De l’attention dans la lecture des choses

Nov 17, 2013 par

De l’attention dans la lecture des choses

Le premier ordre divin qu’annonce Dieu le Très-Haut dans le Coran est « lis ». Pour les personnes dotées de sagesse, chaque événement qui se passe dans l’univers est comme un livre ouvert regorgeant de leçons de sagesse et qui ne demande qu’à être compris. La véritable question qui se pose pour le croyant est de savoir lire à la lumière de cet ordre divin qui est « lis, au nom de ton Seigneur qui a créé » (al-Alaq, 96/1) et d’acquérir ce haut degré de lecture. Cela est la véritable instruction ; en effet il est important d’acquérir ce savoir pour lire la sagesse divine dans toute chose.

À l’instar du Coran, la lecture de l’univers est une déclaration miraculeuse que Dieu le Très-Haut a proposée à l’humanité pour que celle-ci la lise à travers le regard de la sagesse. Chaque infime particule, chaque sagesse et vérité de son contenu est comme une enveloppe. Le devoir d’un croyant instruit et sage est d’ouvrir chacune de ces enveloppes pour lire et comprendre les messages divins qu’elles comportent.

Il y a dans le Coran plusieurs versets qui veulent nous interpeller et nous inviter à lire ses leçons de sagesse :

«  Il y a certes dans les cieux et la terre des preuves pour les croyants. Et dans votre propre création et dans ce qu’il dissémine comme animaux, il y a des signes pour des gens qui croient avec certitude. De même dans l’alternance de la nuit et du jour et dans ce qu’Allah fait descendre du ciel, comme subsistance (pluie) par laquelle Il redonne la vie à la terre, une fois morte, et dans la distribution des vents, il y a des signes pour des gens qui raisonnent. » (al-Jasiya, 45/3-5)

Dans d’autres versets similaires, Dieu le Très-Haut nous interpellent en réitérant ces appels :

– En attirant l’attention sur Ses créatures : « Ne regarde t-Il pas le chameau ? »

– En attirant l’attention sur les événements géographiques : « Le nuage, la pluie, les montagnes, les plantes vertes qui en hiver meurent pour revivre au printemps, ne regarde t-Il pas ?

– En attirant le regard sur l’histoire : « Ne regarde t-Il pas au sort survenu aux peuples du passé ?

LE VRAI LECTEUR ICI C’EST LE CŒUR

 Il est utile de rappeler que le lecteur qui s’apprête à lire le Coran et qui va découvrir la sagesse par son intermédiaire, c’est le cœur. L’œil est le miroir de notre intérieur, car il examine et perçoit selon l’intention et la nature du cœur.

Mawlâna Jalâl ad-Dîn Rûmî nous l’explique comme suit :

« Nos yeux, nos regards représentent l’itinéraire vers lequel sera dirigé notre cœur. Si le cœur le souhaite, l’œil regardera le serpent, donc le venin ; si le cœur le souhaite, l’œil regardera autour de lui pour tirer une leçon de ce qui l’entoure.

Si le cœur le souhaite, l’œil regardera le monde dans lequel il vit là où se trouvent les bienfaits de la terre (ses désirs et ses envies) ; si le cœur le souhaite, l’œil regardera avec une grande spiritualité autour de lui pour découvrir et se familiariser avec les secrets que le divin aura dissimulés  tout autour de lui…

Si le cœur le souhaite, ses doigts peuvent calculer et s’il le souhaite ses doigts peuvent gagner en dextérité et écrire des livres et de grandes œuvres.

Prenez garde car toutes ces œuvres réalisées grâce à l’habilité de ses mains est en fait la présence d’une main cachée  (le cœur) qui agit comme elle le désire. Cette main invisible (qui englobe la réflexion et les émotions et dont le centre est le cœur) utilise le corps pourvu de ses mains comme une pince afin de lui faire faire des œuvres positives et négatives. »

À cet égard, il est important de préparer notre cœur à la spiritualité et à la sagesse.

