »

L’explication de ce hadîth est la suivante :

Abû Hurayra (RA) a dit : « L’Envoyé de Dieu embrassa son petit-fils Al-Hasan, alors qu’Al Aqra’ Ibn Hâbis qui était avec lui dans sa maison dit : “Ô Prophète de Dieu ! J’ai dix  enfants, et je n’ai jamais embrassé l’un d’eux.”  Le Prophète  (l) le regarda étonné puis lui  dit : “Celui qui n’est pas compatissant, Dieu  ne sera pas compatissant à son égard [21]”. »

Le récit suivant démontre la tendresse du Prophète (pbsL) envers les  enfants :

Selon Usama Ibn Zayd (RA) : « Le Prophète mettait Al Husayn sur sa cuisse et Al Hasan sur l’autre cuisse, alors qu’ils étaient encore enfants. Puis il les étreignait en disant » : « Ô Dieu, sois compatissant avec eux, car je le suis avec eux[22]. »

L’ÉDUCATION

Dieu a imposé aux parents l’obligation d’élever leurs enfants et de leur donner une éducation saine jusqu’à ce qu’ils atteignent leur maturité. L’importance de l’éducation est soulignée par ce hadîth du Prophète (pbsL) qui a dit : « Chaque enfant, à sa naissance, naît selon le plan de Dieu et ses parents en font un juif, un chrétien  ou un mage…[23] »

Les enfants naissent au monde avec des prédispositions pour le bien et le mal, et c’est aux parents qu’incombe la mission de les orienter dans la voie du bien et de leur donner une bonne éducation. Cette éducation doit nécessairement englober le domaine physique,  intellectuel et spirituel, afin que l’enfant puisse devenir un être mûr et responsable.

Après les devoirs des premières années de la vie de l’enfant viennent ceux inhérents à la deuxième phase de sa vie, l’éducation corporelle, intellectuelle et spirituelle.

Al Ghazalî قدس سرّه consacre un passage de son œuvre « Revivification des sciences religieuses » à l’éducation des enfants:

« Sache que l’apprentissage des enfants  est une mission très difficile et très importante. L’enfant est un dépôt entre les mains de ses parents. Son cœur encore pur est une perle précieuse et candide, vide de toute gravure et image, apte à en recevoir et à être  influencé par tout ce qui a force d’influence. S’il est élevé et habitué dans la voie du bien et de la connaissance, il grandira ainsi et sera bienheureux ici-bas et dans l’au-delà. La récompense de ses actes, il la partagera avec ses parents et tous ceux qui l’ont  éduqué. En revanche, s’il est éduqué et élevé dans la voie du mal et y est négligé comme une bête, il grandira ainsi et sera misérable et perdant. Le fardeau de ses crimes, il le partagera avec ses tuteurs et ceux qui l’ont éduqué… Autant le père protège ses enfants du feu de la vie ici-bas, autant leur protection du feu de l’au-delà est primordiale ; leur protection consiste évidemment à leur enseigner les bonnes actions et à leur éviter les mauvaises fréquentations[24]»

  1. L’éducation corporelle

Parmi ce que les parents doivent prendre en considération dans l’éducation corporelle de l’enfant, voici résumés les conseils et recommandations que nous a laissés le Prophète (pbsL) :

  1. a) L’hygiène et la propreté

L’importance de la propreté est telle en islam que le Messager de Dieu  (pbsL) a dit : « La propreté  est la moitié de la foi[25]. »

Parmi ces règles concernant l’hygiène et la propreté on peut énumérer en résumé ce fait que l’enfant doit apprendre de ses parents :

 Éloigner la souillure due à l’urine :

Pour illustrer cela, voyons le récit d’Ibn ‘Abbas : « L’Envoyé de Dieu, passant auprès de deux tombes, dit : « En voici deux qui ont été châtiés ; celui-ci ne se garantissait pas contre la souillure de son urine ; celui-là s’en allait dire du mal d’autrui. »

Il demanda un rameau de palmier frais, le partagea en deux, et en planta un sur chaque tombe, puis il dit : « Peut-être que ceci allégera le poids de leurs souffrances tant que ces deux rameaux ne seront pas desséchés[26]. »

 Se nettoyer les dents plusieurs fois par jour.

