Quelques remèdes contre la négligence en matière de religion

Oct 19, 2014 par

Quelques remèdes contre la négligence en matière de religion

Les Amis de Dieu nous avertissent constamment de notre paresse quant au respect des prescriptions religieuses. Et sur ce sujet particulier, ils sont à même de nous faire connaître les pièges de l’ego (nafs) et de Satan. Il est par conséquent de notre devoir de tenir compte de ces mises en garde, de se lever et de prendre conscience de nos devoirs.

Dans les nombreuses lettres que l’imâm Rabbani[1] écrivit à ses étudiants, il s’est efforcé d’analyser les raisons de la négligence et de trouver le remède approprié à l’égard de la vie religieuse. En utilisant des paraboles tirées de la vie quotidienne, il a essayé de dissiper la passivité que nous faisons montre en la matière. Selon lui, il s’agit pour les musulmans de la question la plus insidieuse: Satan et l’ego font tout leur possible pour tenir à l’écart tous ceux qui ont confiance en la miséricorde de Dieu. L’ignorance et la négligence à l’égard de la réalisation des prescriptions divines constituent d’autres raisons. Les gens oublient facilement que la vie religieuse est bénéfique pour eux aussi bien dans la vie présente que dans celle à venir.

« Ô mon fils ! Il y a deux raisons à la négligence aux prescriptions de Dieu : soit le refus des règles apportées par la Charia, soit la considération affirmant que la grandeur de Dieu eût été inférieure à celle des gens. Il faut savoir et mettre en évidence le fait que ces deux cas sont fâcheux et abjects. » (Lettre 73).

Afin de mieux expliquer de quoi il s’agit, l’imâm Rabbâni nous donne l’exemple suivant : Si quelqu’un de haut placé nous demandait d’effectuer une tâche, ceci dans notre intérêt, nous le ferions avec plaisir, alors que nous faisons montre de paresse dans l’exécution des prescriptions divines, sachant très bien que sous tous les angles, il est de notre intérêt de les observer. D’après l’imâm Rabbâni, cette attitude et le fait de considérer la grandeur de Dieu comme inférieure à celle de l’être humain signifient la même chose.

Continuant ses mises en garde, l’imâm Rabbâni stipule :

« Quant à la foi de celui qui donne la même valeur aux nouvelles rapportées par un informateur digne de confiance, à savoir le Messager de Dieu (pbsl) avec celles rapportées par un menteur, combien cette foi est  corrompue ! Certes il n’y a aucun avantage pour un peuple qui suit les lettres de l’islam sans en embrasser l’esprit. » (Lettre 73).

Selon l’imâm Rabbâni, les personnes intelligentes qui se trouvent dans une situation angoissante voire dangereuse sont toutes disposées à écouter les paroles d’un menteur. Toutefois, et de la même manière quand il s’agit de questions religieuses, ces mêmes personnes ne tiennent pas compte des paroles du Prophète (pbsl).

L’Imâm Rabbâni fournit les conseils suivants concernant l’observance des prescriptions divines en matière financière, exposant par ce biais la nature avaricieuse de l’ego :

« Ô mon fils ! La nature de l’ego est très avaricieuse et fonctionne toujours à partir de l’observation des prescriptions divines. Ne sois pas confus par les mots doux que j’emploie ; effectivement, tout appartient à Dieu. De quel droit le serviteur reporte-t-il ce droit divin ? De la même manière, celui-ci ne doit pas se comporter de façon lâche, conformément aux désirs du moi en ce qui concerne les actes cultuels, et faire les efforts nécessaires pour payer ses dettes (à l’endroit d’autres serviteurs). Dans ce monde d’ici-bas, il est aisé pour tout serviteur de payer ses dettes. Il est certes aussi possible de se débarrasser facilement de cette dette en usant de courtoisie. Mais si tout cela est laissé à l’au-delà, il devient par conséquent un problème insoluble. » (Lettre 73).

C’est pour cette raison que dans ce monde le croyant sage doit remplir toutes ses obligations envers Dieu et autrui.

L’imâm Rabbâni, en ce qui concerne le respect des prescriptions et interdictions religieuses, estime que la saison de la jeunesse demeure la plus opportune :

 « Le temps du bel agir se situe sans doute pendant la jeunesse. Toute personne usant d’intelligence ne gâchera pas cette opportunité mais profitera de  l’occasion. Après tout, il n’y a aucune garantie que cette personne vivra jusqu’à un âge avancé. Bien que les gens peuvent s’attendre à vivre longtemps, les anciens, les personnes vulnérables en proie à la sénilité ne peuvent plus s’acquitter correctement de leurs devoirs. Cependant, chez les jeunes, accomplir toute sortes de bonnes choses est possible… c’est le temps de profiter de toutes les opportunités, le temps de la force et de la capacité. Si tel est le cas, quelle justification apporter quand on délaisse présentement une tâche et qu’on la reporte au lendemain, se disant à soi-même « je l’accomplirai plus tard » ? Quelle excuse va légitimer cette négligence ? » (Lettre 73).

Dans une pièce intéressante mentionnant des conseils en rapport avec le report des prescriptions religieuses, l’imâm Rabbâni conseille au croyant qui ignore l’au-delà pour le bien de ce monde de reporter certaines questions relatives à ce monde pour le bien dans l’au-delà. Comme on le sait, les gens donnent généralement la priorité à des questions mondaines et traitent les questions liées à l’au-delà avec complaisance.

« Ainsi donc, quant à ces jours-ci, quel mérite (de votre part) si votre préoccupation des choses de l’au-delà provoque chez vous le report à plus tard des choses mondaines. Et quant à la situation inverse, où les préoccupations du monde sont la raison essentielle pour remettre à plus tard les questions relatives à l’au-delà, quelle mauvaise condition est-ce là ! Au printemps de la jeunesse, époque où tous les ennemis de la religion (tels que l’ego et Satan) encerclent les gens, la valeur d’une petite action est beaucoup plus importante que toutes celles faites en d’autres temps. Cette situation est similaire à celle d’un brave, fort et audacieux soldat faisant face à l’invasion de l’ennemi, mais d’envergure plus considérable. La raison en est que pendant cette période, même les luttes les plus simples qui demandent peu de patience apparaissent comme ayant une grande valeur. Parfois, lorsque vous êtes sûrs que votre ennemi est redoutable, le même comportement n’est pas considéré comme ayant la même valeur. » (Lettre 73).

Pr. Dr. Süleyman Derin


[1] Imâm Rabbâni Shaykh Ahmad al-Farūqī al-Sirhindī (1564-1624), influent cheikh soufi naqshbandi originaire de Sirhind en Inde.

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