Des hommes au vrai sens du terme

Jan 23, 2011 par

Des hommes au vrai sens du terme

Connaissons-nous les critères d’attitude et de comportement à avoir et que le Saint Coran exalte et attribue aux personnes qu’il qualifie d’exemples pour l’humanité ? Cette connaissance est indispensable pour pouvoir distinguer le bien du mal. Un des versets de la sourate An-Nur (la lumière) nous éclaire le chemin à ce sujet :

« … des hommes que ni le négoce, ni le troc ne distraient de l’invocation d’Allah, de l’accomplissement de la Salat et de l’acquittement de la Zakat, et qui redoutent un Jour où les cœurs seront bouleversés ainsi que les regards. » (Coran, An-Nur, 24/37)

Ici, « les hommes » (ridjâl)  sont glorifiés et ce terme peut être compris comme « des hommes au vrai sens du terme ». Dans le dictionnaire, le mot « homme » est défini comme  étant un « individu disposant des vertus qu’il doit avoir ».

C’est pourquoi, le sens du mot « hommes » va au-delà d’une simple distinction de sexe, mais il s’étend à toute l’humanité. Ainsi, les personnes vantées dans ce verset sont exemplaires en raison de leur comportement et non en raison de leur sexe. Ces mêmes hommes qui, même durant les moments où leurs activités commerciales sont des plus intenses, ne sont jamais distraits de l’invocation d’Allah. Leurs coeurs sont parfaitement réglés : ils respectent méticuleusement le temps qu’ils consacrent à l’adoration et à leurs responsabilités (éphémères).

Certes, la prévoyance est une importante qualité requise dans le monde du commerce. Mais ceux qui sont vantés dans ce verset le sont parce qu’ils sont au sommet de la clairvoyance.

Eux ne se sont pas laissés tromper par le gain immédiat et éphémère mais ont privilégié le gain à terme et éternel.

Ils ne se sont pas limités à anticiper sur la prochaine saison avant tout le monde et leurs projets ne sont pas limités à plusieurs mois ou années. Au contraire, leur clairvoyance a poussé leurs perspectives au-delà de tout cela. Ils donnent du sens à leur existence en veillant à maintenir leur commerce de manière à ne pas avoir honte le Jour du Jugement, Jour où certains visages vont briller de lumière, et d’autres s’assombrir. Ils ne négligent pas leurs invocations ni leurs adorations sous prétexte que le travail est intense ou stagnant. Leur préoccupation est de ne pas avoir honte ce Jour-là…

Selon Abd’Allah Ibn ‘Omar (qu’Allah l’agrée), alors qu’il se trouvait au marché, on entendit l’appel à la prière. Les artisans fermèrent leur boutique pour se rendre à la salle de prière. Sur cet évènement fut envoyé le verset susmentionné. La plupart des Compagnons dirent que ce verset ne concernait pas uniquement les gens qui avaient fait le choix de quitter le commerce pour se consacrer uniquement à l’apprentissage de l’Islam dans les mosquées, comme les « Compagnons de la Cour » (ashâb-ı suffa) ou autres, mais que cela concernait toutes les personnes qui entendaient l’appel à la prière ; ceux-ci devaient arrêter leurs occupations pour répondre à cet appel.

Les «hommes » sont instruits dans des maisons ou dans des lieux de prière où ils se consacrent à invoquer Allah et à le Louer nuit et jour. C’est certainement le meilleur des contextes pour élever des hommes, au vrai sens du terme.

Par ailleurs, ce verset peut être expliqué de la manière suivante :

« Dans ces lieux de prière/maisons, il y a des gens qui invoquent Allah nuit et jour, qui font leurs prières à l’heure et pratiquent l’aumône légale. Ceux-ci sont tellement proches de Lui que nul commerce ni prestige ne pourraient les éloigner de Son invocation ni de leurs adorations. Ils craignent uniquement le Jour de la Résurrection, lorsque les cœurs et les yeux seront bouleversés, lorsque la peur et l’horreur suivra ce changement de monde. »

Lorsqu’on explique les caractéristiques des croyants exaltés dans le verset en raison de leur comportement, on pourrait se demander : « Pourquoi uniquement les gens du commerce ? »

La réponse pourrait être expliquée de la manière suivante :

Le commerce nécessite une concentration très orientée, comme si les occupations de l’homme étaient concentrées vers un ou plusieurs objectifs. Également, sur certains points, l’ego peut trouver des excuses qui vont générer la réussite ou l’échec d’un commerce : la lassitude entraînant la faillite, le relâchement alors que le commerce fonctionne bien et la passion du luxe. Ainsi, nous pouvons dépasser ces dangers, et l’on peut dire que le verset exalte les croyants qui arrivent à les outrepasser et à ne pas s’éloigner de l’invocation d’Allah et des adorations. Pour ainsi dire : « la main au profit, le cœur avec l’Ami ». Ce qui entre et sort de leur caisse ne prend pas de place dans leur cœur. Ils surveillent constamment l’heure de la prière, sont désireux de donner l’aumône légale et la charité.

Il est vrai que la quantité et les genres de distractions nous éloignant de l’invocation d’Allah et des adorations sont de nos jours très nombreux. Il se pourrait que l’ampleur de la vie commerciale et la curiosité des hommes pour le business soit l’un de ces facteurs, voire le plus important. Ainsi, afin de faire partie des « hommes » tel que décrit dans le verset, nous nous devons de nous éloigner de tout cela.

Lis, réfléchis.

Le plus beau cadeau

« (…) et ne me couvre pas d’ignominie, le jour où l’on sera ressuscité, le jour où ni les biens, ni les enfants ne seront d’aucune utilité, sauf celui qui vient à Allah avec un cœur sain. » (Coran, Ash-Shuara, 26/87-89)

Devant Allah, les biens et les enfants ne seront d’aucune utilité. Également, un cœur mérite l’attribut de « sain » lorsqu’il est imprégné de Son amour, où il n’y a de place pour autre chose, épuré de la haine et de la traîtrise, clément en considération du Miséricordieux, source de qualités vertueuses. Ce cœur acquiert la pureté et devient le « sanctuaire d’Allah » (nazargâh-ı ilâhî) en s’épurant des maladies spirituelles, en adoptant le caractère de l’Islam.

Ainsi, on peut dire que ce verset est à la fois une prière, à la fois une carte routière à suivre pour la vie et également un message affectueux rappelant ce qui a de la valeur (ou non) aux yeux d’Allah.

Lorsque l’on rend visite à une personne plus âgée, on se demande souvent « Que devrais-je lui offrir en cadeau ? Qu’est-ce qui lui ferait plaisir ? » Or, notre Seigneur fait affectueusement savoir à Ses serviteurs ce qui n’a aucune valeur à Ses yeux et ce qu’Il accepte. Et nous, nous ne savons pas quand nous allons être appelés (à comparaître devant Lui). De plus, nous savons pertinemment que les biens et les enfants ne sont qu’un décor de ce monde et qu’ils ne vont pas être valorisants. Nous savons que la vraie valeur sera « un cœur sain rendant le corps sain ».

Enfin, pouvant être soumis à tout instant à son Seigneur, le cœur ne doit par être sali ; il doit rester pur.

Cafer Durmuş

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