L’intérêt que l’Islam porte à la propreté des dents est immense, à tel point que le Prophète (pbsL) a dit : « Si je n’avais la crainte de mettre ma communauté dans l’embarras, je lui ordonnerais de se curer les dents avant chaque prière[27]. »

 Comment faire leurs ablutions, car la prière est obligatoire dès l’âge de sept ans. En outre, les ablutions sont la meilleure preuve de l’incitation de l’Islam à la propreté.

 Prendre des bains et à effectuer le lavage rituel (ghusl), car ses actes engendrent la propreté et la propreté est nécessaire à la santé et au bien-être.

 Faire attention à la propreté de ses habits car Allah dit : « Tes vêtements, purifie-les[28]. »

  1. b) L’alimentation

Parmi les choses importantes que les parents doivent prendre en considération dans la nourriture de ses enfants, citons :

Qu’elle soit licite, nutritive, non nuisible à la santé et contienne les ingrédients nécessaires à la bonne croissance des enfants.

Allah instruit : « Ô gens ! De ce qui existe sur la terre, mangez le licite et le pur […] »[29]

D’après Jaber (RA) le Prophète (pbsL)  a dit : « L’accès au paradis est refusé à toute chair qui s’est accrue grâce à la nourriture mal acquise. Le feu sera plus prompt à la recevoir[30]. »

 La modération dans la nourriture et la boisson :

Le Saint Coran décrit à plusieurs reprises les croyants comme enclins à la modération:

« Qui, lorsqu’ils dépensent, ne sont ni prodigues ni avares, mais se tiennent au juste milieu[31].”

La modération en tout (y compris l’alimentation) fait donc partie des qualités des croyants. Le musulman ne mange pas jusqu’à l’indigestion, car le Prophète (pbsL) a dit :

« Le pire des récipients que pourrait remplir le fils d’Adam est son ventre. Pourtant, quelques bouchées de nourriture suffisent aux enfants d’Adam pour vivre. »[32]

On peut citer parmi les bonnes manières alimentaires, outre ce qui a été cité ci-dessus, le fait d’enseigner aux enfants dès leur plus jeune âge les « bonnes manières à table » que sont :

  • Prononcer la basmala avant de commencer à manger,
  • Manger avec la main droite,
  • Prendre ce qu’on a devant soi.

Dans ce récit, ‘Umar Ibn Salama est d’autant plus clair : « J’étais en train de manger assis sur les genoux du Prophète et je passais ma main d’un côté à l’autre du plat, lorsque celui-ci me dit : « Eh petit ! prononce le nom de Dieu, mange avec ta main droite et prends ce qu’il y a devant toi. »

 L’éducation intellectuelle

Dieu a favorisé l’être humain par rapport aux autres créatures en le dotant de la raison, sans contexte le plus grand des bienfaits. C’est pour cela que la formation intellectuelle de l’enfant est d’une importance capitale. Les parents doivent prendre soin à  instruire leurs enfants. Cela comporte l’orientation vers la réflexion et la méditation par l’observation de la nature et la beauté de la création à propos de laquelle le Saint Coran décrète :

 « En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence, qui, debout, couchés sur leurs côtés, invoquent Dieu et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : « Notre Seigneur ! Tu n’as pas créé cela en vain. Gloire à Toi ! Garde-nous du châtiment du Feu[33]. »

 Il leur incombe aussi d’habituer ses enfants aux invocations de Dieu en toutes circonstances afin qu’ils s’en imprègnent dans tous les domaines de sa vie.

 L’éducation spirituelle

S’occuper uniquement de l’hygiène du corps et négliger l’aspect spirituel peut entraîner un grave déséquilibre dans la vie de l’être humain. De même, en s’occupant que des aspects physiques et intellectuels et en négligeant l’aspect spirituel, on  risque aussi d’amputer l’homme d’une dimension fondamentale de sa personnalité et d’orienter ces deux premiers aspects vers ce qui est nuisible aux hommes et à la société.

