Cramponnez-vous au câble d’Allah !

Jan 23, 2011 par

Cramponnez-vous au câble d’Allah !

L’Islam est la religion de l’Unicité divine (at-Tawhîd) ; autrement dit, une religion fondée sur le principe de l’unicité d’Allah. C’est donc la première condition pour s’engager dans le cercle de l’Islam :

« Il n’y a point de divinité hormis Allah et Muhammad est Son Messager. » Il suffit d’exprimer cette parole avec la langue et de l’approuver avec le cœur. Le cœur ne peut sortir de son désordre qu’avec la clarté du Tawhîd en parvenant ainsi à se rattacher à Allah. Le cœur de ceux qui ne croient pas en l’Unicité divine devient disséminé et semblable aux débris jetés au loin par les vents. Au regard de cela, qu’il s’agisse de l’individu ou bien de la société, vivre unis et en fraternité n’est possible qu’avec la croyance constante en l’Unicité divine. Le Seigneur, appelant les croyants à s’unir, dit sans Sa Parole :

 « Et cramponnez-vous tous ensemble au “Habl” (câble) d’Allah et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par  Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d’un abîme de Feu, c’est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi, Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés. » (Coran, sourate Al-Imrân, 3/103)

L’intention exprimée dans ce « câble d’Allah », c’est d’assurer toutes sortes de moyens qui occasionnent le rapprochement divin ainsi que l’union des croyants dans le but d’obtenir la satisfaction d’Allah. Il va sans dire que l’Islam (dans sa globalité) et le Coran (en particulier) se présentent en première position quant à cela. Le Messager d’Allah ( ) a dit :

« Le Coran est une corde qu’Allah a tendue du ciel vers la terre. » (Tirmidhî, Manaqib 31; Musnad, III, 14, 17)

« Il (le Coran) est le Livre d’Allah mettant en lumière les conjurations dans le but de les chasser. Il regroupe en son sein les récits de ceux qui vous ont précédés, les informations relatives à ceux qui vous succèderont et le verdict des problématiques qui vous concernent… Il est une corde d’Allah (particulièrement) consistante. » (Tirmidhî, Fazâilu’l-Qur’ân 14)

Vu sous cet angle, le verset coranique susmentionné recommande donc que nous embrassions tous ensemble et de toute notre force la religion musulmane fondée sur la guidance et le salut de l’humanité, que nous vivions en prêtant attention à toutes les règles, les mesures ainsi que les injonctions en rapport avec la foi, l’adoration, la morale et le comportement général, enfin que nous évitions de tomber dans une sorte de « série feuilleton » en formant une société islamique essentiellement solide entre elle.

En matière de croyance, l’Islam vise à réunir tout le monde autour de l’Unicité Divine, prône les bonnes actions à travers les prières collectives, la prière du Vendredi, les prières attachées aux fêtes et le rite du pèlerinage à La Mecque et cherche ainsi à instaurer l’unité et la fraternité ; étant donné que l’union dans les actes est la cause de l’union des cœurs. Pour acquérir la crainte révérencielle d’Allah dans son sens spirituel, vivre sa foi confortablement et mourir en musulman, une telle société s’avère nécessaire. En outre, tout au long de l’existence et dans l’objectif de pouvoir survivre en tant qu’individu ou société, pour pouvoir résister aux pressions physiques et spirituelles des ennemis potentiels et pouvoir également accomplir les responsabilités qui nous sont soumises en tant que société islamique, une telle coopération est obligatoire. Parce que la dislocation rapide et la perte de choses provenant de sociétés dans lesquelles l’union et la coopération (solidaire) sont pratiquement inexistantes sont indéniablement des faits historiques.

