De l’union autour de l’islam

Nov 9, 2013 par

De l’union autour de l’islam

Le message du Coran démontre la véracité de l’islam.[1] Il apporte l’information selon laquelle la croyance est un ensemble indivisible et que l’islam est une religion raisonnable.[2] Dieu est le locateur de l’islam. Il a soumis Sa religion aux hommes et l’a agréée pour eux à partir du contenu du Coran ; Il diffusa cette religion aux hommes par l’intermédiaire du Prophète () en tant que Messager de Dieu et mit en place une pratique appelant à se revêtir d’un modèle archétypal, et ce à tous égards.[3] C’est la raison pour laquelle l’islam ne relève rien d’autre que du Coran, ceci étant une vérité indiscutable.

Le Coran définit l’originalité de l’islam. « Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous »[4] : le jour où ce verset descendit, les choses auxquelles on doit croire et pratiquer au nom de la religion furent indéfectiblement mises en place ; la Parole de Dieu, du point de vue à la fois de la vérité et de la justice, fut parachevée et l’invariabilité de ses principes fondamentaux exprimée avec un langage parfaitement clair.[5] Par conséquent, la condition fondamentale pour être musulman, c’est de croire au Coran et accepter en un tout ses principes éternels et invariables. Est aussi musulman quiconque se conforme aux nécessités de la religion de justice qui tire son origine de la révélation, en se remettant à Dieu d’une manière consciente et volontaire.[6]

L’islam qui repose sur la croyance à l’unicité de Dieu (at-tawhîd) est la religion la plus conforme à la réalité de la vie et de la création de l’homme. Le Coran, grâce à une méthode certaine, apporte l’information selon laquelle tous les prophètes ont prêché la croyance en l’unicité de Dieu et formé une communauté indivisible.[7] Cette union fut en même temps le début d’une union de l’humanité, seulement les hommes oublièrent avec le temps une partie des recommandations divines[8] et les présentèrent toutes d’une manière imparfaite[9], ce qui les amenèrent à se diviser en raison de leur course incessante aux intérêts et aux désirs.[10] Cela signifie que les divisions constatées entre les hommes ne proviennent pas de la religion proprement dite, mais de leurs attitudes exagérées quant à leurs regards sur les croyances erronées. La raison en est que les hommes, de par leur création, sont aptes à pouvoir comprendre la réalité et les principes fondamentaux de l’islam. Toutes les entraves qui détournent l’homme de la compréhension de ce principe relèvent de sa propre aliénation et de son écart par rapport à la religion juste.[11]

La proposition de l’union à la plus grande échelle qui soit

Le Coran qui évoque sans défaut la croyance en l’unicité divine (at-tawhîd) et qui brise toutes les chaînes entravant sa bonne compréhension, par l’intermédiaire du Prophète (), fit cet appel adressé aux conformistes des révélations passées : « Dis : ‹Ô Gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d’Allah›. Puis, s’ils tournent le dos, dites : ‹Soyez témoins que nous, nous sommes soumis›. »[12]

Ce verset présente la proposition de l’union à la plus grande échelle qui soit relativement à toute l’histoire de l’humanité. Cette proposition n’œuvre pas pour une coalition de religions ; elle contient le message appelant à l’établissement d’une plateforme commune prête à assurer l’instauration d’un ordre mondial reposant sur des hautes valeurs telles que la foi, la justice, la morale et la vérité. En d’autres termes, elle prévoit un monde qui rendrait la paix prioritaire et proposerait la formule possible du vivre-ensemble. La raison en est que ni le Coran ni aucun autre livre ne peut lui être influent sans l’instauration d’une relation positive entre l’homme et la société.

L’expression « Gens du Livre », figurant dans le verset précité et formulant l’union à la plus grande échelle qui soit, est porteuse de sens tels que « ceux qui savent lire et écrire (lettrés) », « ceux qui possèdent des livres » ou bien « ceux qui croient en un des livres envoyés (par Dieu) puis annoncés par les prophètes ». En général, il ressort avec l’emploi commun dans un cadre particulier du Coran et de la Sunna relativement à l’expression « Gens du Livre » qui exprime les représentants des religions prophétiques d’avant le Coran que les communautés qui ont bénéficié de ces révélations furent les Juifs et les Chrétiens.[13]

Le Coran en réalité trace un type d’homme et de société en utilisant l’expression « Gens du Livre ». Il définit les attitudes de ces derniers face à la révélation et donne l’information selon laquelle en dehors des quelques exceptions, la masse des Gens du Livre n’a en général pas vu d’inconvénient à la dégradation de la religion, développant des comportements inverses à la révélation, donnant des associés à Dieu, commettant des péchés jusqu’à tuer des prophètes, camouflant les réalités des paroles en les altérant et exagérant grandement en matière de religion.[14] Par conséquent, leurs comportements indignes constituent la raison fondamentale de l’altération de l’unité traditionnelle de la révélation. C’est pour cette raison essentielle que le Coran les appela au tawhîd ; (dans le Coran) les Gens du Livre ne sont pas considérés comme des ennemis, mais le Coran les appelle à collaborer à l’assurance attachée à l’autorité absolue du tawhîd.[15]