Yusuf Hemedanî nous rapporte ceci :

« Le cœur et le dhikr (le rappel de Dieu) sont comme l’arbre et l’eau. Le cœur et la réflexion sont comme l’arbre et le fruit. Attendre la feuillaison de l’arbre sans lui donner à boire, vouloir qu’il vous donne des fruits sans que ses feuilles et ses fleurs ne soient écloses serait une grave erreur. Même si on le voulait, ce serait impossible parce que cet instant n’est pas propice à la récolte du fruit, mais plutôt à nourrir et à entretenir l’arbre. Lui donner de l’eau, le débarrasser de ses lierres et de ses mauvaises herbes et ensuite attendre que le soleil le réchauffe, si tout cela se réalise, alors nous verrons un arbre heureux et en bonne santé, décoré de feuilles vertes. L’arbre atteignant cette maturité est prêt à donner de ses fruits et cette attente se trouvera justifiée. À ce moment-là, ce sera l’heure de la cueillette. » (Rutbetü’l- hayat, s. 171)

Sans lumière nous savons que l’œil est incapable de voir. Par conséquent la lumière de la foi ne peut être effective que par la spiritualité du Coran et de la Sunna, sinon le cœur ne peut entrevoir la vérité. La lumière de la foi ne peut briller dans nos cœurs qu’avec la présence de la réflexion. Par conséquent, nous sommes dans l’obligation d’enseigner à nos cœurs le moyen de réfléchir en tirant des leçons de tout ce qui nous entoure (la vie et l’univers). Un homme pieux rapporte ceci :

« Toute personne qui contemple ce monde sans y tirer une leçon ne peut avoir un cœur clairvoyant. » (Ibn Kathîr, I, 448)

Un verset coranique stipule :

« … Dis-leur encore : l’aveugle serait-il jamais l’égal du clairvoyant ? N’y réfléchissez- vous donc point ? » (al-Anam, 6/50)

Lorsqu’Il fait l’analogie de cet état d’inconscience et d’aveuglement, Dieu le Très-Haut  nous désigne ce cœur où le rideau s’est abaissé pour ne rien laisser passer. Nous remarquons que beaucoup de personnes jouissent de leurs facultés visuelles mais ne possèdent qu’un cœur rigide, fermé à toute réalité et à toute sagesse. Un verset coranique fait mention explicitement de cette catégorie de personnes :

« … en vérité, ce ne sont pas les yeux qui se trouvent atteints de cécité, mais ce sont les cœurs qui battent dans les poitrines qui s’aveuglent. » (al-Hajj, 22/ 46)

Quiconque est aveugle ne peut voir ce qui est laid et beau et vice-versa. L’exemple le plus flagrant est celui d’Abû Jahl qui s’était enfermé dans le polythéisme et l’ignorance. C’est ainsi que ce misérable qui eut l’occasion de voir sans compter le Prophète (pbsL) ne réalisa pas le privilège qu’il avait alors que d’autres compagnons remplis d’amour à son égard auraient donné leur vie rien que pour le voir une seule fois. Il était plongé dans les intérêts et les désirs terrestres ; la conscience complètement aveuglée, ce misérable polythéiste, dont le cœur était assombri et les yeux aveuglés, était incapable d’apercevoir la lumière du paradis qui se dressait devant lui. Cet exemple ressemble à celui d’Iblis qui était pourvu de ce même aveuglément en face du prophète Adam (sur lui la paix).

Mawlâna Jalâl ad-Dîn Rûmî  rapporte ceci :

« Iblis a vu la boue que constituait le corps d’Adam, il a vu son corps créé de sable, mais il n’a pas vu qu’il était glorifié. Il a contemplé cette boue qui appartient à ce monde sans y voir la spiritualité qui s’y dégageait. Ce qu’Iblis ne savait pas, c’est que l’homme est le calife, le gérant sur terre de notre Seigneur. »

« Ô homme ! Entends-tu les deux sons contradictoires qui viennent du monde ? À ton avis, quel est le son que ton cœur est prêt à entendre ? » 

« L’une des voix est celle de l’état des pieux qui se rapprochent de Dieu le Très-Haut et l’autre est celle des impies. Si tu acceptes l’une des voix, tu n’entendras pas l’autre parce que la personne qui aime s’avèrera sourde et aveugle face à toute chose qui sera à l’opposé des mêmes sentiments éprouvés. » 

Voici la vie de quiconque décide de regarder par la fenêtre des envies et des désirs ce qui l’entoure en dirigeant sa vie par rapport à cette entité. On verra qu’il restera toujours accroché à sa coque sans jamais arriver à la profondeur et à la réalité de toute chose.

Ibn ’Atâ’ Allâh al-Iskandarî a dit :

« Le monde extérieur est beau et son intérieur est plein de leçons. Le nafs regardera toujours l’enveloppe extérieure de chaque chose alors que le cœur qui sera rempli de spiritualité regardera en tirant des leçons de ce qu’il verra. »

C’est pour cela qu’il est important de savoir ce que nous regardons et de quelle façon nous regardons. Abû Ali Ruzbârî  rapporte :

  « Quiconque se donne plus d’importance que la normale tout en étant prisonnier de son orgueil et de son arrogance, il ne pourra en aucun cas regarder tout ce qui l’entoure avec des yeux contemplateurs. »

En d’autres termes, celui qui possède un ego amplifié, un nafs grossier et un alter ego démesuré ne peut être qu’aveugle. C’est pour cela que si nous voulons voir notre réflexion se raffermir et notre clairvoyance davantage présente, il est impératif que nous éduquions notre nafs avec ascétisme et observation.