C’est par l’éducation spirituelle que l’être humain peut atteindre les belles vertus et comprendre le sens du bien. C’est grâce à elle que l’enfant peut connaître le sens du mal et s’en détourner. Quant aux règles de cette éducation, on peut les résumer comme suit :

 Apprendre à l’enfant les principes de la foi islamique dès son jeune âge :

La foi authentique, support fondamental de l’Islam, est la source de toutes les vertus ; en bref, c’est le pivot central de la religion. En l’apprenant, l’enfant grandira en musulman exemplaire, pieux, sincère, vertueux, fort, honorable, courageux, comptant sur Dieu et sans fatalisme.

Préparer l’enfant aux actes d’adoration que sont la prière, le jeûne, la zakât et le hadj.

Eduquer les enfants dans la morale islamique.

À cet égard, il faut toujours montrer devant ses enfants la valeur des vertus et le méfait des mauvais penchants. La vertu  (ihsân) est considérée comme le troisième fondement de l’Islam après la foi et les actes d’adoration.

Le Prophète (pbsL) n’a-t-il pas dit :

– « Je suis envoyé pour parfaire les belles vertus. »

–  Les plus vertueux d’entre vous seront les plus proches de moi le jour de la résurrection[34]. »

Les chapitres précédents ont été détaillés, car dans le cadre de l’évocation du sujet de la famille dans le Coran et la Sunna, ils ne sont que peu ou pas évoqués. En revanche, les chapitres concernant le mariage, le devoir des enfants et l’attention envers les parents étant très souvent détaillés, je me contenterais uniquement de citer quelques versets du Coran et hadîths sur le sujet sans entrer dans les détails et explications.

LE MARIAGE

Le mariage est encouragé par le Messager d’Allah (pbsL) qui a dit selon Ibn Mas’ûd (RA) :

 « Ô vous les jeunes ! Celui d’entre vous qui en a les capacités, qu’il se marie, car ceci va lui faire baisser le regard et est plus chaste pour le sexe. Et celui qui n’en a pas la capacité alors qu’il jeûne, car le jeûne sera pour lui une protection[35]. »

 Règles entourant le mariage selon le Saint Coran :

  « Et n’épousez pas les femmes associatrices tant qu’elles n’auront pas la foi, et certes, une esclave croyante vaut mieux qu’une associatrice, même si elle vous enchante. Et ne donnez pas d’épouses aux associateurs tant qu’ils n’auront pas la foi, et certes, un esclave croyant vaut mieux qu’un associateur même s’il vous enchante. Car ceux-là [les associateurs] invitent au Feu; tandis qu’Allah invite, de par Sa Grâce, au Paradis et au pardon. Et Il expose aux gens Ses enseignements afin qu’ils se souviennent[36] ! »

Quels sont les critères qui définissent le choix de l’épouse ? Le Saint Prophète (pbsL) a fait cette recommandation selon Abû Hurayra (RA) :

 « On épouse une femme pour quatre raisons : pour son argent, pour sa classe sociale, pour sa beauté et pour sa religion ;  choisis plutôt celle qui est pieuse[37]. »

Mariages prohibés : Ce sujet a été maintes fois traité, aussi nous ferons l’impasse sur le point.

LE DEVOIR DU MARI

 « Et parmi Ses signes Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent[38]. »

Le Saint Coran définit ainsi les relations maritales comme étant des relations d’affection, de bonté et de tranquillité. Le Saint Prophète Muhammad (pbsL) a d’ailleurs défini selon Abû Hurayra (RA) le bon croyant comme suit : « Le Croyant qui a la foi la plus parfaite est celui qui a le meilleur caractère. Les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leurs femmes[39]. »

LE DEVOIR DE LA FEMME

Selon Ibn ‘Omar (RA), le Prophète (pbsL) a dit : « Vous êtes tous des bergers et vous êtes tous responsables de l’objet de votre garde. Le chef est un berger, l’homme est le berger de sa propre famille, la femme est la bergère de la maison de son mari et de ses enfants. Vous êtes tous bergers et vous êtes tous responsables de l’objet de votre garde[40]. »