Les grâces qu’Allah octroie aux hommes relèvent en même temps de ce qui est lié à ce monde d’ici-bas et à l’au-delà. Des individus, des peuples ou des sociétés qui étaient auparavant ennemis sont devenus frères dans toute l’acception profonde du terme en raison de la grâce de l’Islam. À cet effet, deux peuples issus de la même lignée à Médine, les Aws et les Hazraj, étaient constamment en conflit, remplis d’inimitié, avant l’avènement de l’Islam. Ce conflit a même duré plus d’un siècle. Mais il prit fin avec l’avènement de l’Islam et les deux peuples ennemis devinrent deux peuples frères qui se firent naturellement la charité. De tels exemples sont relativement courants dans l’histoire.

« Se sauver du coin d’une fosse en feu » signifie « se sauver de la mécréance qui mène en enfer ». Il s’agit donc ici d’une grâce singulière pour l’au-delà. Dans ce cas précis, l’enfer est comparé à une fosse en feu ; et dans le coin de celle-ci se trouvent des individus qui ont mérité d’y séjourner en raison de leur mécréance. S’ils meurent dans cet état, ils tomberont certainement en enfer. Mais au moment où ils étaient sur le point de tomber dans cette fosse, Allah leur a fait parvenir le salut de l’Islam et ils ont été sauvés (de l’enfer). Tout cela constitue incontestablement un exemple pour les individus et les sociétés qui veulent parvenir au salut.

Cependant les individus sont incapables de réaliser seuls leur salut. Pour cela, il est nécessaire qu’il y ait des shaykhs et/ou savants religieux compétents et experts pour accomplir ces devoirs. C’est pour cette raison qu’il est stipulé dans le verset coranique suivant :

« Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable, et interdit le blâmable. Car ce seront eux qui réussiront. » (Coran, sourate Al-Imrân, 3/104)

L’appel à la charité, ordonner le bien et proscrire le mal sont obligatoires pour tous les musulmans (fard al-kifaya). Aucun musulman ne peut se soustraire à ces obligations. Et comme cet appel est adressé aux croyants, leur (principal) devoir est de former une société singulière qui puisse les aider à exercer pleinement leurs responsabilités. Après avoir formé une telle communauté et l’avoir en quelque sorte actionné, le devoir de l’appel (tabli’) leur revient particulièrement (fard al-ayn). Mais dans le cas où ils n’accomplissent pas ces fonctions, ils sont avant tout responsables, et la responsabilité, pour tous les musulmans, ne vient (dans ce cas de figure) qu’en seconde position.

Le mot « bien » évoqué dans le verset coranique précité regroupe « les choses belles et utiles ainsi que le bien dans un sens général appartenant à la religion et au monde d’ici-bas ». Ce mot est généralement utilisé dans le Coran pour désigner tout ce qui est conforme à l’agrément d’Allah, ce qui est utile à l’individu, à la famille et à la société, tous les comportements et les attitudes qui font bénéficier d’œuvres pies dans l’Ultime demeure, les intérêts de l’individu et de la société tels que la fortune, la propriété, l’entreprise ainsi que les régulations. Toutes les choses ou pratiques opposées ont été qualifiées de « mal ». La visée dans le bien qui est évoquée ici, c’est avant tout l’Islam et le Tawhîd en particulier. Ordonner le bien et interdire le mal forment également une partie importante de ce domaine.

À propos de l’invitation à la bienfaisance, de l’ordonnance du bien et de l’interdiction du mal, le Messager d’Allah ( ) nous a averti sur certains points très importants :

« Je jure au nom d’Allah que vous avez le choix entre ordonner le bien, interdire le mal et tenir les deux mains de l’oppresseur afin de l’orienter vers la vérité ; soit vous contraignez à la vérité (ou véracité) ou soit (si vous ne le pouvez pas) Allah comparera vos cœurs emplis de bonté aux leurs qui sont mauvais et Il vous maudira à l’exemple de ce qui est arrivé auparavant aux fils d’Israël. » (Abû Dâwûd, Malâhim 17)