On rapporte ceci dans un hadith :

« Soyez comme un invité dans ce monde. Acceptez que les lieux de culte soient vos maisons. Habituez vos cœurs à la finesse, à la grâce et à la sensibilité. Développez la réflexion et pleurez parce que vous n’aurez pas su remercier votre Seigneur comme il se doit. Surtout  que vos désirs et vos envies terrestres ne vous changent pas !… » (Abû Nuaym, Hilya, I, 358)

Notre Prophète (pbsL) vit le cœur compatissant d’Abû Bakr. Il fut pour lui un ami fidèle et sincère. Même lorsque Abû Bakr demeurait à ses côtés, il avait la sensation d’être privé de ce qu’il aimait par-dessus tout et à chaque instant de sa vie il vécut le cœur rempli d’amitié et d’admiration pour le Prophète (pbsL).

C’est la raison pour laquelle il ne faut jamais regarder, à l’instar d’Iblis, par la fenêtre des envies et des désirs ; en revanche, il faut regarder toute chose comme le pieux croyant qu’était Abû Bakr en faisant l’effort de regarder ces choses avec un œil profondément spirituel …

TIRER UNE LEÇON DE CE QUI NOUS ENTOURE…

Abû Suleymân Daranî a dit :

« Je sors de chez moi et je vois tout autour de moi chaque bienfait que Dieu le Très-Haut m’a donné. Et j’en tire une grande leçon. » (Ibn Kathîr, I, 447)

Sufyan ibn Uyayna, qui est dans le même cas, rapporte ces paroles d’un poète :

« L’homme, s’il est un penseur, tirera toujours une leçon de toute chose. » Il répétait souvent cette phrase. » (Ihya, IV, 764)

Chaque instant de notre vie regorge d’événements et de faits qui doivent nous faire rappeler la grandeur et la puissance de Dieu le Très-Haut. Dans plusieurs versets du Coran, et particulièrement dans l’un d’entre eux, Dieu le Très- Haut nous invite à tirer des leçons de toute chose :

« C’est Lui qui vous fait voir Ses preuves, et fait descendre du ciel, pour vous, une subsistance. Seul se rappelle celui qui revient [à Allah]. »  (al-Gafir, 40/13)

En réalité, depuis la création de l’univers jusqu’à nos jours, toutes les créatures sont honorées par les bienfaits divins sans qu’aucune ne soit négligée, et cela perdure toujours. Si nous venons à y penser, notre terre est entourée aux trois quarts d’eau, le dernier quart étant composé de terre non cultivable, rugueuse et désertique. Le peu qui reste étant constitué de terre, quelle est cette force qui fait que cette terre qui se métamorphose sans arrêt parvient à nourrir diversement toutes les créatures ?

Notre prophète (pbsL) a dit :

« Dieu le Très-Haut dit : « Donne à ton prochain pour que Moi Je puisse te donner ».  Les trésors de Dieu le Très-Haut sont immenses et tous les bienfaits qu’Il distribue à toutes les  créatures ne diminuent en rien toutes ces richesses. Il distribue constamment nuit et jour. Pensez à toutes ces choses que Dieu le Très-Haut distribue depuis la création de la terre et du ciel. Tout cela ne diminue en rien de toutes ses richesses. »  (Bukharî, Tafsîr 11/2, Tawhîd 22)

S’il fallait encore tirer une leçon, nous dirions que lorsque la neige recouvre la terre, diverses sortes de créatures hibernent en restant enfouies sous terre grâce à la protection de Dieu le Très-Haut. Notre Seigneur demande à la terre de les emmailloter, raison pour laquelle, au retour du printemps, vous ne verrez aucun entassement de cadavres. Puis, l’hiver achevé, toutes ces créatures remontent à la surface de la terre pour poursuivre leur destinée.

Pour les personnes qui savent tirer des leçons de ce qu’elles voient, ces vérités nous montrent que dans l’univers dans lequel nous vivons il existe un magnifique ordre divin et une harmonie parfaite. En conséquence, on peut parler ici du savoir infini, de la force et de la sagesse de Dieu le Très-Haut.

Un verset du Coran rapporte :

« Que d’animaux sont inaptes à se procurer leur nourriture ! Et cependant Allah pourvoit à leur subsistance et à la vôtre. Allah entend et sait tout. » (al-Ankabut, 29/ 60).