LE DEVOIR DES PARENTS

D’entretien: Selon Abû Mas’ûd al-Badrî (RA), le Messager de Dieu (pbsL) a dit : « Quand l’homme fait une dépense pour sa famille, y recherchant la satisfaction de Dieu, cela lui est compté comme aumône[41]. »

D’éducation : Selon Abû Thurayya al-Juhannî (RA), le Messager de Dieu ( ) a dit : « Enseignez la prière à l’enfant quand il a sept ans…[42] »

Autres paroles du Messager de Dieu (pbsL) :

« Honorez vos enfants et donnez-leur une bonne éducation[43]. »

« Rien de ce que le père laisse à son enfant ne vaut un bon comportement[44] . »

L’intérêt de l’Islam pour l’éducation des enfants est tel qu’on considère qu’éduquer son enfant est plus méritoire que de donner des aumônes comme l’a indiqué le Prophète (pbsL) selon Sammâk Ibn Harb رَحْمَتَ الله عَلَيْهِ qui le tient de Jabir Ibn Samra(RA) :

« En éduquant son enfant, l’homme a plus de mérite qu’en donnant l’aumône[45]. »

De bonté et d’équité : « Craignez Dieu et soyez équitables envers vos enfants. »[46]

D’autres récits sur cet aspect ont déjà été évoqués précédemment.

LE DEVOIR DES ENFANTS

Les trois hadîths prophétiques suffisent à comprendre les devoirs des enfants :

« Il y a quatre types de personnes qu’Allah ne fera pas entrer au Paradis et qui ne bénéficieront pas de Ses grâces : L’alcoolique, celui qui jouit de l’usure [les intérêts], celui qui s’approprie les biens de l’orphelin et les enfants qui se rebellent contre leurs parents[47]. »

Selon Abû Hurayra (RA), un homme vint auprès du Messager de Dieu et lui dit : « Ô Messager de Dieu ! Quel est celui qui mérite le plus que je lui tienne compagnie?» Il dit : «Ta mère ». Il dit : « Et qui encore ?» Il dit : «Ta mère ». Il dit : «Et qui encore?» Il dit : «Ta mère». Il dit : « Et qui encore ?» Il dit : «Ton père »[48]. »

Autre citation prophétique :

« Les petits enfants sont les protégés du Paradis. Si l’un d’eux rencontre ses parents, il le tirera par ses vêtements. Et il [l’enfant] n’enlèvera pas sa main jusqu’à ce qu’Allah fasse entrer ses parents au Paradis.[49]. »

Et enfin il ne faut surtout pas oublier l’importance de la reconnaissance due à ses parents et expliquée comme suit :

Selon Abû Hurayra (RA), le Messager de Dieu (pbsL) a dit : « Un enfant ne peut s’acquitter de sa dette vis-à-vis de son géniteur à moins que, le trouvant esclave, il le rachète et l’affranchit[50]. »

LA VIEILLESSE DES PARENTS

Et pour terminer la vie de l’être humain, il faut rappeler ces injonctions coraniques :

  « Nous avons commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et mère; sa mère l’a porté [subissant pour lui] peine sur peine: son sevrage a lieu à deux ans. » Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est la destination[51]. »

 « Et ton Seigneur a décrété : « n’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère: si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi; alors ne leur dis point: « Fi! » et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. »

 « Et par miséricorde; abaisse pour eux l’aile de l’humilité; et dis : « O mon Seigneur, fais-leur; à tous deux; miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit[52]. »

[1] Source d’une partie : Extraits de « Droits et Devoirs de la Femme en Islam à la lumière du Coran et de la Sunna », Fatima Naseef –Éditions Tawhid.

[2] Saint Coran, Sourate At-Tahrîm (66,) verset 6.

[3] Méditation sur l’univers, l’homme et le Coran, Osman Nuri Topbaş, Ed. Erkam Yayinlari, p. 6.

[4] Abû Dawûd (3111) selon lequel le Prophète (pbsL)  a dit : « Est martyr la femme qui meurt porteuse ».

[5] Hadîth unanimement reconnu authentique source: Riyad as-Salihin (Français), Hadîth 1445, p. 362.