« Celui d’entre vous qui voit un mal qui est fait, qu’il l’empêche de ses mains ; s’il ne peut le faire, qu’il l’empêche par sa bouche ; s’il ne peut aussi faire cela, alors qu’il le fasse de son cœur (c’est-à-dire qu’il condamne ce péché dans son cœur). Et cela constitue le plus faible degré de la foi. » (Muslim, Iman, 78 ; Tirmidhî, Fiten, 11)

Le Messager d’Allah ( ) illustre avec un exemple probant l’importance de l’ordonnance du bien et de l’interdiction du mal pour le bonheur et la pérennité de la société :

« Ceux qui se sont placés dans les limites fixées par Allah, en ne s’y étant pas accrochées avec ceux qui les ont violés ressemblent à une communauté qui a tiré au sort pour pouvoir monter à bord d’un bateau. Une partie de cette communauté embarqua et prit place dans la partie haute du bateau tandis que l’autre prit place dans sa partie basse. Lorsque ceux qui étaient en bas avaient besoin d’eau, ils passaient à côté de ceux qui étaient en haut. Ceux qui étaient en bas se dirent les uns les autres : ‘Si nous percions au sol un trou par lequel nous puissions recevoir nos parts, cela nous permettrait d’éviter de déranger ceux qui sont au-dessus de nous. Si ceux qui étaient en haut du bateau avaient donné à ces derniers la permission d’accomplir leur souhait, ils se seraient certainement tous noyés. Mais en réfléchissant et en étant unis par une même pensée de préservation, ils purent être sauvés ainsi que tous les autres. » (Bukhârî, Shirkat, 6; Shahâdât, 30. Voir aussi Tirmidhî, Fiten, 12)

Ceux qui prennent la responsabilité d’appeler au bien et d’interdire le mal au nom de la société islamique se doivent d’avoir certaines caractéristiques capitales. Celles-ci peuvent être résumées de la manière suivante :

–          Les individus doivent parvenir impérativement à un certain niveau de foi, de crainte révérencielle (taqwa) et d’intégrité.

–          Ils doivent disposer de l’expérience, de l’habileté et du savoir nécessaires pour pouvoir distinguer le bien du mal.

–          Ils doivent avoir un bon comportement (ahlaq al-hamida) ainsi qu’un bon savoir-vivre (husn al-muasharah) afin d’avoir d’excellentes relations humaines.

–          Ils doivent disposer d’une capacité, d’une puissance et d’une compétence suffisantes pour réaliser cette mission.

–          Tant que l’Islam n’est pas appris, enseigné et vécu correctement, la terreur l’emportera sur l’ordre, l’unité laissera place aux divergences. À ce sujet, un verset coranique nous avertit de la manière suivante :

« Et ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et se sont mis à disputer, après que les preuves leur furent venues, et ceux-là auront un énorme châtiment. » (Coran, sourate Al-Imrân, 3/105)

Allah le Très-Haut avise la communauté de Muhammad ( ) qu’Il lui a octroyée la qualité d’émissaire du bien sur toute la surface de la terre pour éviter ainsi de tomber dans les erreurs des communautés précédentes. Allah rappelle que pour réussir à établir l’Islam, elle doit ordonner le bien et interdire le mal, être forte, puissante, solidaire et remplie de compassion. Enfin, Il avertit ceux qui se désunissent et se divisent d’une souffrance dans ce bas-monde et dans l’au-delà.

Prof. Dr. Ömer ÇELİK

 

 

 

 

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2 Commentaires

  1. soeur

    Salaam Alaykom,

    Il y a une faute de frappe dans la transcription du verset 103 de la sourate 3 citée au début de l’article:

     » …Puis, par son bienfait, vous êtes devenus frères. » et non pas « … Puis, pas son bienfait,… ».

    SVP, veuillez la corriger.

    Qu’Allah nous pardonne nos erreurs, Amine.

    Wa alaikom Salaam

    • Musa

      Wa ‘alaykoum salam,

      Merci de nous l’avoir signalé, c’est corrigé.

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