De même que le verset s’adresse aux Chrétiens et aux Juifs qui se sont tournés vers différents chemins qu’ils prirent comme systèmes de valeur et de croyance en s’éloignant prioritairement des principes fondamentaux de la religion juste dont le fondement n’est autre que la révélation, de même son message ne s’adresse pas seulement à la masse évoquée. En effet, il s’adresse à toute société ou personne qui, bien que se prétendant l’unique représentant de la doctrine coranique, exclut de son environnement la religion musulmane qu’il propose.[16]

La notion de « kalima », évoquée dans le verset et telle que définie dans le dictionnaire (lexicographique), porte le sens de « Parole, Coran, ordre, proposition, principe, décret et preuve convaincante ».[17] Cependant, à partir de sa qualité, cela donne le sens de « parole qui interpelle vers ce qui est bien, beau et vrai, proposition bénéfique durable ou bien croyance vraie et cohérente ».[18] Ici, il est dit que la « kalima du tawhîd (la ilaha illallah), principe de vérité, de justice et d’égalité » est « une parole qui est justice entre vous et nous ».[19] Cela signifie que dans le verset coranique susmentionné, tous les principes qui constituent le fondement lié à l’appel du Coran et à la réalisation de l’unité de l’islam rentrent dans l’espace de compréhension de la notion de « kalima ».

Les éléments principaux de la proposition

Ne rien adorer en dehors de Dieu : Au premier rang des pratiques relevant du tawhîd vient le principe d’obéissance de l’homme envers Dieu. L’adoration que nous pouvons définir comme « tout acte accompli avec l’effort de se conformer aux ordres de Dieu, de se préserver de Ses interdits et de bénéficier de Sa satisfaction » est à la fois un choix libre et morale de l’homme de foi[20] et un devoir à accomplir au cours de la vie.[21] Servir une autre réalité en dehors de Dieu est le début de toute perversité et de toute exploitation. Pour ce fait, le Coran interdit à l’homme d’entrer en relation d’adoration avec toute réalité en dehors de Dieu.[22]

Ne rien associer à Dieu : La nécessité indiscutable de la croyance au tawhîd (c’est-à-dire, répétons-le, à l’unicité de Dieu), c’est de ne pas idolâtrer les objets (concrets ou abstraits), les établissements (ou instituts) et les concepts, ou du moins ne jamais leur donner une équivalence par rapport à Dieu. Toutes les fois où l’associationnisme, dans toutes ses variétés et dimensions, n’est pas profondément enfouie, on ne peut parler d’adoration de Dieu.[23] Quand on passe à la pratique du message coranique et de toutes les significations qu’il révèle, du point de vue des domaines où il a apporté quelque ordre, il est nécessaire de ne jamais connaître la force de l’influence de Satan ni d’un quelconque humain. L’adhésion juste et exacte à l’accomplissement de la pratique islamique n’est possible qu’avec la substitution du tawhîd.

Ne pas prendre de seigneur en dehors de Dieu : Selon le Coran, Dieu n’est pas seulement perçu comme Créateur, mais en même temps comme Seul Seigneur qui entretient un rapport avec toutes les créatures.[24] Toutes les pratiques et fausses croyances enregistrées dans la vie de l’homme et, en substance, non compatibles avec la réalité de l’islam, sont nées d’un rejet de Dieu en tant que « Seigneur » selon le critère coranique. Le Coran révèle que prévaloir les valeurs que l’islam exclut ainsi que leurs expressions manifestes (pratiques dites mubah) signifie que l’on reconnaît leur seigneurie.[25] Similairement, tout comme il est clair qu’accorder de l’importance aux lois et aux paroles (des personnes influentes ou ayant un fort ascendant) qui vont à l’encontre de l’islam signifie que l’on accepte leur seigneurie. L’épithète « rububiyyah » (seigneurie) qui se positionne devant « Uluhiyyah » (divinité) et ayant pour signification « l’erreur d’associer quoi que ce soit à Dieu », est répétée également de nos jours tout comme dans la passé. Les partisans de Satan qui veulent gouverner les sultanats du monde sous le masque de la modernité en utilisant des lois qui s’opposent à l’essence de la religion sont en train de paralyser fortement l’état de la vie islamique à cause de comportements sauvages et de revendications d’ordre seigneurial. La défaite de l’homme face aux systèmes d’intérêt, au nationalisme et aux valeurs non islamiques, et ce partout dans le monde, ne leur montre-t-elle donc pas qui et ce qu’ils prennent pour seigneur ?