Ici nous voyons que les créatures ne se posent pas de questions sur la nourriture parce qu’elles se résignent, se soumettent et se contentent de ce que Dieu le Très-Haut leur donne. Alors pourquoi dans ce domaine  l’être humain est-il ambitieux et inquiet ? Nous voyons ici que cette peur est non fondée et injustifiée.

Hafez-e-Shirazî, le fameux poète, nous parle de l’homme en ces termes :

 « Une goutte de sang et un milliers de tracas. »

Lorsque nous observons les différents tableaux divins  présents tout autour de nous,  nous pouvons remarquer que ce qui ressemble à de simples plantes n’est en fait qu’une grande variété de fleurs et de feuillages emplis de couleurs et de parfums différents. Aucun chimiste ne peut réaliser de telles choses et c’est pour nous un pur bonheur.

L’herbe que l’animal broute se transforme en viande et en lait. Pourtant, l’homme, qui est la plus parfaite des créatures disposant de nos jours de la plus haute technologie, est incapable de créer ne serait-ce qu’un gramme de viande ou un millilitre de lait au moyen de tonnes d’herbes dont il disposerait dans un laboratoire chimique.

 

Le corps humain est une machine définie par un programme divin où les organes fonctionnent de façon harmonieuse, où une seule cellule ou un seul tissu regorge de centaines de possibilités de réaction biochimique ; si la gestion et le contrôle nous étaient confiés pour une seule journée, qui sait le nombre incalculable de fautes que nous commettrions.

Il est tout à fait significatif de constater que d’une part un éléphant pesant plus d’une tonne  peut se laisser diriger par un enfant de dix ans et que d’autre part un virus invisible à l’œil nu peut abattre un homme vigoureux.

C’est-à-dire que l’homme ne doit en aucun cas utiliser la puissance que Dieu le Très-Haut  lui a attribuée pour servir ses propres désirs et ses envies personnelles. Un tel homme ne doit en aucun cas devenir orgueilleux et oublier que Dieu le Très-Haut est le Véritable Propriétaire de tous ces bienfaits. Il doit toujours être en état de remercier son Seigneur, sachant qu’il n’est qu’un grain de poussière  devant la puissance divine et que son seul refuge est auprès de son Seigneur. Il doit toujours se rappeler que l’air qu’il respire est une bénédiction, un bienfait de Dieu.

Lorsque nous montons dans un avion ultra moderne, on nous précise que si nous sommes en altitude et que la pression venait à chuter, il est impératif que nous mettions le masque à oxygène qui tombe devant nous.

Personne ne se pose la question de savoir si demain le niveau d’oxygène peut passer de 21 à 25  pour cent ? ou bien chuter à 18 pour cent ? Ou s’il doit acheter une bonbonne d’oxygène ? Personne ne s’en inquiète. La personne croyante ou non, en vertu de la justice et de la confiance divines, peut continuer sa vie tranquillement… autrement, si l’homme était conscient de tous les risques et danger de la vie, vivre pour lui serait insupportable.

Comme cela,  une  personne qui porte sa réflexion adéquatement sur ces nombreuses réalités comprendra très vite que toutes les créatures sur terre ont besoin de la puissance et du savoir divin qui les protègent afin de survivre. Toute personne qui un jour se trouve dans une impasse et qui par un miracle s’en sort ne peut oser rejeter ou s’opposer au Créateur.

VOIR LES SIGNES À TRAVERS LES ÉVÈNEMENTS

À l’instar des scènes présentes dans le livre de l’univers, il est nécessaire que l’homme tire des leçons des événements  qui se passent dans sa vie parce que chaque chose créée livre un message sincère et sérieux à l’homme qui possède une conscience.

Par exemple, en voyant une personne malade, nous devrions penser à ceci : « J’aurais pu être dans le même cas. Ce malade a besoin que l’on s’occupe de lui, donc moi je dois m’approcher de lui et soulager sa détresse en lui remontant le moral. » Notre Prophète (pbsL) disait souvent ceci : « Y a-t-il quelqu’un parmi vous qui a rendu visite à un malade ? »

Lorsque nous voyons un accident de la route, nous devrions nous dire que dans cet accident cela aurait pu être moi ou bien un proche parent. On devrait penser à ce que nous possédons comme la vie, la santé et remercier Dieu le Très-Haut pour tous ces bienfaits.