[6] Saint Coran, sourate Al-Anbiya (21), verset 89.

[7] Saint Coran, sourate Al-’Imrân (3,) verset 38.

[8] Saint Coran, sourate Maryam (19), versets 4- 6.

[9] Saint Coran, sourate As-Saffat (37), verset 100.

[10] Saint Coran, sourate Al-’Imrân (3,) verset 35.

[11] Saint Coran, sourate Al-Araf (7), verset 189.

[12] Abû Bakr Ahmed ibn Muhammad رَحْمَتَ الله عَلَيْ surnommé Ibn Sunni, fut élève d’An-Nasaïرَحْمَتَ الله عَلَي.

[13] Rapporté par Ahmad, Abû Dawûd, At-Tirmidhî qui a classé le hadîth Hasan-Sahih. L’imam al-Nawawi رَحْمَتَ الله عَلَيْهِ a dit dans son livre « al-Madjmû’ » que le hadîth de Abi Râfi’ est authentique.

[14] Rapport par Al-Bukharî, 5150 et Muslim ,2145.

[15] Rapporté par Muslim, 3126.

[16] Rapporté par Ibn Hibban (12/127), Al-Hakim, (4/266) et authentifié par Ibn Hajjar dans Fath al-Bârî 589/9.

[17] Rapporté par At-Tirmidhî ,1515), An-Nasaî, 4214, Abû Dawûd, 2839, Ibn Maja, 3164.

[18] Rapporté par At-Tirmidhî, 1522, An-Nasaî, 4220, Abû Dawûd, (2838).

[19] Rapporté par Al-Bukharî (5550) et Muslim (257).

[20] Saint Coran, sourate Al-Baqara (2), verset 233.

[21] Al Bukharî, Al Jami’ Sahih, p. 75, Tome 7.

[22] Al Bukharî, Al Jâmi’ Sahih, p. 76, Tome 7.

[23] Nawawi,  Sharh Sahih Muslim, p. 512, Tome 5.

[24] Al-Ghazâlî, Revivification des sciences religieuses, p. 72, Tome 3.

[25] Nawawi, Sharh Sahih Muslim, Tome 4.

[26] Nawawî, Sharh Sahîh Muslim, p. 200, Tome 3.

[27] Nawawî, Sharh Sahîh Muslim,  p. 143, Tome 3

[28] Saint Coran, sourate Al-Muddathir (74), verset 4.

[29] Saint Coran, sourate Al-Baqara (2), verset 168.

[30] A.Tabrizi, Mishkat Al Masâbîh, revu par Albani, p. 845.

[31] Saint Coran, sourate Al-Furqan (25), verset 67.

[32] At-Tirmidhî, Sunan, N°2380.

[33] Saint Coran, sourate Al-Imrân (3), versets 190-191.

[34] Ibn Al Athîr, Jami’ Al Usul, p. 6, Tome 4.

[35] Sahih Bukharî, n°5065; Sahih Muslim n°1400.

[36] Saint Coran, sourate Al-Baqara (2), verset 221.

[37] Sahih Bukharî n°5090; Sahih Muslim n°1466.

[38] Saint Coran, sourate Ar-Rûm (30), verset 21.

[39] Hadîth rapporté par At-Tirmidhî.

[40] Hadîth unanimement reconnu authentique.

[41] Hadîth unanimement reconnu authentique.

[42] Rapporté par Abû Dawûd et At-Tirmidhî.

[43] İbn Maja, Sunan, p. 1211, Tome  1.

[44] At-Tirmidhî, Sunan, p. 338, Tome 4.

[45] At-Tirmidhî, Sunan, p. 338, Tome 4.

[46] Al-Bukharî, Al Jâmi’ Sahîh, p. 133, Tome 3.

[47] At-Tirmidhî.

[48] Sahih Al-Bukharî  et Sahih Muslim.

[49] Sahih Muslim, Livre 032, N° 6370.

[50] Sahih Muslim.

[51] Saint Coran, sourate Luqman (31, verset 14.

[52] Saint Coran, sourate Al-Isra (17), versets 23-24.

 

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