Le Coran, à travers ce message, enseigne à l’homme le moyen de faire la lecture de son passé et de découvrir son futur. La Parole divine préconise de se sauver des modèles bornés qui sont hérités de la tradition et, au lieu de transformer en antinomies les différences, de trouver les dénominateurs communs qui sont en mesure d’être manifestés en premier lieu et d’étendre la vie de l’homme sur les vérités éternelles de l’islam. Il fait savoir qu’avec les principes de l’associationnisme qui sont totalement fermés au futur, qui cadenassent la raison et le savoir, et qui sont en même temps incompatibles avec la réalité de l’homme et de l’islam, il est impossible de distinguer le développement et l’avenir du monde à la bienfaisance de l’humanité. Si l’essence de la religion est respectée et que les expressions que les vérités de l’islam formulent donnent de manière concrète des résultats convaincants, l’extrapolation de l’islam à la vie continuera également à l’ouvrir.

Ceux qui perçoivent l’union des hommes autour de la vérité de l’islam comme une menace à leurs intérêts personnels présentent l’islam aux nouvelles générations comme un fait qui use la civilisation et la liberté. Dans le but de créer la zizanie entre eux et en remplacement de l’islam, ils leur demandent de s’unir autour de systèmes et de concepts mauvais qu’ils cultivent eux-mêmes au fond d’eux. Ils préconisent l’unité autour des principes de l’associationnisme comme la réalité de la modernité et l’unité autour de l’islam comme un délit impardonnable.

Nous vivons dans un monde où les vérités individuelles sont prioritaires. Dans cet état, nous sommes obligés de trouver les dénominateurs communs qui existent entre nous, d’approcher les individus et tenter de les comprendre. Seul l’islam peut assurer cela. Cette parole n’est pas une affirmation dénuée de fondement, au contraire c’est une vérité qui dépasse les siècles et qui repose sur l’expérience. L’islam, en raison de son influence positive sur la vie de l’homme dans le processus de paix entre les sociétés, dissipe les préjugés que d’aucuns font étalage permanemment, et ce en leur défaveur. L’islam harmonise la relation des hommes entre eux. Toujours sous l’influence de l’islam, les sentiments d’hostilité s’effacent totalement ou se réduisent au plus bas niveau. Les hommes ont besoin de structurations qui sont en mesure de les guider jusqu’au Coran et par là même les unir autour de l’islam. L’union autour de l’islam abolit des milliers de désaccords, préserve l’humanité de la défaite et de l’exploitation, de l’intérêt propre et de l’ignorance. Chercher une voie de sortie en dehors de l’islam mène toujours à la perte.

« Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agrée, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants. »[26]

  Doç. Dr. Fahreddin Yıldız

 


[1] Coran, al-An’am, 6/114,119,126; Hud, 11/1; al-Isra, 17/12 vb.

[2] Coran, al-Baqara, 2/137; al-Imran, 3/19, 84, 85.

[3] Coran, al-Maida, 5/3; an-Nisa, 4/105; an-Nahl, 16/44, 64 vb.

[4] Coran, al-Maida, 5/3.

[5] Coran, al-An’am, 6/115.

[6] Coran, al-Baqara, 2/131; al-Imran, 3/20 vb.

[7] Coran, al-Anbiya, 21/92; al-Mu’minun, 23/52.

[8] Coran, al-Maida, 5/13,14 vb.

[9] Coran, al-Baqara, 2/75; al-Maida, 5/41.

[10] Coran, al-Baqara, 2/174; Yunus, 10/19; al-An’am, 6/159 vb.

[11] Coran, Yunus, 10/19.

[12] Coran, al-Imran, 3/64.

[13] Mu’cemu’l El fazı ve’l A’lami’l Kur’anıyye, s, 50.

[14] Coran, al-Imran, 3/69, 71, 98, 99, 187; an-Nisa, 4/153, 155, 177 vb.

[15] Coran, al-Maida, 5/19.

[16] Coran, al-An’am, 6/153.

[17] Lisnu’l Arab, XII, 522 vd, Müfredat, s, 439.

[18] Coran, Ibrahim, 14/24.

[19] Razi, VIII, 86, Taben, III, 214 vd, Qurtubi, IV, 106, Ibn Kathir, II, 53.

[20] Coran, al-Baqara, 2/207.

[21] Coran, al-Hijr, 15/99.

[22] Coran, al-Isra, 17/22.

[23] Coran, al-Kahf, 18/110.

[24] Coran, al-Fatiha, 1/1.

[25] Coran, at-Tawba, 9/31.

[26] Coran, al-Imran, 3/85.

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