Lorsque nous voyons un orphelin, celui-ci devrait nous faire rappeler notre Prophète (pbsL) qui lui aussi était orphelin et ainsi être plus attentifs à nos devoirs envers tout orphelin. Nous devrions dans ce cas présent nous remettre en question…

Dans un autre cas, nous devrions toujours avoir en tête que le fait d’être privé de quelque chose, de quoi que ce soit, est en soi une épreuve. Si Dieu le Très-Haut ne nous accorde pas une chose désirée, nous devrions avoir un regard objectif et nous dire en remerciant notre Seigneur : « Il doit sûrement y avoir quelque chose de bénéfique pour moi. »

Voici un exemple : si Dieu le Très-Haut n’accorde pas d’enfant à un couple, dans cette situation qui semble être désolante, il existe pourtant un nombre infini de bienfaits cachés que nous ignorons et auxquels nous devons toujours réfléchir. Autre exemple : au lieu de savourer joyeusement le fait d’être parents, beaucoup d’hommes et de femmes sont désespérés et regrettent parce que  leurs enfants se sont embarrassés de maux tels que le meurtre, la prostitution, la drogue et l’athéisme. Comme nous ne savons pas à quel moment nous allons avoir un enfant, nous devons toujours être dans un état de gratitude et de remerciement. Parfois Dieu le Très-Haut dissimule à notre regard la tristesse dans la grâce et parfois c’est la grâce qui est cachée dans la douleur.

N’oublions pas que nous passons par des épreuves dans ce monde. Dans ce cas le véritable enjeu consiste à demeurer un serviteur pieux envers son Seigneur. C’est à cause de cela que nous ne devrions pas nous attarder devant les simples barrières de la vie et protéger notre foi.

La leçon la plus importante que nous livre la vie, c’est lorsque nous assistons à des funérailles.  On a posé une fois cette question à Hatem Esam :

« Quand  et comment peut-on être de ceux qui regardent ce monde avec des yeux d’observateurs ? » Ce sage compagnon a répondu :

« Lorsque vous saurez que chaque chose dans ce monde a une fin et que toute personne mourra un jour. Si une personne a eu un décès dans sa famille ou chez un proche et qu’il n’en tire pas une leçon, aucun savoir, aucune sagesse, aucun discours ou aucun conseil ne sera utile pour lui. »

C’est pour cette raison que lorsque nous assistons à un enterrement, nous devons toujours nous dire que cela aurait pu être nous à la place du défunt et ainsi nous remettre en question. En notre qualité d’être humain, nous allons tous un jour être enterrés avec notre linceul dans la tombe, puis notre linceul et notre corps retourneront à la terre, ne laissant derrière nous que notre foi et nos actions. Nous devons toujours penser lorsque nous assistons à des funérailles que les traitements qui sont appliqués au défunt le seront aussi pour nous un jour.

L’état d’Al Hasan al-Basrî est un exemple propice à cet état de fait :

Alors qu’il assistait à des funérailles, l’enterrement terminé, Al Hasan al-Basrî demanda à un homme pieux qui se trouvait près de lui :

« Je me demande si la personne qui vient de décéder pense que si elle avait l’opportunité de revenir sur terre, elle multiplierait ses bonnes actions et ses séances de dhikr et se repentirait davantage de ses péchés. »

L’autre lui répondit :

« Oui, je pense effectivement qu’elle y pense. »

Là-dessus Al Hasan al-Basrî dit :

« Que nous arrive-t-il alors et qui fait que nous n’arrivions pas à penser comme elle ? » (Ibnu’l-Jawzî, al-Hasan al-Basrî)

En conséquence, pour le temps qu’il nous reste à vivre, nous devons réaliser que ce répit est un délai que notre Seigneur nous attribue, que nous avons le devoir de l’évaluer à sa juste valeur et que nous devons nous préparer à la mort de la plus belle des manières.

En résumé, quiconque sait lire avec son cœur le microcosme et le macrocosme ainsi que tout l’univers et les événements qui y découlent est semblable à un recueil rempli de leçons et de sagesses… La véritable instruction dans cette vie au travers des épreuves divines, c’est de savoir lire ce livre avec le cœur. Sheikh Sadi Shirazî a dit :

« Pour les personnes dotées de bon sens, chacun des arbres arborant des feuilles vertes représente pour le Seigneur un recueil. Pour les ignorants, tous les arbres ne représentent même pas un arbre. »

Seigneur, protège nos cœurs de la grossièreté que nous inflige notre nafs. Et accorde-nous un cœur capable de lire du microcosme au macrocosme tout ce que ceci nous enseigne et surtout accorde-nous un cœur capable de lire à la lumière de Ton ordre divin « lis ». L’univers et les événements qui s’y déroulent regorgent de toutes sortes de mystères et de sagesses. Seigneur, remplis nos cœurs de bonnes actions….

Amin !

Osman Nuri Topbaş

 

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